Affichage des articles dont le libellé est Uchronie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Uchronie. Afficher tous les articles

mercredi 12 février 2025

Une valse pour les grotesques - Guillaume Chamanadjian

Une valse pour les grotesques - Guillaume Chamanadjian

Johann von Capriccio est un jeune étudiant en obstétrique et ciroplaste de talent à l'université de Schattengau, ville fondée par le savant-astrologue Mirabile. Les mannequins anatomiques de Johann attirent un jour l’attention de Catherine von Grunewald, femme du margrave. Celle-ci le fait convoquer afin de lui montrer l’enfant dont elle a accouché quelques mois auparavant dans le plus grand secret. Corne, queue, sabots de bouc : l’enfant présente toutes les caractéristiques d'un faune. 
En compagnie d'une mercenaire et de l'héritière de Mirabile, Johann va tenter de comprendre les mystères de Schattengau, ville nichée au cœur des Alpes, dont l’université attire les esprits les plus brillants, tandis que les puissants de l’Empire germanique se pressent dans le palais du margrave Von Grunewald. Depuis cinq cents ans, c'est un haut-lieu du savoir. Étudiants et habitants la font vivre sous le patronage des grotesques, statues de pierre représentant des créatures des folklores européens, sculptées par le fondateur de cette ville où l'art et la science prennent vie à l'insu des habitants.

Note : ABANDON


J'ai décidé d'abandonner ma lecture après avoir lu plus de la moitié. Je n'ai jamais vraiment réussi à rentrer dans le récit et à m'y intéresser. C'est dommage car j'aime pourtant beaucoup la plume de Guillaume Chamanadjian que j'avais découvert à travers sa série Capitale du Sud.

Le début est pourtant sympa. J'ai apprécié découvrir cette ville fictive de Schattengau pourtant étonnement encrée dans notre histoire avec Napoléon et l'Empire Germanique en son centre. On est sur une sorte d'uchronie où le folklore et la magie semble être présent.

Mais je n'ai pas du tout compris où voulait nous mener l'auteur. On suit Johann qui malgré lui est fourré dans une histoire d'enfant faune et de livre magique. La ville de Schattengau semble cacher de nombreux secrets mais le récit n'avance pas ! Ou plutôt : ça va dans tous les sens. Les mystères s'épaississent à mesure que l'on en apprend plus sur Mirabile, le créateur de la ville. Il y a des personnages que j'ai trouvé vraiment absurdes, qui n'allaient pas dans ce récit à la limite du fantastique mais pas tout à fait non plus. En fait, tout simplement, je comprenais de moins en moins ce que je lisais, ça en devenait presque ridicule. J'avais l'impression d'être devant un rêve dont on ne se souviendrait plus le lendemain. J'ai commencé à lire sans vraiment lire, donc je crois qu'il était temps d'arrêter.

Une valse pour les grotesques
22,00€ / 440 pages / 9782373057928

mercredi 1 juin 2022

Encens - Johanna Marines #PLIB2022

Encens - Johanna Marines

Nouvelle Orléans, 1919. Alors que le tueur à la hache sème la terreur dans les rues et nargue les enquêteurs, le corps mutilé d’une jeune femme est découvert en ville. Que signifient ces notes de musique et ces marques de brûlures retrouvées sur sa peau et ces étranges plumes métalliques plantées dans son dos ? 
Pour les inspecteurs Perkins et Bowie, une nouvelle enquête s’ouvre. Se pourrait-il qu’un deuxième meurtrier soit à l’œuvre ? Que faire quand deux tueurs en série rivalisent de cruauté et que la ville devient leur terrain de jeu ? Plongez au cœur des Bayous où le jazz est roi et prenez de la hauteur à bord du Mécanic Hall, un aérocabaret où les dancing-automates sont devenus des déesses de la fête. Découvrez le passé trouble de Grace, une intrépide cartomancienne et de sa chouette mécanique et sautez de toits en toits aux côtés des désembobineurs qui collectent l’électricité pour la New Orleans General Electric Company.

Note : ABANDON

Depuis l'année dernière, j'ai décidé de ne plus me prendre la tête avec les livres avec lesquels j'ai clairement du mal, Encens est donc un nouvel abandon à ajouter à ma liste, livre que j'ai décidé d'arrêter après avoir lu un peu plus de la moitié.

Il ne partait pas forcément gagnant de base car je ne suis pas très fan de polars en général, et même moi qui en lis très peu, j'ai très vite trouvé l'enquête bizarre, le tueur à la hache absolument pas crédible et limite ridicule. Clairement, ce sont les personnages et l'univers qui tiennent le récit, car je me suis très vite complètement désintéressée de l'enquête.

Et l'univers n'est pas non plus si original que ça. J'ai trouvé cette Nouvelle-Orléans à la sauce steampunk assez classique. L'univers est bien mis en place, l'ambiance marche bien et le lecteur est plutôt bien plongé dedans, mais je m'attendais à autre chose.

