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mercredi 28 juin 2017

Le Bâtard de Kosigan, tome 1 : L'ombre du pouvoir - Fabien Cerutti



Le Bâtard de Kosigan, tome 1 : L'ombre du pouvoir - Fabien Cerutti

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe. 
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis. 
À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Note : 3,5 / 5


J'ai découvert ce livre lors des Imaginales de 2015 où il a gagné le Prix Imaginales des lycéens. Son côté fantasy historique m'a tout de suite intéressé, mais ce n'est que récemment que j'ai pu le lire grâce à Livraddict et à Folio SF que je remercie. Même si ce premier tome n'est pas un coup de cœur dû au personnage principal et à l'histoire parallèle qui peine à décoller, ce livre m'a tout de même intrigué et je lirai la suite avec plaisir !

Le livre nous plonge dans deux époques différentes. Le récit se concentre avant tout au Moyen-Âge, avec Pierre Cordwain de Kosigan et son quotidien de mercenaire, un Moyen-Âge cependant loin de celui que l'on connaît car peuplé d'elfes, de trolls ou encore de nains. Souvent impliqué dans des complots, redouté pour son côté séducteur et manipulateur, ce premier tome va nous permettre de le suivre lors du tournoi organisé par la comtesse Catherine en l'honneur du futur mariage de sa fille. En parallèle, c'est l'histoire d'un de ses descendants, Kergaël de Kosigan, qui nous est petit à petit dévoilé à travers sa correspondance. Ce deuxième personnage va hériter d'une étrange boite datant du Moyen-Âge, et qui va le pousser à faire des recherches sur son ancêtre qui n'est autre que Pierre Cordwain de Kosigan.

Dès le premier chapitre, j'ai tout de suite su que j'allais adorer cette première époque, l'univers et la façon dont l'histoire allait nous être conter. Le récit est à la première personne, mais pour une fois j'ai vraiment accroché : le personnage principal réussit à complètement nous plonger dans le moment et décrit les actions, les combats avec précision (peut-être même un peu trop). Il n'hésite pas à glisser (souvent en début de chapitre) des petites anecdotes sur l'époque, ou sur un autre personnage, et ce pour notre plus grand plaisir (mais, surtout, pour bien nous faire comprendre le contexte)

Car ce premier tome est en effet plutôt exigeant. Le récit est vraiment très riche, les complots s'enchaînent et le lecteur doit vraiment toujours être attentif. Surtout que ce sont deux récits que nous devons suivre !

Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné dans ce livre, au contraire (j'ai trouvé le récit vraiment intéressant, et je me plaisais à essayer de savoir ce que Pierre de Kosigan pouvait bien avoir derrière la tête !) Malheureusement, c'est le personnage principal en lui même qui m'a le plus gêné. C'est tout à fait personnel, mais je ne le supportais tout simplement pas ! Ce genre d'homme séducteur, orgueilleux et insolant m'agace, et n'est pas très crédible (la manière dont les femmes lui tombent dans les bras franchement...) Aussi, je n'ai pas du tout réussi à m'attacher au personnage et je m'inquiétais beaucoup plus pour ses acolytes que pour lui.

J'ai aussi trouvé que le récit parallèle avec Kergaël cassait le rythme du récit, en plus d'être très long à décoller. Le début n'est vraiment pas très intéressant et c'est bien dommage car les dernières correspondances sont vraiment passionnantes et haletantes.

Mon ressenti général reste cependant vraiment positif. Le livre est extrêmement bien écrit et l'intrigue franchement prenante. Ce premier tome n'est qu'introductif mais annonce des choses très intéressantes. Je pense continuer mon voyage au Moyen-Âge, en espérant petit à petit me faire au personnage !

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A la recherche de ses origines :
  

mercredi 31 mai 2017

Le mois de Lionel Davoust - Port d'âmes

Le mois de Lionel Davoust
Le blog Book en Stock propose en ce mois de Juin de se retrouver autour des livres de Lionel Davoust et d'Evanegyre, son univers. N'hésitez pas à venir échanger avec l'auteur et d'autres blogueurs sur les différents sujets de l'événement sur Book en Stock.
C'est dans ce cadre que j'ai eu la chance de pouvoir découvrir le livre ci-dessous. Merci encore à Dup et Phooka pour l'organisation de l'événement et à Lionel Davoust que j'ai adoré pouvoir rencontrer aux Imaginales.

