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mercredi 12 mars 2025

Au Bonheur des Dames - Emile Zola

Au Bonheur des Dames - Emile Zola

Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

Note : 3,5 / 5


L'année dernière j'ai eu la chance d'aller voir l'exposition sur les grands magasins au musée des arts décoratifs à Paris. Parmi tous les objets, catalogues et publicités, il y avait une affiche sur ce livre d'Emile Zola qui forcément m'avait donnée très envie de le lire. Alors, comme souvent après quelques lectures contemporaines décevantes, quand j'ai eu envie de lire un classique, je me suis souvenue de ce livre et ai décidé d'enfin le lire.

J'ai toujours eu une étrange relation avec les livres de grands auteurs comme Zola, Maupassant, Flaubert ou Balzac. Les critiques sociales généralement c'est vraiment tout ce que je déteste comme lecture. Mais ils ont une telle maîtrise, une telle façon d'écrire et d'emporter le lecteur, que je me retrouve à chaque fois à finalement adorer leurs livres !

Dans le Bonheur des Dames, on étouffe, le lecteur est broyé au même titre que les personnages, les acheteurs et les vendeurs par ce grand magasin, cette machine qui ne fait que grossir, cracher plus de fumées et amasser toujours plus de fortune. Les descriptions sont certes très très longues, on est plongé pendant des pages et des pages dans cet engrenage, dans ces étoffes et cette montagne de marchandise, mais j'ai personnellement vraiment adoré. Comme les acheteurs, je n'avais qu'une envie : toucher ces tissus qui avaient l'air si splendides.

Même si le grand magasin est clairement le personnage principal de ce livre, on suit quand même tout particulièrement Denise, une petite provinciale qui vient tenter sa chance à Paris et qui doit s'occuper de ses deux frères. Bien entendu elle va se retrouver au Bonheur des Dames mais, étonnement, cela ne va pas si mal se passer pour elle. Habituellement les livres de Zola c'est la déprime, ça se finit mal. Alors bon, la fin est du coup un peu abrupte, comme s'il n'était vraiment pas habitué lui non plus, mais cela se finit plutôt bien pour Denise et j'ai assez apprécié cette fin. Bien entendu, la déprime est quand même là, car c'est clairement le début de cette société de consommation dont on aimerait tous se débarrasser maintenant...

Comme d'habitude, rien ne vaut un petit classique après quelques déceptions. Au Bonheur des Dames est un livre intemporel et vraiment intéressant, surtout pour les fan de mode et couturières en herbe comme moi.

Au Bonheur des Dames
4,95€ / 544 pages / 9782070409303

mercredi 22 décembre 2021

Le messie de Dune - Frank Herbert

Le messie de Dune - Frank Herbert

Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremen ont conquis l'univers. Il est devenu l'Empereur Muad'Dib. Presque un Dieu, puisqu'il voit l'avenir. Ses ennemis, il les connaît. Il sait quant et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l'épice, qui donne la prescience, et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans. Mais il voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre. Il est hanté par la vision de sa propre mort. Et s'il n'avait le choix qu'entre plusieurs suicides ? Et s'il ruinait son œuvre en matant ses ennemis ? Peut-être n'y a-t-il pour le prescient pas d'autre liberté que celle du sacrifice...

Note : ABANDON

Autant le premier tome m'avait fasciné, autant cette suite fut vraiment laborieuse. Il y avait un gros goût de "suite pour faire une suite" et passé la moitié du livre où il ne se passait toujours rien, j'ai décidé d'abandonner...

Avec ce deuxième tome, Frank Herbert a pris le parti de suivre un Paul Atréides fatigué après 12 années de guerre sainte. Un Paul déçu, déchu et passif. C'est vraiment décevant de voir ça après tout ce qu'on a vécu avec lui dans le premier tome... Et sa soeur Alia, mon dieu, qu'est ce qu'elle est insupportable dans ce livre !

Et de ce premier tome, la suite reprend les complots et intrigues. Paul a toujours encore des ennemis qui cherchent une nouvelle fois à lui nuire. Sauf que ce deuxième tome manque cruellement d'action et que le lecteur est définitivement noyé sous les éléments mystiques qui font difficilement sens...