J'ai aimé les personnages car nous avons des acteurs très hétéroclites : des inspecteurs quinquagénaires, une jeune cartomancienne, une automate ou encore cet homme qui fait des étranges rêves et toujours ce tueur qui plane sur le récit. Chaque chapitre se concentre sur un personnage différent et j'adore ça. Bon, arrivé à la moitié du livre tout m'a semblé encore survolé, l'auteure s'est peut-être attaquée à beaucoup trop de choses en même temps... le récit est vraiment lent et on ne sait pas trop où l'auteure veut nous mener (et je ne le saurais jamais ahah)

Mais le gros problème de ce livre est le style. J'ai relevé énormément de fautes, des contresens et, surtout, des virgules placées un peu n'importe où qui cassent complètement le récit. J'ai lu une version numérique, je ne sais pas si ces fautes ont été corrigées dans la version papier mais je l'espère car ça a grandement impacté mon expérience de lecture !

Pour conclure je dirais que, de un, les polars c'est vraiment pas pour moi et de deux je m'attendais à autre chose avec ce livre que j'ai trouvé très lent et un peu maladroit (tant au niveau du style avec toutes les fautes qu'au niveau de l'histoire qui partait dans tous les sens) J'aurais été curieuse de découvrir le fin mot de l'histoire et le dénouement de l'enquête mais clairement je n'avais pas la force de me trainer jusque là dans un récit que j'ai trouvé franchement pénible.


Encens
18,00€ / 424 pages / #ISBN9782490151370

mercredi 24 mars 2021

Anergique - Celia Flaux #PLIB2022


Anergique - Celia Flaux

Angleterre XIXe siècle. Lady Liliana Mayfair est une garde royale, mais aussi une lyne capable de manipuler la magie. Elle et son compagnon Clement partent en Inde sur les trace d'une violeuse d'énergie. Leur unique piste : Amiya, la seule victime à avoir survécu à la tueuse. De Surat à Londres, la traque commence. Mais qui sont véritablement les proies ? Remarquée avec Le Cirque Interdit (Scrineo) Celia Flaux nous plonge cette fois dans une palpitante aventure victorienne, entre steampunk et magie.

Note : 3,5 / 5

Anergique nous emmène d'Angleterre en Inde à la poursuite d'une violeuse d'énergie. J'ai beaucoup aimé le fond, mais un peu moins la forme de ce livre.

J'ai tout de suite aimé l'univers, le récit prenant place pendant la période du Raj Britannique au XIXe siècle. Nous découvrons la société anglaise classique avec ses rangs  bien définis qui ne se mélangent pas mais à cela s'ajoute également la notion de lyne et de dena. Les denas sont des producteurs d'énergie magique et sont au service des lynes. Les lynes ont besoin d'eux pour survivre, ils boivent leur énergie et dépérissent s'ils n'ont pas accès à cette énergie. Les lynes peuvent également utiliser cette énergie pour faire de la magie (des projections, des boucliers...)

Dans Anergique, nous suivons la lyne Liliana et son amant dena Clément. Ils font partie de la garde royale et vont devoir partir pour l'Inde et retrouver un vieil ami de Clément, Amiya qui va les aider dans leur enquête. Une violeuse d'énergie sévit à nouveau, la même que celle qui a violé Amiya lorsqu'il était petit et ils vont tout faire pour enfin l'arrêter.

L'intrigue est intéressante car elle est très centrée sur les sentiments des personnages : Amiya espère enfin guérir de ce traumatisme qui le poursuit depuis qu'il est petit et Liliana cherche tout simplement à se venger. La relation entre les personnages est vraiment importante, le récit est doux, les émotions fortes et l'histoire d'amour qui se tisse petit à petit est vraiment bienveillante et belle.

Mais malheureusement, j'ai eu un peu de mal avec la forme. Le livre est écrit à la première personne et nous changeons très (trop) souvent de point de vue selon moi, alternant Clément, Liliana et Amiya. J'avais vraiment du mal à me replonger dans chaque personnage et je finissais par m'embrouiller. Le récit est également parfois redondant, nous revoyons souvent la scène à travers les sentiments de chaque personnage et ça finit par un peu lasser. Mais heureusement, les sentiments des personnages sont vraiment bien retranscris, ce livre est tout en émotions et les scènes d'actions sont particulièrement bien écrites !

Je me suis beaucoup attachée aux personnages et j'ai vraiment aimé retrouver la société anglaise du XIXe siècle et pouvoir découvrir l'Inde coloniale. J'aurais aimé que la forme du livre soit différente mais l'univers est vraiment top et l'intrigue très prenante ! Merci à actusf pour la découverte.


Anergique
17,90€ / 260 pages / #ISBN9782376863342

mercredi 6 janvier 2021

La dernière geste, tome 1 : Dans l'ombre de Paris - Morgan of Glencoe

La dernière geste, tome 1 : Dans l'ombre de Paris - Morgan of Glencoe

Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux. 
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique. 
En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde. Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…

Note : 4 / 5

Ce livre m'attirait depuis longtemps à cause du mélange France/Japon qui se dégageait de la couverture et du résumé, un mélange qui peut être dangereux et vite tourner au ridicule s'il n'est pas bien maîtrisé mais qui, heureusement, est absolument génial ici !

On comprend rapidement que l'univers dans lequel nous plonge l'auteure est une uchronie : la France est restée une monarchie et a des relations privilégiées avec le Japon dont elle est très proche. Dès les premiers paragraphes, nous découvrons aussi qu'aux humains se mêlent différentes créatures inspirées du folklore, un peuple féérique persécuté, contraint à se cacher pour ne pas finir esclave des humains.