Port d'âmes - Lionel Davoust

Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu. Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet. 
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Note : 3,5 / 5


Une ville fascinante et mystérieuse ; un héros qui rentre chez lui après 8 ans d'exil et qui compte bien redorer le nom de sa famille ; des inventions, des machines oubliées qui nous font remonter aux origines de cette ville ; une histoire d'amour vraiment forte, mais terriblement triste ; Port d'âmes avait tout pour me plaire. Malheureusement, si j'ai trouvé que l'auteur avait de très, très bonnes idées, j'ai trouvé le récit vraiment trop long car centré sur les mauvaises choses.

Le narrateur interne nous permet de suivre Rhuys, cet héritier déchu, ses doutes et ses pensées. Rhuys n'est jamais très sûr de lui, il va faire de nombreuses erreurs, se plaindre et se poser beaucoup trop de questions. Si j'ai fini par vraiment m'attacher à lui grâce à son évolution au cours du récit, j'ai tout de même trouvé tous ces passages dans ses pensées trop longs. J'ai mis presque un mois à lire ce livre car j'avais vraiment du mal à faire de longues sessions de lecture : je m'ennuyais et finissais par sauter des passages. Le livre n'est clairement pas porté sur l'action, et les quelques missions entrepris par Rhuys sont beaucoup trop décrites et donc longues pour éveiller l'intérêt.

L'univers créé par l'auteur m'a pourtant fasciné. J'ai aimé les aspects modernes introduits par la conversion dranique et ses machines dans cet univers purement fantaisiste. J'ai trouvé que le mélange était vraiment intéressant et m'a beaucoup fait penser au siècle des lumières. La découverte de la merveille à la fin du livre m'a vraiment donné envie d'en connaître plus sur les anciens âges de ce monde. Le livre m'a d'ailleurs assez frustré sur ce point : on s'intéresse une nouvelle fois beaucoup trop à Rhuys, à ses problèmes avec l'Administration ou aux moyens utilisés par le cartel pour faire avancer leurs recherches, alors que ce qu'il y a d'intéressant selon moi dans ce livre, c'est bien son univers.

J'ai aussi beaucoup aimé le principe des Transferts. Au marché d'Aniagrad, tout se vend, même les souvenirs. Lors de son retour, Rhuys va en non connaissance de cause acheter un Transfert. La Vendeuse, grâce à un rituel que je vous laisse découvrir, va transférer à Rhuys un de ses souvenirs, et plus particulièrement les émotions qu'elle a ressenti. Ce faisant, elle en perd elle même les sensations. Alors que Rhuys va être très choqué par cette pratique (comment peut-on volontairement oublier ce qui nous définit ?) il va finir par être complètement fasciné par cette Vendeuse. Ces moments de Transfert sont vraiment forts, je les attendais toujours avec impatience.

Et cette Vendeuse, Rhuys va en tomber éperdument amoureux. J'ai beaucoup aimé leur relation impossible, alors que j'ai pourtant eu beaucoup de mal avec le personnage de la Vendeuse. C'est une donneuse de leçons qui contredit sans arrêt Rhuys, alors qu'elle semble elle même perdue.

Ainsi, il y a énormément de choses qui m'ont plu dans ce livre. Des choses dont je vais longtemps me souvenir, qui m'ont marqué par leur originalité ou leur force. Malheureusement, elles sont entourées de choses qui le sont beaucoup moins, portées par un style très descriptif et un narrateur interne qui ressasse beaucoup trop les pensées de son personnage. Mais mon voyage en Evanegyre ne va pas s'arrêter là pour autant : d'après ce que j'ai pu lire, Port d'âmes est très différent des autres romans de son univers. Univers dont je compte bien en apprendre plus !

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samedi 28 janvier 2017

Katana, tome 1 : Vent Rouge - Jean-Luc Bizien


Katana, tome 1 : Vent Rouge - Jean-Luc Bizien

Le roi-dragon exerce sa tyrannie sur le Japon. Un jour, Ichirô, apprend que le souverain a tué ses parents. Assoiffé de vengeance, le jeune samouraï errant décide de défier le Shogun sorcier. Hatanaka, son père adoptif et samouraï d'élite va le préparer à l'impossible. Ichirô part pour une longue quête, au cours de laquelle il sera rejoint par des compagnons de route, voleur, paysan ou ninja. Il devra les accepter dans leurs différences, réunir leurs forces et leurs caractères... et se découvrir à son tour.