J'ai entendu beaucoup d'avis négatifs sur Le messie de Dune, mais il semblerait également que ce tome soit un passage obligé pour bien pouvoir appréhender la suite. De mon côté je crois que je vais rester simplement avec mon bon souvenir du premier tome, et faire comme si la suite n'existait pas.


Le messie de Dune
16,90€ / 6268 pages / 9782221252307

mercredi 2 juin 2021

Persuasion - Jane Austen


Persuasion - Jane Austen

Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu'on lui dicte sa conduite ? Si elle s'est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n'est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l'heure n'est pas à l'indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage !

Note : 3,5 / 5

Mansfield Park et Persuasion sont les derniers livres de Jane Austen que je n'ai pas encore lu et aujourd'hui je vais vous parler de ce dernier, que j'ai lu en commun avec deux amies.

C'est fou comme chaque livre de Jane Austen a ses particularités tout en traitant du même thème. Ici c'est l'histoire des sœurs Elliot et plus particulièrement l'histoire de la calme et trop gentille Anne que nous allons suivre au domaine familial, puis sur la côte et enfin à Bath. Une histoire de seconde chance, de place au sein d'une famille qui vous semble étrangère dans un contexte assez sombre car la guerre avec la France est encore d'actualité.

J'ai tout de suite énormément aimé Anne qui semble être, avec le capitaine Wentworth, le seul personnage censé de ce roman. Ses sœurs, Mary et Elizabeth, sont insupportables, leur père vaniteux, la belle famille (car Mary est déjà mariée) sympathique bien qu'un peu ridicule. Il n'y a pas de doute : l'humour de Jane Austen est bien présent, mais j'ai trouvé que tout ça manquait de nuance, d'autant plus que ce livre se veut plus adulte et sérieux.

Mais j'ai beaucoup aimé l'ambiance, j'ai aimé pouvoir découvrir le monde des marins qui prend une grande place dans ce roman et lui donne son originalité. J'ai adoré que le personnage principal soit plus âgé, le récit est ainsi plus posé, plus réfléchi. On sait comment ce roman va finir, mais cela n'empêche pas la romance d'être intéressante et touchante.

Et puis la plume de Jane Austen, au plus près des sentiments des personnages, est toujours aussi agréable et fascinante. Les dialogues sont longs, les descriptions aussi, et pourtant on ne s'ennuie jamais !

Ce livre m'a beaucoup touché. Je l'ai trouvé plus adulte que ses autres romans, sans pour autant être aussi sombre que Raison et sentiments, mais le manque de nuance des personnages fait qu'Emma reste encore et toujours mon roman préféré de l'auteure !

Persuasion
6,90€ / 384 pages / 9782381221373

mercredi 14 octobre 2020

Anne de Green Gables - Lucy Maud Montgomery


Anne de Green Gables (Anne of Green Gables) - Lucy Maud Montgomery

Sur le quai de la gare, Matthew attend l’orphelin qui les aidera, sa sœur Marilla et lui, à la ferme. Mais c’est une petite rouquine aux yeux pétillants qui se présente… N’ayant pas le cœur de la renvoyer, Matthew la ramène à Avonlea. Extrêmement attachante, Anne va rapidement séduire son entourage par son courage, sa détermination et sa débrouillardise.

Note : 3 / 5

Habituellement je ne suis jamais déçue en lisant un classique, mais Anne of Green Gables fut une exception. J'ai trouvé cette lecture redondante, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages et je n'ai pas du tout aimé le style d'écriture.

Anne est vraiment une petite fille particulière. Orpheline, elle est envoyée par erreur chez Matthew et Marilla dans leur domaine de Green Gables alors qu'ils voulaient adopter un petit garçon. Anne est pétillante, très bavarde et presque tout le temps dans la lune. Personnellement, c'est tout ce que je déteste chez un enfant, je l'ai donc trouvée vraiment insupportable et j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à elle. Mais Anne va complètement changer Marilla et Matthew, elle va réussir à les attendrir et à ressortir ce qu'il y a de meilleur en eux. L'histoire est centrée sur Anne, mais ce sont les personnages de Matthew et Marilla que j'ai préféré. J'ai adoré leur relation avec la petite fille, je les ai trouvé si touchants !