J'ai énormément aimé le début du livre. Nous suivons Yuri Nekohaima, une jeune noble qui va devoir quitter le Japon pour retrouver son père ambassadeur qui lui a demandé de le rejoindre à Paris. Pour cela, elle va devoir emprunter l'Orient Express, un train exceptionnel de plusieurs kilomètres de long qui relie l'orient et l'occident. Ce train et sa micro société m'ont fasciné, j'aurais adoré passer tout le livre en compagnie de l'équipage et en apprendre encore plus sur ce train.

Mais après quelques péripéties, Yuri et ses deux gardes du corps arrivent enfin à Paris et la princesse se rend très vite compte que son père l'a faite venir car il a pris des décisions sur son avenir, des décisions qui ne vont pas lui plaire. Lorsque la possibilité de s'enfuir lui est offerte, Yuri ne va pas y réfléchir à deux fois et va se retrouver dans les égouts de Paris, au milieu d'une société où les humains et les fées cohabitent dans le secret.

J'ai trouvé les débuts de la princesse dans les égouts un peu longs. Cette société va à l'encontre de toute son éducation, elle va devoir s'habituer, prendre sur elle et s'adapter à faire tout le contraire de ce qui lui a été appris. J'ai fini par un peu me lasser de voir la princesse s'étonner et être choquée de tout mais heureusement d'autres personnages finissent par prendre presque autant de place que Yuri, notamment grâce à la façon dont est écrit le livre, changeant très souvent de scènes et suivant de nombreux personnages différents (parfois de façon très mystérieuse !) au cours d'un même chapitre.

J'ai aussi parfois eu du mal avec les aspects mystiques qui selon moi décrédibilisent l'univers plus qu'autre chose mais ce livre est vraiment fascinant, tolérant (sans que cela devienne lourd !), les personnages sont tous très attachants et l'imagination de l'auteure est vraiment géniale ! J'ai également totalement adoré le côté trilingue du livre, nous avons des dialogues entiers en anglais et quelques mots en japonais romaji qui ne sont pas traduits et j'ai trouvé ça dingue ! Ca donne une profondeur et une réalité vraiment poussée au récit.

La fin de ce premier tome est un gros coup de poing qui remet plus ou moins le récit à zéro, ce qui peut être un peu frustrant, mais personnellement j'ai aimé que l'auteure ne prenne pas de pincettes et ose ! J'ai vraiment hâte de lire la suite, surtout que d'après le titre, L'héritage du rail, il est fort possible que le récit se concentre sur l'Orient Express dont j'ai adoré la société !


Dans l'ombre de Paris
17,90€ / 456 pages / 9782366294750

mercredi 31 octobre 2018

Anno Dracula, tome 1 - Kim Newman

Anno Dracula, tome 1 - Kim Newman

Londres, 1888. La reine Victoria s'est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner " le baiser des Ténèbres " et boire le sang qui leur assure l'immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d'argent, en s'attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.

Note : 2,5 / 5


Un roman que j'ai mis un temps fou à terminer et cela veut donc tout dire : je n'ai pas vraiment apprécié ma lecture... Il y a pourtant des choses très intéressantes dans ce livre mais l'auteur m'a complètement perdue à force de vouloir nous démontrer ses connaissances de l'époque où se déroule l'histoire.

Je crois que si ce livre avait tout simplement été vendu comme un essai plutôt que comme un roman j'aurais beaucoup plus apprécié ma lecture. Mais pour un roman, le rythme est lent, il y a beaucoup trop de descriptions et le narrateur est trop en retrait. On dirait que Kim Newman ne veut pas intéresser son lecteur, il n'arrive pas à se plonger dans l'histoire, c'est impossible. C'est trop long, trop compliqué pour pas grand chose et c'est bien dommage. L'auteur veut uniquement démontrer qu'il connaît son sujet et qu'une Angleterre sous le règne de Dracula aurait été possible s'il n'avait pas été tué dans le livre de Bram Stocker.

Et j'ai pourtant adoré ses idées ! J'ai adoré la façon dont il a repris les personnages de Bram Stocker, j'ai adoré l'apparition de personnages connus (même si c'est lassant à la fin tant ils sont nombreux...) et mettre Jack l’éventreur au centre de l'intrigue de ce premier tome m'a semblé vraiment être une bonne idée. Sauf que tout est raté ! On connaît l'identité de Jack l'éventreur au bout de quelques chapitres seulement (il ne faudrait pas mettre trop de suspens dans son récit hein !) et le narrateur est tellement froid que l'on arrive pas à s'attacher aux personnages. J'ai eu du mal à lire ce livre tout simplement parce que... j'en avais absolument rien à faire de ce qui allait se passer.

J'ai plusieurs fois eu envie d'abandonner, et je crois que j'aurais du. Le style de Kim Newman ne me convient pas du tout. Et c'est vraiment dommage car tout le reste est vraiment intelligent ! J'irais peut-être voir le film s'il sort un jour, mais je ne lirais pas la suite.