Note : 4 / 5


Appréciant beaucoup le Japon et sa culture, j'ai tout de suite été attirée par ce livre qui promettait une grande aventure au temps des samurais. Si l'histoire est plutôt classique, le livre est très bien documenté et vraiment intéressant. J'ai appris beaucoup de choses et j'ai complètement été transportée dans cet univers nippon teinté de fantastique.

On y suit Ichirô, un jeune homme qui vit tranquillement dans les montagnes avec son père adoptif, Hatanaka, qui partage avec lui ses talents de samurai. Mais s'il l'entraîne tous les jours, c'est parce qu'il connaît le secret autour de la naissance d'Ichirô et qu'il veut le préparer. Car ce secret qu'Hatanaka va lui révéler au début du livre va mener à une inévitable quête de vengeance.

Malgré cette histoire plutôt classique, l'auteur arrive à nous fasciner dès les premières pages. Son style très imagé, avec ces scènes précises et pensées jusqu'au moindre détail, est percutant et très cinématographique. J'ai adoré sa façon d'écrire qui m'a complètement captivé, certains moments vont longtemps me rester en tête.

Mais cette totale immersion dans ce Japon au temps des samurais est aussi du à la très bonne documentation que bénéficie ce livre. L'auteur est vraiment très pointu dans les termes qu'il utilise et il a à cœur de nous faire découvrir cette culture pourtant très complexe. Les samurais possèdent en effet de nombreux codes et coutumes, et le Japon de cette époque est fédéré d'une manière tout aussi compliquée. On se rend aussi compte de la maîtrise de l'auteur pour les arts martiaux lors des nombreuses scènes de combat qui rythment le récit. Le livre n'est pas inaccessible pour autant car de nombreuses notes aident les lecteurs qui ne sont pas familiers avec cette culture. De mon côté j'ai appris énormément de choses et j'ai vraiment adoré être immergée de la sorte dans l'histoire de ce pays que j'aime tant.

Le fantastique qui teinte de temps en temps le récit est aussi un aspect que j'ai beaucoup apprécié. Encore une fois, l'auteur se base sur des croyances et des aspects de la culture japonaise pour nourrir ces moments irréels. Il fait appel aux kamis (des entités présentes dans la nature qui font office de dieux dans la religion shintoïste pratiquée au Japon), rend importante la figure du dragon et joue avec la puissance des techniques d'arts martiaux des samurais.

Je me suis aussi beaucoup attachée aux personnages. Ils remplissent chacun un rôle précis et entendu (le sage maître, l'apprenti encore fougueux, le samurai trop sûr de lui, le paysan inculte, la femme forte) et j'ai adoré les voir se transformer au fil du récit, même si leur évolution à chacun est un peu classique. Les relations entre chaque personnage m'ont cependant très souvent étonnées, surtout avec cette fin qui va vraiment vous pousser à lire la suite le plus vite possible.

Ainsi, si l'histoire axée autour de la vengeance est plutôt classique, le style de l'auteur et la très bonne documentation du livre rend ce premier tome vraiment intéressant et prenant ! Le côté fantastique est lui aussi très bien amené et plaira même à ceux qui ne sont pas habitués à ce genre. J'ai vraiment hâte de continuer l'aventure, de retrouver ces personnages très différents qui vont pourtant devoir s'entendre pour mener à bien leur quête. Des personnages auxquels je me suis vraiment attachée tant j'ai été prise par l'histoire. Merci à Livraddict et à Folio pour ce quasi coup de coeur !

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Autour du Japon :
  

mercredi 12 octobre 2016

Sept secondes pour devenir un aigle - Thomas Day

Sept secondes pour devenir un aigle - Thomas Day

D’une île du Pacifique à l’Australie, du Cambodge à la Californie, du Grand Nord canadien au Japon ; de la violence radicale à la fuite vers un monde virtuel, de la débrouillardise tranquille au sacerdoce, du combat pour la survie d’une espèce en danger à la lutte pour celle de l'humanité elle-même, embarquez pour six voyages vertigineux, six manières pour l’homme de se confronter à la nature, quand ce n’est pas à sa nature.