Mais c'est Anne que l'on suit, c'est Anne le personnage principal et chaque chapitre va nous raconter une de ses mésaventures. Et c'est toujours la même chose ! On sait qu'elle va être contrariée par quelques chose (des trucs futiles comme sa couleur de cheveux, ses robes dont les manches ne sont pas bouffantes ou sa rivalité avec Gilbert Blythe) mais que tout va finir par se régler à la fin du chapitre.

Et je n'ai pas du tout aimé ce format 1 chapitre = 1 mésaventure car c'est beaucoup trop rapide. A un moment donné elle se casse le pied. Le narrateur parle vaguement de ses quelques mois de convalescence, puis on change de chapitre et c'est bon on en parle plus ! Youhou, elle vient de se casser le pied quand même ! Et le style très souvent indirect n'aide vraiment pas à intéresser le lecteur...

Et c'est bien dommage car l'ambiance est vraiment unique et Anne est un personnage vraiment haut en couleur que j'aurais sûrement réussi à aimer si le style ne m'avais pas rendu ses aventures ennuyeuses. L'histoire se passe au Canada, la nature est très présente et est très importante dans le récit. Il y a très souvent des descriptions vraiment belles et c'est un aspect du récit que j'ai adoré.

Au final je pense que ce livre aurait gagné à être étoffé et fragmenté en plusieurs petits livres au lieu d'avoir ce gros pavé qui nous fait suivre Anne pendant 5 ans ! Je ne pense pas lire la suite.


Anne de Green Gables
16,50€ / 384 pages / 9782381960081

mercredi 19 août 2020

Dune - Frank Herbert


DuneFrank Herbert

Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite. Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'Histoire. 
Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?

Note : 4 / 5

J'ai de temps en temps besoin de lire un classique pour rebooster mon rythme de lecture et mon choix s'est porté sur Dune de Frank Herbert qui va bénéficier d'une nouvelle adaptation cinématographique pour la fin d'année. J'ai beaucoup aimé ma lecture, mais je dois dire qu'après tout ce que j'ai entendu sur ce livre, j'en attendais un peu plus.

Ce livre est connu pour être abstrait et compliqué. J'appréhendais donc un peu ma lecture, d'autant plus que je voulais le lire en anglais, mais au final je n'ai eu aucun soucis, et cela m'a presque déçue ! Il est vrai que nous découvrons une toute nouvelle planète, et ses habitants, les Fremen, ont une culture très complexe et c'est un aspect très poussé dans le livre. Mais moi c'est tout ce que j'aime ! J'adore découvrir de nouvelles planètes, en apprendre leurs particularités et suivre ses habitants. 

J'ai eu un peu plus de mal avec le côté mystique très présent dans le livre. Paul, le héros, ainsi que sa mère et les autres Bene Gesserit (des sortes de sorcières) peuvent voir le futur et interpréter les intentions des gens en analysant leurs moindres petits gestes. Paul tout particulièrement a une vision du monde assez étrange, on comprend qu'il est l'élu, un être supérieur, on parle de prophétie, etc... Oui vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé cet aspect prophète tout puissant du personnage, d'autant plus que ça ne lui sert absolument à rien de voir l'avenir ! A chaque moment important, chaque choix, il tombe sur un chemin qu'il n'a jamais vu, nous avons donc à chaque fois le droit à un monologue interne expliquant son désarroi et, clairement, au bout d'un moment j'en ai vraiment eu marre.

Et puis, l'histoire est au final assez classique : il s'agit d'un récit de vengeance, un conflit entre deux maisons d’aristocrates, les Harkonnen et les Atreides. Les Atreides, la maison du héros Paul, ont hérité de l'Empereur la gouvernance de la planète Arrakis, remplaçant les Harkonnen qui jusque là étaient l'autorité sur cette planète. Mais le lecteur découvre bien vite que ce changement n'est qu'un subterfuge des Harkonnen pour faire tomber la maison Atreides.