Anno Dracula, tome 1
8,60€ / 643 pages / 9782253177241

mercredi 14 septembre 2016

Je suis Adèle Wolfe, tome 1 - Ryan Graudin

Je suis Adèle Wolfe - Ryan Graudin

1956. Le IIIe Reich et l'Empire du Japon gouvernent le monde. 

Afin de commémorer la victoire des forces de l'Axe sur le Royaume-Uni et la Russie, Hitler et l'empereur Hirohito organisent chaque année une grande course de moto entre leurs deux continents. Le gagnant remporte une entrevue privée avec le Führer lors du bal de la Victoire. 

Yael, une survivante des camps, n'a qu'un but dans la vie : gagner cette course et tuer Hitler. Pour parvenir à ses fins, elle décide de se faire passer pour la gagnante de l'année précédente, Adèle Wolfe. L'affaire se corse lorsque le frère et l'ancien petit-ami de cette dernière décident eux aussi de participer à la course...

Note : 3,5 / 5


Et si Hitler n'avait pas été battu par les Alliés et avait pu continuer à étendre ses horribles idées sur le monde ? C'est dans cet univers que Yael, notre héroïne, a grandi. Un univers qu'elle va tenter de changer en tuant Hitler. Pour cela, elle est prête à tout, même à se lancer dans la dangereuse course de moto organisée chaque année par le IIIe Reich et l'Empire du Japon.

Cette probabilité est absolument terrifiante, mais c'est avec réalisme que l'auteure développe son uchronie. A travers le passé de Yael, le lecteur se souvient des atrocités qui ont bel et bien eu lieu : les camps d'extermination, le travail forcé et la discrimination. Dans ce monde que nous offre Ryan Graudin, toutes ces horreurs atteignent un nouveau degré de monstruosité. Des expériences ont été menées sur la petite Yael, des expériences visant à la transformer en parfaite aryenne, mais le résultat n'est pas vraiment ce qu'ils attendaient.

La Résistance est cependant de plus en plus organisée et déterminée à changer les choses. Pour cela ils comptent sur Yael qu'ils ont recueillis et qu'ils destinent à un grand rôle. Le lecteur va suivre ce plan de la dernière chance, cette course que doit gagner Yael. Une course stressante aux nombreux rebondissements, la lutte est serrée.

J'ai trouvé ce livre passionnant, même si j'aurais aimé découvrir un peu plus ce monde sous le joug du nazisme. Le côté fantastique des métamorphoses d'Adèle est franchement bien amené et donne une touche d'originalité à l'histoire qui se base peut-être un peu trop sur ce que l'on connaît déjà.

Les personnages sont vraiment intéressants. A force de se métamorphoser, Yael perd son identité. Elle est sans cesse à la recherche d'elle même, toujours en train de se souvenir du passé pour ne pas le perdre. Les différents personnages qu'elle côtoie au sein de la résistance nous montrent que même en voulant faire le bien, on peut très vite basculer du mauvais côté. Enfin, ses concurrents lors de la course lui feront découvrir des aspects d'elle même qu'elle ne connaissait pas. Yael est quelqu'un de très faible, et j'ai trouvé que cela clochait un peu avec la mission qu'elle devait mener à bien.

Je suis Adèle Wolfe est un roman qui nous fait nous souvenir tout en nous divertissant. C'est une vision absolument terrifiante de ce qui aurait pu se passer, mais une vision vraiment intéressante. L'histoire est très bien menée, alternant les moments stressants de la course à des aspects purement historiques tout en développant des personnages auxquels on s'attache. Contre toute attente, la fin de la course et de ce livre n'est cependant pas la fin de l'histoire et la suite s'annonce tout aussi haletante. Merci à NetGalley et aux Editions Le Masque pour la découverte de ce livre.

Logo Livraddict

mercredi 27 avril 2016

Les Mystères de Larispem, tome 1 : Le Sang Jamais N'Oublie - Lucie Pierrat-Pajot

Les Mystères de Larispem, tome 1 : Le Sang Jamais N'Oublie - Lucie Pierrat-Pajot

Larispem 1899 - Dans cette Cité-Etat indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Note : 4 / 5


Au début du mois a été annoncé le grand gagnant de la deuxième édition du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard : c'est ce roman dont je vous parle aujourd'hui. Après mon énorme coup de coeur pour La Passe-Miroir qui a remporté la première édition, autant vous dire que je me suis littéralement jeté sur son successeur. Et, comme je m'y attendais, je n'ai pas été déçue !

C'est un petit livre d'un peu moins de 300 pages que l'on découvre cette année, et pourtant Lucie Pierrat-Pajot arrive complètement à nous transporter dans son Paris uchronique de la fin du XIXe siècle. J'ai vraiment adoré ce Paris transformé en Etat après que la Commune ait réussi à prendre les rênes de la ville : il n'y a plus d'aristocratie, les grands de cette nouvelle ville sont les artisans, et particulièrement les bouchers. La ville s'est aussi très vite modernisée, notamment grâce à Jules Verne dont les inventions dans ses livres ont grandement inspirées les architectes et mécaniciens, donnant ainsi un côté Steampunk au livre. Lucie Pierrat-Pajot a vraiment pensé à tout et a essayé d'intégrer toutes les pensées de la Commune qui, dans notre réalité, rappelons le, n'a pas gagné (si vous n'êtes pas familier avec cette période de l'histoire, l'auteure l'explique dans les grandes lignes à la fin de son livre, je vous conseille d'aller lire ces quelques paragraphes) Ainsi, dans ce nouveau Paris, l'égalité est importante, que ce soit entre citoyens ou entre les hommes et les femmes. L'accès à l'éducation est aussi primordial et la religion carrément bannie. Son roman est ainsi vraiment bien pensé et documenté, on y croit vraiment !