Note : 3,5 / 5


Je lis rarement des nouvelles, mais Thomas Day étant un auteur que j'apprécie beaucoup, j'ai eu envie de découvrir ce recueil dont les thèmes, principalement l'anticipation écologique, me parlent beaucoup. Merci à Livraddict et à Folio pour le partenariat.

Chaque nouvelle (au nombre de six) a en effet à coeur de poser un problème de société. C'est un recueil qui fait indéniablement réfléchir, le lecteur se remet sans cesse en question et se demande quel rôle il a pu jouer dans chaque catastrophe décrite. Cependant, les nouvelles de Thomas Day ne sont pas toutes noires. Il y a parfois de l'espoir, des changements possibles, et c'est ce que j'ai aimé durant ma lecture.

Mariposa, première histoire du recueil, et certainement la plus mystérieuse. J'ai adoré l'ambiance, empruntant beaucoup aux croyances japonaises. On nous dévoile l'histoire d'une île découverte par Magellan au travers de témoignages de soldats de la seconde guerre mondiale. Une île étrange qui cache un secret. Secret qui va réussir à unir les soldats des deux pays pourtant ennemis : le Japon et les Etats-Unis.

Sept secondes pour devenir un aigle, la nouvelle éponyme que j'ai pourtant le moins aimé. J'ai eu du mal avec le style assez vulgaire de l'histoire (qui tranche un peu trop avec l'ambiance de la première nouvelle). Je n'ai donc pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages et le sacrifice final a donc eu peu d'effet sur moi. D'un autre côté il montre bien ce que sont devenus les indiens d'Amérique : des gens perdus et bourrés de haine à force de ressasser les horreurs qu'on leur a fait dans le passé.

Ethologie du tigre, la nouvelle que j'ai certainement le moins comprise. J'ai aimé la première légende, celle de la tigresse Burma, mais j'ai trouvé toute l'histoire autour un peu floue, abstraite.

Shikata ga nai, où Thomas Day nous fait découvrir Fukushima après la catastrophe. Une nouvelle qui m'a particulièrement touché car le Japon est un pays que j'affectionne beaucoup. Lorsque j'ai appris la nouvelle de la catastrophe en 2011 j'avais vraiment été chamboulée, et cette nouvelle a fait ressurgir toutes ces émotions. Il faut se souvenir et je remercie Thomas Day d'écrire des histoires comme celle-ci pour que les gens n'oublient pas.

Tjukurpa, encore un style très cru pour cette nouvelle qui nous emmène en Australie. Une histoire encore une fois un peu trop abstraite selon moi, même si elle véhicule bien cette idée que le continent était bien mieux avant l'arrivée des blancs, comme dans la nouvelle éponyme.

Lumière noire, la nouvelle la plus longue et celle que j'ai préféré. Son côté Mad Max polaire m'a tout de suite plu. C'est une apocalypse technologique vraiment intéressante que nous offre Thomas Day. J'aurais aimé en découvrir plus, surtout que cette nouvelle finit étrangement positivement et que le lecteur peut penser à plein de suites.

J'ai parfois du mal avec les nouvelles car je n'ai souvent pas le temps de vraiment m'immerger dans les histoires. Avec les nouvelles de Thomas Day, certaines m'ont transportées, d'autres non. Mais ce qui est sur, c'est qu'elles font toutes réfléchir et que, comme nous le montre l'essai écrit par Yannick Rumpala que l'on peut découvrir à la fin, elles sont parfois nécessaires pour nous aider à construire un futur meilleur. Et oui, la science-fiction dépasse parfois l'imaginaire !

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mercredi 20 juillet 2016

Les Petites Fées de New York - Martin Millar

Les Petites Fées de New York - Martin Millar

Morag MacPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises ayant quitté précipitamment leur terre natale, et fraîchement débarquées à New York, découvrent un monde qu’elles n’auraient jamais pu imaginer : un monde où les sans-abris meurent dans l'indifférence générale, un monde où les gens ont à peine de quoi payer leur logement, un monde qui n’a, tout de même, pas l’air de tourner bien rond. Mais plus elles vont vouloir changer les choses et aider Dinnie et Kerry, deux humains qu’elles ont rencontrés à leur arrivée, plus ce sera… pire!