Mais le livre est heureusement vraiment bien écrit. J'ai tout de suite été captivée par le récit et la profondeur des personnages, la richesse des planètes et de l'histoire de ce monde futuriste. Les pensées des personnages sont très importantes dans ce livre, le narrateur nous décrit avec subtilité les gestes et tout ce qui est nécessaire à la compréhension de leurs intentions, nous aidant à comprendre comment font Paul et les Bene Gesserit pour voir ce qui normalement est invisible. J'ai adoré être plongée à ce point au coeur des personnages, c'est vraiment ce qui fait la force de ce livre.

Mais d'un autre côté, cela rend le récit parfois vraiment lent. Cela ne m'a pas gêné, mais je pense que ça ne plaira pas à tout le monde. J'aurais même préféré qu'il soit toujours aussi lent et descriptif, car le livre a vraiment un problème de rythme. Le récit est coupé en trois parties : la première permet d'introduire la complexité de l'univers et suit les débuts de la maison Atreides sur Arrakis, la deuxième (ma préférée !) nous plonge au cœur d'Arrakis en suivant ses habitants, les Fremen et la troisième partie se passe quelques années après et le plan de Paul arrive enfin à sa conclusion. Cette dernière partie souffre d'un vrai problème de rythme à cause des nombreuses ellipses qui finissent par perdre le lecteur. Heureusement, la fin est vraiment épique et je garde un vrai bon souvenir de l'ensemble de ma lecture.

Il est compréhensible que Dune ait eu un véritable impact lors de sa sortie, mais je trouve qu'il a perdu de son piquant et n'est plus vraiment un ovni pour les lecteurs d'aujourd'hui. Mais ce livre reste génial car il est maîtrisé, tant au niveau de l'univers que du style d'écriture. J'ai hâte de voir l'adaptation car le côté ultra descriptif et prophétique me semble vraiment compliqué à retranscrire en image.


Dune
16,00€ / 580 pages / 9780340960196


mercredi 27 mai 2020

Raison et Sentiments - Jane Austen


Raison et Sentiments (Sense and Sensibility) - Jane Austen

Raison et sentiments sont joués par deux soeurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

Note : 3,5 / 5


Tout premier livre publié par l'auteure, je crois que c'est le roman de Jane Austen que j'ai le moins aimé pour le moment (il me reste Persuasion et Mansfield Park à découvrir)

Pourtant il a tout ce qui fait la spécificité de l'auteure britannique : un récit au style indirect très étoffé, des personnages aux caractères bien affirmés et des péripéties amoureuses qui finissent plus ou moins bien.

Mais Raison et Sentiments n'est pas aussi pétillant que ses autres romans. Il m'a même assez déprimé par moments. Le comportement des personnages masculins (qui forcément pose question à un moment donné de l'histoire -classique !) n'est pas facilement excusable. J'ai même trouvé que Marianne et Elinor leur pardonnaient un peu rapidement... A part le colonel Brandon, j'ai eu beaucoup de mal à apprécier les autres prétendants.

J'ai également trouvé que ce livre avait un problème de rythme. Certains passages sont balayés en quelques lignes alors que d'autres pas forcément intéressants sont étoffés par des dialogues de plusieurs pages. La partie à Londres est vraiment trop longue et pesante car les soeurs Dashwood n'y sont pas vraiment heureuses.

Mais je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'ai beaucoup d'affection pour Elinor et Marianne (et j'aurais aimé pouvoir en dire autant de la troisième soeur, Margaret, qui est malheureusement trop jeune pour être intéressante pour Jane Austen apparemment...) Je suis amoureuse du style de l'auteure, même s'il ne se dévoile pas encore tout à fait dans ce livre.

Cela se sent que c'est son premier roman car il n'atteint pas la perfection d'Emma (mon préféré pour l'instant) Pourtant, Raison et Sentiments se dévore ! L'histoire est intéressante et complexe même si le récit reste maladroit et assez triste.

