lundi 28 septembre 2015

Le Protectorat de l'Ombrelle, tome 1 : Sans Âme - Gail Carriger

Le Protectorat de l'Ombrelle, tome 1 : Sans ÂmeGail Carriger

Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Note : 4 / 5


J'ai peur de lire de la Bit-Lit depuis que j'ai eu la mauvaise idée de lire la série des Twilight. Le Protectorat de l'Ombrelle avec son côté British et uchronique m'a cependant tout de suite fait de l'oeil, mais sans un certain swap où j'ai eu la chance de recevoir le tome 1 je ne me serais peut-être jamais lancée dans cette lecture que j'ai cependant beaucoup aimé !

Lorsque l'on se plonge dans les premières pages, l'action est tout de suite au rendez-vous. Si on est un peu perdu au début devant cette société londonienne vraiment originale où les loups-garous et les vampires font partis du paysage, celle-ci est tellement riche et bien pensée que l'on se prend très vite au jeu. Gail Carriger a vraiment créé quelque chose de jamais vu : l'Angleterre est l'un des premiers pays où les vampires, loups-garous et fantômes peuvent vivre une vie normale, sans se cacher, aux côtés des humains, et ainsi une société surnaturelle hiérarchisée et géré par le BUR (bureau du registre des non-naturels) a vu le jour, et la reine d'Angleterre elle-même possède maintenant des conseillers surnaturels : un vampire et un loup-garou.

Au milieu de ces êtres à poils ou à longues dents, on retrouve notre héroïne, Alexia Tarabotti, qui n'est ni un vampire ni un loup-garou, mais un être très spécial elle aussi : c'est une paranaturelle. Au contact d'un être surnaturel, elle annule ses pouvoirs et peut le rendre à nouveau humain (celui-ci redevient de nouveau vampire ou loup-garou quand elle ne le touche plus) Cette capacité paranaturelle étant rare et plutôt prisée, Alexia va se retrouver dans des situations pas possibles qui vont rendre le roman vraiment intéressant. Si Alexia est spéciale de par son don, c'est son caractère très trempé qui l'a rend cependant si attachante. Parmi mes personnages préférés il y a aussi le professeur Lyall, un vrai gentleman, que j'ai contre toute attente préféré à Lord Maccon ; et on ne saurait oublié Lord Akeldama, un vampire, et son style vestimentaire discutable.

Si l'histoire est cependant plutôt banale et prévisible dans ce premier tome (des disparitions étranges menées par des hommes aux visages de cire) ce qui fait tout le charme de cette série selon moi est le style de Gail Carriger et son humour pétillant. Durant ma lecture, j'avais plusieurs fois l'impression de lire un Jane Austen avec ces histoires de filles à marier et surtout à travers la famille d'Alexia qui est exactement de celle que l'on pourrait croiser dans un Jane Austen. L'humour est très présent dans ce roman et j'ai vraiment beaucoup ri devant certaines comparaisons qu'Alexia fait. De plus le narrateur omniscient nous met dans la tête de plusieurs personnages et j'ai trouvé ça très intéressant d'avoir différents points de vue. Certains passages sont très érotiques, et si j'ai parfois trouvé certaines situations exagérées, cet érotisme est dans l'ensemble plutôt bien mené et géré comme il faut.

Le Protectorat de l'Ombrelle est ainsi une très jolie découverte pour moi. Cette série comporte 5 tomes que je pense vite me procurer. J'ai en effet vraiment hâte de voir l'évolution de la vie professionnelle et amoureuse d'Alexia et de retrouver mes personnages préférés !
Si vous n'êtes pas trop Bit-Lit, Gail Carriger a aussi fait une autre série de fantasy : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, qui je pense est très bien aussi, car il ne faut vraiment pas passer à côté de sa plume si efficace !


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samedi 19 septembre 2015

Regrets Mécaniques - Michèle Devernay

Regrets Mécaniques- Michèle Devernay

Un cœur, juste un cœur. Voilà ce dont Gabriel a besoin pour sauver son fils mortellement atteint. Et ce cœur, il sait où le trouver. À condition de faire taire sa conscience.
Dans un Paris de fin de siècle, steampunk en diable, la traque commence.

Note : 3 / 5


Je ne lis pas très souvent de nouvelles, mais lorsque l'auteure de Regrets Mécaniques, Michèle Devernay, m'a proposé de lire son œuvre, le résumé m'a tellement plu que j'ai décidé de me lancer très vite dans la lecture de celle-ci. Je la remercie d'ailleurs beaucoup pour cette découverte !

Le résumé promettait en effet une histoire moralisante encourageante. Tout au long de la nouvelle, les personnages se posent beaucoup de questions, et le fait que le narrateur se focalise sur différents personnages rend le lecteur bien incapable de prendre parti. Gabriel, le père de l'enfant malade, a bien sur de très bonnes raisons de vouloir trouver à tout prix un nouveau cœur à son fils. Mais la course poursuite d'un enfant dans Paris nous mets dans la peau de quelqu'un de l'autre camps et on ressent bien entendu sa peur et son désarroi.

Mais comme toute bonne nouvelle l'exige, je ne peux pas trop vous parler de l'histoire, et je ne peux décemment pas vous raconter la fin car ça gâcherait vraiment tout. Pour moi, une nouvelle est censée nous tenir en haleine jusqu'à la chute finale qui doit nous surprendre. Ici, même si toute l'histoire est plutôt déjà vue, j'ai trouvé que Michèle Devernay maîtrisait plutôt bien le genre : on est longtemps laissé dans le flou, on se pose de plus en plus de questions, et j'ai plutôt aimé la fin car j'ai mis un petit moment avant de percuter.

J'ai aimé le monde steampunk qui est loin d'être un simple background à la mode dans cette nouvelle. Celle-ci se base en effet sur une réflexion sur l'humain, et d'avoir à côté comme contraste un monde où les machines prennent très largement le dessus est vraiment intéressant.

Une nouvelle, par définition, c'est un récit très court. On a donc pas vraiment le temps d'en savoir beaucoup sur les personnages, mais certains comme Lulu Cabriole sont tellement atypiques qu'ils nous restent en tête. Ce personnage me donne d'ailleurs encore des frissons, à chaque fois qu'il apparaissait il me mettait plutôt mal à l'aise.

J'ai plutôt apprécié le style de Michèle Devernay qui se concentre autant sur l'ambiance que sur l'histoire. On aurait presque pu avoir des chapitres dans cette nouvelle car plusieurs ellipses coupent le récit en plusieurs parties, mais j'ai trouvé qu'elles cassaient de ce fait un peu le rythme.

Regrets Mécaniques a ainsi plutôt satisfait mes attentes en tant que nouvelle. C'est une lecture agréable et parfaite entre deux gros bouquins. On passe un bon moment et cette nouvelle nous fait réfléchir à beaucoup de choses. Qu'est ce que l'on ferait, nous, à la place du père, du fils malade, de l'enfant qui court dans Paris ou encore de la mère ? De question en question, Michèle Devernay nous transporte dans son monde steampunk où la condition de la vie humaine est portée à réflexion.

Vous pouvez retrouver cette nouvelle sur le site des Éditions du 38

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