Au milieu de ce contexte, le lecteur est amené à suivre différents personnages qui nous font découvrir Paris et ses nouvelles coutumes, notamment l'argot des bouchers, à travers Carmine, que je ne connaissais absolument pas et que je me suis beaucoup amusée à déchiffrer tout au long du livre. Mais je me suis surtout attachée à Liberté et à ses efforts pour se faire une place dans la Cité. Au fur et à mesure de la lecture on se rend en effet compte que ce Paris alternatif n'est pas si différent du monde actuel dans lequel on vit : il est difficile de trouver du travail et de faire ses preuves, et la menace ainsi que les différents attentas que subit la ville dans le livre m'ont tristement fait pensés à ce que l'on subit nous aussi en ce moment. Enfin, les méchants de l'histoire, les aristocrates déchus, le lecteur est aussi amené à les suivre avec Nathanaël qui est embarqué malgré lui dans cette sombre histoire de sang. Si au début on ne sait où se positionner en découvrant la ville qui, malgré les promesses de la Commune, n'est pas si utopique que ça, en suivant petit à petit les aristocrates et leurs projets pour reprendre Paris, il n'y a plus de doute sur l'identité des méchants.

Si le livre est plutôt introductif et a pour but de surtout nous habituer à ce nouveau Paris, j'attends avec impatience la suite afin de découvrir le moment où tous les personnages que l'on a pu suivre vont enfin se rencontrer. Pour moi, ce concours du premier roman jeunesse est définitivement devenu un gage de qualité tant je me reconnais dans leurs productions. De plus, une nouvelle fois, le livre objet est absolument magnifique : la couverture et sa ressemblance avec celle des livres de Jules Verne ainsi que les illustrations de Donatien Mary, dont vous avez un petit échantillon au dessus, achèvent d'immerger le lecteur dans la Cité-Etat de Larispem.

Logo Livraddict

samedi 26 mars 2016

Les Lames du Cardinal, tome 1 - Pierre Pevel

Les Lames du Cardinal, tome 1 - Pierre Pevel

1633, sous le règne de Louis XIII. Le cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l'Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d'élite qu'il avait lui même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

Note : 4 / 5


De plus en plus familière avec les œuvres de cet auteur, je peux maintenant le dire : parfois, j'ai envie d'un bon Pierre Pevel. Et je n'ai pas du tout été déçue par cette nouvelle série, l'une des plus connues de l'auteur, où il montre avec passion son amour des romans de cape et d'épée et où les aspects historiques se mêlent avec justesse à la fantasy.

Au début ce livre n'est pourtant pas facile à suivre, voir plutôt décourageant. Les personnages se multiplient, tout comme les situations, et le lecteur a beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, à se souvenir de qui est qui et à mettre de l'ordre dans ce récit très coupé qui alterne beaucoup de points de vues différents. Mais si le lecteur s'accroche il sera emporté par l'aventure, les complots et les combats menés à l'épée (ou de façons beaucoup moins loyales...) qui n'ont rien à envier à Alexandre Dumas.

Car si le début est avant tout là pour introduire les personnages et pour que le lecteur assiste à la reformation des Lames du Cardinal, petit à petit certaines choses sont dévoilées et le lecteur peut commencer à assembler les pièces du puzzle politique qu'il a devant lui et apprendre à mieux connaître tous les personnages que le début a seulement survolé. Puis tout s'enchaîne, l'action est de plus en plus au rendez-vous et le lecteur prend énormément de plaisir à suivre cette aventure et finit par s'attacher à tous ces personnages que constituent les Lames.

Et si cette aventure est digne d'un Alexandre Dumas dont on a d'ailleurs la chance de croiser certains personnages, elle est aussi très originale car Pierre Pevel intègre un aspect complètement inattendu : la magie, amenée par les dragons qui constituent la principale menace du royaume de France. Comme dans Le Paris des Merveilles, Pierre Pevel change ainsi l'histoire, et si c'est d'une manière moins importante que dans son autre série, ce changement amène une ambiance très particulière et des situations vraiment intéressantes sans pour autant dénaturer tout ce qui fait le charme des romans de cape et d'épée.

Toujours autant séduite par le style de Pierre Pevel qui sait créer suspens et nous plonger au cœur de son histoire, je l'ai pourtant encore une fois trouvé différent. Il prend en effet soin d'adapter son style d'écriture au contexte de son roman, un style un peu plus pompeux et descriptif et surtout très documenté. J'ai beaucoup aimé les petites pauses dans le récit pour nous donner différentes anecdotes de Paris à cette époque.