" The more I know of the world, the more am I convinced that I shall never see a man whom I can really love. I require so much! " - Marianne, Raison et Sentiments


Raison et Sentiments
6,60€ / 384 pages / 9782264058256

mercredi 16 mai 2018

Le jardin secret - Frances Hodgson Burnett

Le jardin secret - Frances Hodgson Burnett

Mary Lennox est une enfant peu engageante. Privée d'affection, elle n'a jamais appris, dans son extrême solitude, à sourire ni à aimer. A la mort de ses parents, emportés par une épidémie de choléra, Mary quitte l'Inde où elle avait toujours vécu. Exilée dans le manoir anglais d'un oncle toujours absent, Mary trouve du réconfort dans l'Amitié. Elle partage avec Dickon, Colin et le rouge-gorge un merveilleux secret : un jardin oublié de tous, dont la clef, comme par magie, ouvre aussi la porte des cœurs...

Note : 4 / 5


Pour mon voyage à Londres j'avais envie de lire un classique de la littérature anglaise et je me suis très vite souvenu que j'avais Le jardin secret dans ma liseuse. Je me souviens avoir vu il y a très longtemps son adaptation cinématographique et avoir beaucoup aimé, c'est donc très rapidement que je me suis tourné vers ce livre pour me plonger dans l'ambiance british que je recherchais.

Le jardin secret est, comme beaucoup de livres datant de cette époque, très lent voire contemplatif. On y suit Mary, une petite fille qui n'a jamais reçu beaucoup d'amour et qui va devenir orpheline suite à une terrible tragédie, l'obligeant à quitter l'Inde, le pays où elle habitait avec ses parents, le seul qu'elle a jamais connu, pour aller vivre avec son oncle en Angleterre. On découvre donc en même temps que Mary les landes anglaises balayées par les vents, sa nature et la culture anglaise (si vous n'êtes pas très bon en anglais je ne vous conseille pas ce livre, certains personnages ont de forts accents yorkshire vraiment bien retranscris par l'auteure et donc difficiles à lire !) et l'histoire tout aussi tragique des habitants de ce manoir et de l'étrange jardin secret.

Et toute la magie du livre vient justement de cette découverte, du temps que l'auteure consacre aux descriptions et à l'immersion du lecteur, en même temps que celle de Mary. On a vraiment l'impression de faire partie des habitants de ce manoir et, surtout, de son jardin : et quel jardin merveilleux ! Quel plaisir de le découvrir et de sentir le temps y passer, le découvrir à travers les saisons, suivre le travail de Mary et écouter Dickon parler des animaux, de la vie tout simplement.

Car ce livre est une ode à la vie ! Un des personnages, Colin, est un garçon tout aussi triste que Mary avant qu'elle n'arrive dans le manoir et ne découvre ce que la nature a à offrir. Il a 10 ans et ne pense qu'à la mort, est hypocondriaque et ne veut pas sortir, ne se déplace même pas ! Et la façon dont il va renaître, grâce à Mary, grâce au jardin secret, est absolument merveilleuse. Cela va vous rendre terriblement heureux de voir ce petit s’éveiller, s'ouvrir à ce qu'il y a autour de lui et tout simplement aimer la vie ! J'ai trouvé ce livre tellement beau, et le fait que tout cela soit vu à travers les yeux des enfants, avec leurs jeux et leur naïveté, m'a rendue drôlement nostalgique.

Alors oui, il faut un peu de temps avant d'apprécier Mary et Colin qui sont au début des enfants vraiment insupportables alors que Dickon a très vite une place dans nos cœurs, mais cela rend le livre très réel. Comme dans la vraie vie, il faut apprendre à connaître les personnes avant de vraiment pouvoir les apprécier, et Mary et Colin finissent par tellement s'ouvrir aux autres et à ce qu'il y a autour d'eux qu'on ne peut que les adorer une fois le livre fini. Ce que je n'ai vraiment pas apprécié et qui est malheureusement propre à l'époque à laquelle le livre a été écrit, est la sexualisation des personnages. Ce sont des enfants ! et pourtant l'auteure juge les actions de Mary en les transposant à son futur de femme au foyer... Et l'espèce d’ambiguïté de sa relation avec Dickon n'a franchement pas lieu d'être !