Note : 3,5 / 5


Les fées, c'est gentil, c'est mignon. Même le titre semblait indiquer quelque chose de très positif. Mais détrompez-vous : les fées de Martin Millar font des reprises garage-punk de classiques écossais, elles boivent beaucoup trop et sont très vulgaires. Alors lorsqu'elles arrivent à New York, sur les territoires de fées qu'elles ne connaissent pas, et qu'elles décident d'aider les humains qu'elles croisent dans les bas-fonds de la ville, ça risque de mettre un sacré chantier.

Et je dois dire que je ne m'attendais pas du tout à un contexte aussi décalé. Martin Millar s'attarde vraiment sur les pires facettes de l'humanité et joue avec pour nous faire rire. Les fées n'évoluent qu'au milieu des plus tristes quartiers de New York et côtoient deux humains parmi les plus misérables : Dinnie, qui vit sans le sous dans un appartement qu'il loue au noir au dessus d'un théâtre. C'est un horrible personnage, dégoûtant, gros et vulgaire. Et Kerry, une jeune femme tout aussi fauchée, atteinte de la maladie de Crohn. Elle est enjouée, aime l'art et cherche a se venger de son ex petit ami.

Les fées, en aidant ces humains, vont créer des situations tellement pathétiques que le lecteur ne pourra s'empêcher de rire. On va suivre de nombreux autres personnages comme Magenta, une SDF qui délire complètement en se prenant pour Xénophon, et suivre l'avancement de la rébellion dans le royaume des fées. Car à force de vouloir calquer la société humaine, le royaume des fées va entrer dans la révolution industrielle et faire beaucoup de malheureux.

Chaque chapitre alterne donc plusieurs histoires, plusieurs points de vus. Si c'est une lecture plutôt laborieuse et difficile à suivre au début, on se rend vite compte que tous ces destins vont être liés. C'est aussi ce procédé qui aide au comique car chaque scène finit par faire écho à une autre.

Martin Millar dresse ainsi une véritable satire de la société grâce à sa vision décalée des fées. C'est une aventure vraiment délirante qu'il nous offre, tout en abordant des thèmes plutôt difficiles comme la maladie ou la folie et en nous montrant notre société telle qu'elle est. Dommage que certaines scènes soient répétitives, la fin tarde alors qu'elle est vraiment très touchante et drôle. Et c'est toute la force de ce livre : Martin Millar arrive terriblement bien à nous faire rire tout en nous délivrant un récit poignant.


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mercredi 29 juin 2016

❤ Morwenna - Jo Walton


Morwenna - Jo Walton

Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. 
Alors qu'elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

Note :  coup de coeur

Merci beaucoup à Livraddict et à Folio pour la découverte de ce magnifique livre. Le résumé a beau avoir suscité un certain intérêt en moi, je restais craintive sur certains aspects, notamment devant tant de références littéraires. Pourtant, ce livre m'a au final complètement transporté grâce à son ambiance si particulière et au personnage principal dans lequel je me suis beaucoup retrouvé.

Le lecteur est lâché sans préambule au milieu de la vie et des pensées de notre jeune héroïne, Morwenna, alors qu'une terrible tragédie semble être arrivée à la jeune fille. Le livre étant écrit sous forme de journal et commençant juste après cet étrange drame, on ne comprend pas tout de suite pourquoi elle parle à la première personne du pluriel ni ce qui est arrivé. Si on en sait plus au fur et à mesure que les jours défilent, tout ce qui tourne autour de la magie reste très obscur tout du long. Morwenna est en effet capable de voir des fées et de plus ou moins faire de la magie. J'ai lu de nombreuses critiques qui reprochaient au livre ce côté fantastique, alors que c'est selon moi grâce à cette ambiguité autour de la magie que le livre et son ambiance sont si particuliers.

En effet, je me suis tout de suite attachée à cette histoire car c'est un véritable hommage à l'enfance. Qui, étant petit, n'a jamais inventé d'histoires, ne s'est jamais imaginé dans des situations fantastiques ? C'est de cette manière que j'ai traduit la magie dans le livre. Morwenna a en effet une façon étonnante de voir les choses, pure et plutôt naïve. Selon elle la magie se trouve partout si on sait bien regarder et chaque action a ses conséquences. Ce livre m'a rendue étonnement nostalgique et j'ai adoré lire les pensées innocentes et directes de cette jeune fille dont la vie n'est pas un cadeau.