Si je prends toujours énormément de plaisir à lire du Pierre Pevel, c'est tout simplement parce qu'il sait me transporter à travers l'originalité et la justesse de ses uchronies mais aussi grâce à ses intrigues étonnantes. De plus, on sent que Les Lames du Cardinal a été écrit avec la passion d'un fou d'Alexandre Dumas, passion qui suffit à transporter le lecteur. La suite promet d'être menée avec panache et j'ai très envie de tout de suite m'y plonger.

Logo Livraddict

vendredi 22 janvier 2016

Le Protectorat de l'Ombrelle, tome 2 : Sans Forme - Gail Carriger

Le Protectorat de l'ombrelle, tome 2 : Sans forme - Gail Carriger

Miss Alexia Tarabotti est devenue Lady Alexia Woolsey. Un jour qu'elle se réveille de sa sieste, s'attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s'en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication... laissant Alexia seule, aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n'est point amusée du tout. Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances de la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Écosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête !

Note : 3,5 / 5



Le premier tome m'avait réconcilié avec la bit-lit, c'est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la suite. Et quel bonheur de retrouver cet univers uchronique que j'avais adoré et ses personnages qui nous dévoilent dans ce deuxième tome des secrets et des passés insoupçonnés.

La fin du premier tome semblait promettre un avenir radieux et stable pour notre héroïne tant au niveau sentimental que professionnel, mais c'était sans compter sur l'étrange phénomène d'humanisation qui se propagea à Londres. Ses habitants surnaturels ce sont en effet vus redevenir humains du jour au lendemain, plus de longues canines et de beauté démoniaque pour les vampires, plus de crocs et de poils pour les loup-garous, et quant aux fantômes, ils ont tout simplement disparu. Si le phénomène n'a pas duré, il a tout de même su inquiéter tout ce beau petit monde de la nuit, et c'est Alexia qui va se charger d'éclaircir le mystère.

Ce deuxième tome est ainsi une nouvelle enquête touchant les êtres surnaturels et Alexia va de nouveau devoir affronter les questions que ce peuple suscite. Certaines personnes, comme le Club Hypocras dans le premier tome, sont toujours à la recherche de moyens susceptibles de contrôler cette population un peu trop puissante et de plus en plus importante. Alexia va à nouveau se retrouver au milieu à cause de sa nature de paranaturelle mais cette fois aussi à cause de son tout jeune mari loup-garou.

Mais si cette suite reprend les mêmes thèmes, une nouvelle fois sous forme d'enquête, elle n'est pas du tout similaire au premier tome car l'intrigue va nous mener en Ecosse et dévoiler le passé d'un personnage devenu héros depuis son mariage avec Alexia : Conall Maccon. Le premier tome posait les bases d'une société très hiérarchisée mais peuplée d'êtres surnaturels, avec la suite l'auteure en profite pour étoffer son univers. On apprend ainsi des tas de nouvelles choses sur les loup-garous : leurs coutumes, les histoires qu'ils se transmettent de génération en génération, et j'ai une nouvelle fois été totalement charmée par tant d'imagination.

On rencontre aussi de nouveaux personnages comme Geneviève Lefoux que j'ai tout simplement adoré, une scientifique et féministe qui va sans aucun doute vous faire autant d'effet qu'elle en a fait à Alexia et qui compense l'absence du Professeur Lyall dans ce tome (souvenez vous, c'est mon petit chouchou) Ce tome, en général, est très centré sur les femmes vu qu'Alexia va devoir emmener sa sœur et son amie Mlle Hisselpenny avec elle, de quoi en profiter pour parler de tous les thèmes qui les touchent à savoir le mariage, la jalousie, la disparité homme/femme, l'amour... tout ça d'une façon très naturelle et intéressante.

Et une nouvelle fois Gail Carriger fait mouche avec son style très comique et parfois grinçant, son monde uchronique est toujours aussi riche et elle arrive toujours aussi bien à intégrer des faits réels et les mélanger à son Londres alternatif. On découvre avec plaisir de petits clin d’œils, des choses que l'on reconnait mais qui ne sont au final pas vraiment les mêmes dans l'univers d'Alexia, on se plait à imaginer quel sera le futur, à quel point sera-t-il différent du nôtre ? J'ai aussi adoré tous ces moments où l'auteure s'attarde sur les tenues que portent les personnages, nous les décrivant avec précision et parfois dérision, ou encore sur les goûters et dîners qui vous mettront l'eau à la bouche. De quoi finir de vous immerger dans l'univers du Protectorat de l'Ombrelle.

Gail Carriger m'a ainsi à nouveau transporté avec son récit, son style et son monde. En lisant ce deuxième tome je me suis réellement rendue compte à quel point j'étais attachée à ce Londres surnaturel et aux personnages que l'on y croise. Je vais sans aucun doute me plonger avec un égal plaisir dans tous les autres tomes de la série.


Logo Livraddict

lundi 28 septembre 2015

Le Protectorat de l'Ombrelle, tome 1 : Sans Âme - Gail Carriger

Le Protectorat de l'Ombrelle, tome 1 : Sans Âme - Gail Carriger

Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Note : 4 / 5


J'ai peur de lire de la Bit-Lit depuis que j'ai eu la mauvaise idée de lire la série des Twilight. Le Protectorat de l'Ombrelle avec son côté British et uchronique m'a cependant tout de suite fait de l'oeil, mais sans un certain swap où j'ai eu la chance de recevoir le tome 1 je ne me serais peut-être jamais lancée dans cette lecture que j'ai cependant beaucoup aimé !