Heureusement l'histoire et surtout les descriptions nous transportent complètement. Qu'est ce que j'ai aimé l'ambiance de ce livre ! En ce début de printemps, ce fut vraiment une lecture parfaite qui m'a fait beaucoup de bien.

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mercredi 13 juillet 2016

Lady Susan - Jane Austen


Lady Susan - Jane Austen

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle sans scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... 

Note : 4 / 5


Lady Susan est certainement l'histoire la moins connue de la romancière Jane Austen. C'est pourtant un ouvrage qui sort du lot de par sa forme et les personnages que l'on y suit. Avec la sortie du film Love & Friendship de Whit Stillman au cinéma, j'ai eu envie de me plonger dans ce court roman avant d'aller le voir.

Lady Susan est un roman épistolaire dont le personnage éponyme m'a semblé très différent de ceux que l'on peut trouver dans les autres romans de Jane Austen. Susan Vernon est veuve et la mère d'une jeune fille, Frederica, qu'elle domine et commande. Malgré son âge et sa situation, Lady Susan est une séductrice égoïste que le lecteur ne peut apprécier.

Vu que l'on suit la correspondance de différents protagonistes et pas uniquement celle de Susan, au début je ne savais pas vraiment que penser de ce personnage. Le lecteur a l'impression qu'elle fait l'objet de nombreux préjugés et que ce dont on l'accuse n'est pas entièrement de sa faute. En fait, je ne voulais pas croire qu'un personnage de Jane Austen, le personnage principal qui plus est, puisse être aussi manipulateur et haïssable.

L'histoire que l'on suit à travers les lettres nous dévoile cependant petit à petit l'étendu des dégâts qu'a causé cette vile séductrice. Jane Austen, à travers ce récit et en choisissant de le centrer sur un tel personnage, nous montre que certaines femmes peuvent être dangereuses.


Une fois que l'on a cerné le personnage, on s'inquiète vraiment de la tournure que va bien pouvoir prendre le roman. Lady Susan va-t-elle arriver à ses fins ? Que va devenir sa fille, Frederica, avec une mère si détestable ? Le livre est vraiment prenant et étonnement palpitant pour un Jane Austen. Il faut dire que le roman est vraiment très court, j'aurais même aimé en avoir un peu plus.

Avec Lady Susan, publié après la mort de l'auteure, certainement l'une des premières histoires qu'elle ait écrites, on découvre ainsi un ouvrage très différent et beaucoup plus accessible que ses autres récits. Si l'on retrouve la maîtrise de Jane Austen, Lady Susan n'est cependant pas vraiment représentatif de son oeuvre et je ne conseillerai donc pas de commencer à découvrir cette auteure par celui-ci.


Le film Love & Friendship de Whit Stillman :

Adapter un roman épistolaire n'est pas une chose facile. La correspondance ne peut pas prendre autant de place dans l'adaptation et n'est parfois même pas mentionnée. Dans le film Love & Friendship, les lettres restent cependant très présentes car elles sont nécessaires à l'intrigue, et particulièrement à la fin. On change pourtant complètement de point de vue en s'attardant directement sur les faits, ce qui rend le film vraiment complémentaire au livre. Il est plutôt fidèle au roman tout en nous donnant une vision inédite de l'histoire, directement dans l'action.

Alors que dans le livre, on hésite un moment à croire à toutes les histoires que l'on raconte au sujet de Lady Susan, dans le film c'est tout de suite très clair. Lady Susan possède un caractère bien trempé, et elle montre très tôt au spectateur ses talents de manipulatrice. Et elle est douée, tellement douée que certaines situations sont très drôles. 

Les avis que j'ai pu lire sur le film s'attardent beaucoup sur cet aspect comédie, et c'est ce qui me faisait très peur avant d'aller voir le film. Le livre est en effet porteur d'une morale et n'est, dans le fond, pas si comique que cela. Il vise à dénoncer les femmes orgueilleuses et égoïstes comme Lady Susan. Pourtant, si le film fait beaucoup rire, j'ai trouvé qu'il faisait aussi réfléchir car il montre tout de suite Lady Susan telle qu'elle est. Dommage que Whit Stillman n'ai pas été jusqu'au bout en changeant la fin et en minimisant un peu les dégâts qu'a pu faire Lady Susan.