Si l'on met de côté la magie, l'histoire en elle même est plutôt banale. On suit la plupart du temps la vie d'étudiante de Morwenna, ses problèmes avec les autres pensionnaires ou avec sa famille et la déroulement de certains cours. Morwenna est aussi une grande lectrice (qu'est ce que j'aimerais lire aussi vite qu'elle !) et son journal est ponctué d'avis sur les différents livres qu'elle lit. J'avais énormément peur de cet aspect, qu'il soit trop présent et agaçant ou carrément sans aucun intérêt par rapport au reste. Pourtant, tout cela m'a vraiment passionné. J'ai adoré suivre Morwenna car je voulais avoir des réponses et savoir comment elle allait s'en sortir, et j'ai adoré découvrir de nouveaux auteurs ou connaître son avis sur ceux que je connaissais déjà.

Ainsi, ce roman ne laisse vraiment pas indifférent. Chacun le vivra différemment et trouvera ou non des réponses aux questions qu'il laisse en suspens, mais c'est un livre qu'on ne peut oublier et qui m'a personnellement beaucoup marqué. Morwenna est extrêmement attachante et si on aime la littérature de l'imaginaire on ne peut que s'identifier à elle. Attention cependant, en lisant ce livre vous risquez fort d'agrandir considérablement votre pile à lire !


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samedi 26 mars 2016

Les Lames du Cardinal, tome 1 - Pierre Pevel

Les Lames du Cardinal, tome 1 - Pierre Pevel

1633, sous le règne de Louis XIII. Le cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l'Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d'élite qu'il avait lui même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

Note : 4 / 5


De plus en plus familière avec les œuvres de cet auteur, je peux maintenant le dire : parfois, j'ai envie d'un bon Pierre Pevel. Et je n'ai pas du tout été déçue par cette nouvelle série, l'une des plus connues de l'auteur, où il montre avec passion son amour des romans de cape et d'épée et où les aspects historiques se mêlent avec justesse à la fantasy.

Au début ce livre n'est pourtant pas facile à suivre, voir plutôt décourageant. Les personnages se multiplient, tout comme les situations, et le lecteur a beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, à se souvenir de qui est qui et à mettre de l'ordre dans ce récit très coupé qui alterne beaucoup de points de vues différents. Mais si le lecteur s'accroche il sera emporté par l'aventure, les complots et les combats menés à l'épée (ou de façons beaucoup moins loyales...) qui n'ont rien à envier à Alexandre Dumas.

Car si le début est avant tout là pour introduire les personnages et pour que le lecteur assiste à la reformation des Lames du Cardinal, petit à petit certaines choses sont dévoilées et le lecteur peut commencer à assembler les pièces du puzzle politique qu'il a devant lui et apprendre à mieux connaître tous les personnages que le début a seulement survolé. Puis tout s'enchaîne, l'action est de plus en plus au rendez-vous et le lecteur prend énormément de plaisir à suivre cette aventure et finit par s'attacher à tous ces personnages que constituent les Lames.

Et si cette aventure est digne d'un Alexandre Dumas dont on a d'ailleurs la chance de croiser certains personnages, elle est aussi très originale car Pierre Pevel intègre un aspect complètement inattendu : la magie, amenée par les dragons qui constituent la principale menace du royaume de France. Comme dans Le Paris des Merveilles, Pierre Pevel change ainsi l'histoire, et si c'est d'une manière moins importante que dans son autre série, ce changement amène une ambiance très particulière et des situations vraiment intéressantes sans pour autant dénaturer tout ce qui fait le charme des romans de cape et d'épée.

Toujours autant séduite par le style de Pierre Pevel qui sait créer suspens et nous plonger au cœur de son histoire, je l'ai pourtant encore une fois trouvé différent. Il prend en effet soin d'adapter son style d'écriture au contexte de son roman, un style un peu plus pompeux et descriptif et surtout très documenté. J'ai beaucoup aimé les petites pauses dans le récit pour nous donner différentes anecdotes de Paris à cette époque.

Si je prends toujours énormément de plaisir à lire du Pierre Pevel, c'est tout simplement parce qu'il sait me transporter à travers l'originalité et la justesse de ses uchronies mais aussi grâce à ses intrigues étonnantes. De plus, on sent que Les Lames du Cardinal a été écrit avec la passion d'un fou d'Alexandre Dumas, passion qui suffit à transporter le lecteur. La suite promet d'être menée avec panache et j'ai très envie de tout de suite m'y plonger.

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