Lorsque l'on se plonge dans les premières pages, l'action est tout de suite au rendez-vous. Si on est un peu perdu au début devant cette société londonienne vraiment originale où les loups-garous et les vampires font partis du paysage, celle-ci est tellement riche et bien pensée que l'on se prend très vite au jeu. Gail Carriger a vraiment créé quelque chose de jamais vu : l'Angleterre est l'un des premiers pays où les vampires, loups-garous et fantômes peuvent vivre une vie normale, sans se cacher, aux côtés des humains, et ainsi une société surnaturelle hiérarchisée et géré par le BUR (bureau du registre des non-naturels) a vu le jour, et la reine d'Angleterre elle-même possède maintenant des conseillers surnaturels : un vampire et un loup-garou.

Au milieu de ces êtres à poils ou à longues dents, on retrouve notre héroïne, Alexia Tarabotti, qui n'est ni un vampire ni un loup-garou, mais un être très spécial elle aussi : c'est une paranaturelle. Au contact d'un être surnaturel, elle annule ses pouvoirs et peut le rendre à nouveau humain (celui-ci redevient de nouveau vampire ou loup-garou quand elle ne le touche plus) Cette capacité paranaturelle étant rare et plutôt prisée, Alexia va se retrouver dans des situations pas possibles qui vont rendre le roman vraiment intéressant. Si Alexia est spéciale de par son don, c'est son caractère très trempé qui l'a rend cependant si attachante. Parmi mes personnages préférés il y a aussi le professeur Lyall, un vrai gentleman, que j'ai contre toute attente préféré à Lord Maccon ; et on ne saurait oublié Lord Akeldama, un vampire, et son style vestimentaire discutable.

Si l'histoire est cependant plutôt banale et prévisible dans ce premier tome (des disparitions étranges menées par des hommes aux visages de cire) ce qui fait tout le charme de cette série selon moi est le style de Gail Carriger et son humour pétillant. Durant ma lecture, j'avais plusieurs fois l'impression de lire un Jane Austen avec ces histoires de filles à marier et surtout à travers la famille d'Alexia qui est exactement de celle que l'on pourrait croiser dans un Jane Austen. L'humour est très présent dans ce roman et j'ai vraiment beaucoup ri devant certaines comparaisons qu'Alexia fait. De plus le narrateur omniscient nous met dans la tête de plusieurs personnages et j'ai trouvé ça très intéressant d'avoir différents points de vue. Certains passages sont très érotiques, et si j'ai parfois trouvé certaines situations exagérées, cet érotisme est dans l'ensemble plutôt bien mené et géré comme il faut.

Le Protectorat de l'Ombrelle est ainsi une très jolie découverte pour moi. Cette série comporte 5 tomes que je pense vite me procurer. J'ai en effet vraiment hâte de voir l'évolution de la vie professionnelle et amoureuse d'Alexia et de retrouver mes personnages préférés !
Si vous n'êtes pas trop Bit-Lit, Gail Carriger a aussi fait une autre série de fantasy : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, qui je pense est très bien aussi, car il ne faut vraiment pas passer à côté de sa plume si efficace !


Logo Livraddict

samedi 19 septembre 2015

Regrets Mécaniques - Michèle Devernay

Regrets Mécaniques- Michèle Devernay

Un cœur, juste un cœur. Voilà ce dont Gabriel a besoin pour sauver son fils mortellement atteint. Et ce cœur, il sait où le trouver. À condition de faire taire sa conscience.
Dans un Paris de fin de siècle, steampunk en diable, la traque commence.

Note : 3 / 5


Je ne lis pas très souvent de nouvelles, mais lorsque l'auteure de Regrets Mécaniques, Michèle Devernay, m'a proposé de lire son œuvre, le résumé m'a tellement plu que j'ai décidé de me lancer très vite dans la lecture de celle-ci. Je la remercie d'ailleurs beaucoup pour cette découverte !

Le résumé promettait en effet une histoire moralisante encourageante. Tout au long de la nouvelle, les personnages se posent beaucoup de questions, et le fait que le narrateur se focalise sur différents personnages rend le lecteur bien incapable de prendre parti. Gabriel, le père de l'enfant malade, a bien sur de très bonnes raisons de vouloir trouver à tout prix un nouveau cœur à son fils. Mais la course poursuite d'un enfant dans Paris nous mets dans la peau de quelqu'un de l'autre camps et on ressent bien entendu sa peur et son désarroi.

Mais comme toute bonne nouvelle l'exige, je ne peux pas trop vous parler de l'histoire, et je ne peux décemment pas vous raconter la fin car ça gâcherait vraiment tout. Pour moi, une nouvelle est censée nous tenir en haleine jusqu'à la chute finale qui doit nous surprendre. Ici, même si toute l'histoire est plutôt déjà vue, j'ai trouvé que Michèle Devernay maîtrisait plutôt bien le genre : on est longtemps laissé dans le flou, on se pose de plus en plus de questions, et j'ai plutôt aimé la fin car j'ai mis un petit moment avant de percuter.