J'ai aussi beaucoup aimé l'esthétique du film. Les costumes sont vraiment beaux. Les jeux de lumières et la présentation des différents personnages font penser à une pièce de théâtre. C'est beau et étrangement poétique pour un film mettant l'accent sur la comédie. En revanche, le jeu des acteurs n'est pas du tout exagéré comme au théâtre, mais vraiment juste. Ils ont d'ailleurs vraiment bien été choisis. Kate Beckinsale est parfaite en Susan et Tom Bennett particulièrement hilarant en Sir James Martin. Je ne le voyais pas aussi simplet, mais ça marche très bien !

J'ai vraiment passé un bon moment devant cette adaptation. Le film est amusant, beau et plutôt fidèle au livre selon moi. Je suis vraiment contente qu'il y ait enfin une adaptation cinématographique de ce court roman et je remercie Sophie Dulac Distribution d'avoir proposé ce film en France.

mercredi 15 juillet 2015

Emma - Jane Austen


Emma - Jane Austen

Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu'elle a recueillie chez elle. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle qui n'est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes.

Note : 4 / 5


Après Orgueil & Préjugés et Northanger Abbey, je continue ma découverte des oeuvres de Jane Austen avec Emma que j'ai lu avec deux amies avec qui on a décidé de créer un petit groupe de lecture.

Si ses 453 pages peuvent aux premiers abords faire peur, une fois le livre commencé on se rend compte qu'il est vraiment agréable à lire, et on se plait à suivre Emma et ses connaissances dans le petit bourg de Highbury.

Si l'histoire, entre roman d'apprentissage et romance, peut sembler assez classique, voir frivole, la façon qu'à Jane Austen de nous la raconter est vraiment passionnante. On a un narrateur omniscient qui prend beaucoup de recul dans le récit et pourtant nous livre jusqu'aux plus petites parts d'ombres de chaque personnage tout en tintant son récit d'humour. Ce narrateur me plait vraiment car c'est tout simplement Jane Austen. En lisant Emma ou n'importe quel autre de ses livres, on a vraiment l'impression d'avoir Austen a côté de nous. Elle glisse son avis dans ses livres sur différents points de la société, ce qui nous aide à mieux la comprendre. Ca donne à ses livres un vrai côté authentique et un autre intérêt à ses livres : s'ils nous divertissent avec leurs histoires romanesques, ils nous instruisent aussi grâce aux commentaires du narrateur. Et ainsi, dès les premières pages, on est vraiment plongé dans son époque. Mais ce qui fait la force de ce livre c'est que, même s'il se passe au XIXe siècle, certaines choses sont toujours vraies aujourd'hui, et c'est ce qui fait que le livre a encore beaucoup de succès aujourd'hui.

Parmi les nombreux dons de Jane Austen, il y a aussi celui de véritablement donner vie à ses personnages. Même si au début on se perd un peu au milieu de tous les personnages présents, ils sont tous tellement travaillés et tellement uniques qu'il est impossible de ne pas tous les trouver attachants par la suite. Si Emma peut sembler un peu trop parfaite (même lorsqu'elle finit par se tromper sur Mr Elton, elle se rend vite compte de son erreur et de sa bêtise et demande tout de suite pardon !) elle n'est cependant pas insupportable. Je me suis particulièrement attachée à son papa, Mr Woodhouse, que j'ai trouvé adorable à s'inquiéter pour tout et n'importe quoi. Et Mr Knightley bien sur !

J'ai aimé que les chapitres, s'ils continuent bien entendu petit à petit l'histoire, semblent vraiment indépendants. Chaque chapitre est différent, commence un nouveau jour ou une nouvelle conversation. Si j'ai tout d'abord regretté le manque d'informations quant au ton des personnages durant les dialogues, finalement, de devoir deviner soi même suivant les informations que l'on a eu sur leurs caractères m'a paru amusant. Si l'histoire, du côté d'Emma, m'a semblé très prévisible (je savais pour Mr Elton et j'étais sur pour Mr Knightley !) j'ai souvent été surprise du côté des autres personnages. En effet, vu que l'on suit Emma, que ses pensées sont souvent retranscrites et qu'elle se trompe souvent, on est nous aussi un peu perdu.