J'ai aimé le monde steampunk qui est loin d'être un simple background à la mode dans cette nouvelle. Celle-ci se base en effet sur une réflexion sur l'humain, et d'avoir à côté comme contraste un monde où les machines prennent très largement le dessus est vraiment intéressant.

Une nouvelle, par définition, c'est un récit très court. On a donc pas vraiment le temps d'en savoir beaucoup sur les personnages, mais certains comme Lulu Cabriole sont tellement atypiques qu'ils nous restent en tête. Ce personnage me donne d'ailleurs encore des frissons, à chaque fois qu'il apparaissait il me mettait plutôt mal à l'aise.

J'ai plutôt apprécié le style de Michèle Devernay qui se concentre autant sur l'ambiance que sur l'histoire. On aurait presque pu avoir des chapitres dans cette nouvelle car plusieurs ellipses coupent le récit en plusieurs parties, mais j'ai trouvé qu'elles cassaient de ce fait un peu le rythme.

Regrets Mécaniques a ainsi plutôt satisfait mes attentes en tant que nouvelle. C'est une lecture agréable et parfaite entre deux gros bouquins. On passe un bon moment et cette nouvelle nous fait réfléchir à beaucoup de choses. Qu'est ce que l'on ferait, nous, à la place du père, du fils malade, de l'enfant qui court dans Paris ou encore de la mère ? De question en question, Michèle Devernay nous transporte dans son monde steampunk où la condition de la vie humaine est portée à réflexion.

Vous pouvez retrouver cette nouvelle sur le site des Éditions du 38

Logo Livraddict

lundi 14 septembre 2015

❤ Le Paris des Merveilles, tome 1 : Les Enchantements d'Ambremer - Pierre Pevel


Le Paris des Merveilles, tome 1 : Les Enchantements d'Ambremer - Pierre Pevel

Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes... et une ligne de métro relie la ville à l'OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d'enquêter sur un trafic d'objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L'affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d'immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l'association forcée avec Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...

Note :  coup de coeur

Je pense que personne, depuis sa réédition récente par Bragelonne, n'a pu passer a côté de cette série, c'est d'ailleurs grâce a sa réédition, et à force de croiser les magnifiques nouvelles couvertures de cette trilogie en librairie, que j'ai enfin décidé de me lancer moi aussi dans les aventures de Louis Griffont et Isabel de Saint-Gil.

Le Paris des Merveilles, c'est surtout et avant tout une superbe uchronie. Dès les premières pages, Pierre Pevel nous plonge dans son univers alternatif où Paris a été influencée par l'Outremonde et son fantastique. Moi qui déteste notre capitale, ce Paris alternatif, je l'aurais adoré. Qu'est ce que j'aurais aimé m'y balader et discuter avec les arbres, croiser des mages, ogres, sirènes et autres créatures merveilleuses, et peut être même que je serais enfin montée en haut de la tour Eiffel qui ici est en bois blanc et qui luit et chante la nuit tombée. Et si j'ai parfois eu du mal à suivre Pevel dans toutes ces rues de Paris, fameuses certes, mais que je ne connais pas tant que ça, l'univers qu'il a créé est vraiment fabuleux et l'ambiance m'a beaucoup parlé.

L'histoire, un policier plutôt banal, est rendue exceptionnelle par ce monde uchronique si intéressant. Si le début est plutôt lent, il nous permet vraiment de nous mettre dans l'ambiance et on pourrait suivre Griffont, ce parfait gentleman, pendant des heures, de salons en soirées mondaines, dans ce Paris merveilleux, sans se lasser. Puis, petit à petit, l'action se développe et on est entraîné dans une aventure de plus en plus haletante, on va de découverte en découverte et la fin arrive bien trop vite tant on est pris par l'histoire.

J'ai adoré les personnages qui ne sont vraiment pas comme ceux que j'ai l'habitude de croiser. Parfois de vraies caricatures assumées par l'auteur, ils ne sont pas parfaits et plus tout jeunes. Griffont a les cheveux grisonnants et un petit ventre et Isabel est une vraie peste. Mais ils sont pourtant si attachants ! J'ai adoré pouvoir les découvrir au fil des chapitres et de pouvoir connaître petit a petit les liens qu'ils ont entre eux.

Je suis aussi complètement tombée sous le charme du style de l'auteur. Plein d'humour, Pierre Pevel se tourne souvent en dérision et se joue des clichés qu'il emploi pour créer son univers. J'ai adoré les moments ou il apostrophe le lecteur pour souligner certains passages particulièrement ridicules. Son style est efficace et on finit par tourner les pages de plus en plus vite tellement on est happé par le livre.

Tout dans ce livre, sauf peut être la fin que j'ai trouvé un peu trop facile, m'a absolument enchanté, dans les deux sens du terme. J'ai dévoré ce premier tome et je compte bien continuer la série tant j'ai été triste de devoir abandonner Griffont et Isabel à la fin. J'ai vraiment été transportée. Ce livre fut un vrai coup de cœur pour moi, et j'espère que ma chronique vous donnera envie de vous lancer dans l'aventure !


Logo Livraddict