J'ai vraiment préféré Emma à Orgeuil & Préjugés. Je l'ai trouvé plus abouti et plus intéressant à lire (c'est peut-être du au fait que je n'ai pas vu d'adaptation cinématographique avant ma lecture ?) J'ai vraiment adoré partager cette lecture avec mes amies, et je compte bien continuer à lire des Jane Austen, car ses livres me font surtout rêver.

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samedi 4 juillet 2015

L'Anneau-monde - Larry Niven

L'Anneau-monde - Larry Niven

A deux cent ans, Louis Wu a conservé un corps de jeune homme et une âme d'explorateur. Aussi, quand le Marionnettiste lui propose de l'accompagner au-delà de l'espace connu, il se laisse tenter. Feront également partie de l'expédition: Teela Brown, une jeune humaine, et un Kzin. Fine équipe !
Le Marionnettiste, poltron mais intelligent, avec ses deux têtes et ses trois pattes, le Kzin féroce et effrayant, avec sa fourrure, ses dents et ses griffes acérées...
Et Teela, une jeune fille follette mais douée d'une chance insolente.
Destination ? L'Anneau-Monde, une planète située aux confins de l'hyperespace. Une planète entourée d'un mur d'un million six cent mille kilomètres de large, de quinze cents kilomètres de haut... 
Quelles créatures peuplent l'Anneau-Monde? Quel accueil vont-elles réserver à nos explorateurs ?

Note : 3 / 5


J'ai eu vent de l'existence de ce livre (honte à moi, c'est pourtant un classique !) grâce à la chaîne de télé Nolife que je regarde souvent et qui parlait justement d'un jeu-vidéo tiré de ce livre de science-fiction. Celui-ci me semblant très prometteur, la perspective de découvrir cet étrange Anneau-monde à travers ma lecture m'a décidé à me jeter dessus.

Au début je n'ai vraiment pas été déçue, on découvre une Terre future où la téléportation est banale, le contrôle des naissances actif et où on vit plus que très longtemps (Louis, le héros de l'histoire, a 200 ans !) L'univers créé par Larry Niven me parlait vraiment, et les différentes races que l'on rencontre petit à petit m'ont vraiment fasciné. Je me suis particulièrement attachée aux Marionnettistes, à leur physique plus qu'étrange et à leur lâcheté qui m'a souvent fait rire.

Mais le problème c'est qu'on a une focalisation interne sur Louis, un humain, un personnage qui ne m'a vraiment pas plu du tout. Au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que Louis est un vrai macho, et Larry Niven surement aussi vu comment les femmes sont si peu présentes. Et lorsqu'elles le sont, le sexisme ambiant fait qu'elles sont réduites à un simple objet, ou alors elles ne font que rire bêtement comme Teela. J'ai tout simplement halluciné devant un certain passage où Louis dit tout simplement et naturellement que si Teela fait le voyage avec eux, c'est pour qu'il soit heureux et ne tente pas de violer les autres membres. Si ça c'est de l'humour, excusez moi mais c'est vraiment de très mauvais goût.

Au-delà de ça, j'ai aussi été un peu déçue par le voyage sur l'Anneau-monde. J'attendais tellement plus d'exotisme de cet endroit. Si le rythme est plutôt lent, il se passe cependant toujours quelque chose, il y a toujours des mystères qui planent et je ne me suis jamais ennuyée. L'histoire prend parfois des tournants vraiment inattendus. J'ai particulièrement aimé le rebondissement avec Teela qui était vraiment bien pensé ! Dommage que la fin soit expédiée si rapidement...

Si j'ai parfois eu du mal à me représenter les choses, la mécanique des différents objets que l'on rencontre, c'est un livre plutôt accessible pour de la hard-SF (je l'ai lu en anglais et je n'ai pas trop eu de mal, alors en français si c'est bien traduit il ne devrait pas y avoir de problème~)

Larry Niven avait vraiment une bonne idée avec cet Anneau-monde, dommage que seule l'idée générale ait été bonne...


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