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mercredi 26 juin 2024

Trilogie d'une Nuit d'Hiver, tome 1 : L'ours et le rossignol - Katherine Arden

Trilogie d'une Nuit d'Hiver, tome 1 : L'ours et le rossignol (The Bear and the Nightingale) - Katherine Arden

Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Note : 3 / 5

Encore un livre dont je n'ai lu que des éloges mais que de mon côté je n'ai pas spécialement apprécié. Ce n'est pas une lecture que j'ai détesté non plus, mais j'ai trouvé le récit vraiment prévisible et pas très original. C'est une lecture que je vais très vite oublier.

Le problème principal que j'ai rencontré en lisant ce premier tome c'est que j'ai eu l'impression de ne pas avancer dans l'histoire et de m'ennuyer tout du long. Suivre le personnage principal dès sa naissance, ça passe ou ça casse, et clairement dans ce livre j'ai trouvé ça très ennuyeux. De plus, Vasya est une petite fille capricieuse et rebelle, je l'ai trouvée un peu pénible. Les quelques rebondissements dans sa jeune vie sont vraiment prévisibles ou alors complètement inutiles (j'imagine que ce collier dont on entend parler pendant des plombes aura une utilité dans les autres tomes car pour l'instant il ne sert à RIEN !) ; je n'attendais donc qu'une chose : qu'elle passe enfin à l'âge adulte ! Et cela se fait étrangement d'un coup, alors qu'on se traine une gamine depuis des pages et des pages, sa façon de parler évolue d'un coup, j'ai trouvé ça extrêmement maladroit...

J'ai plutôt bien aimé l'opposition christianisme / religion païenne qui est au centre du récit, mais encore une fois qu'est ce que c'est long !! Après l'introduction des différents esprits inspirés par la mythologie Russe et après avoir suivi l'évolution de la relation entre eux et Vasya, ça devient de nouveau hyper long. C'est bon, on a compris que le christianisme est mauvais et fait disparaître les esprits. Et qu'en détruisant ces croyances païennes, cela met en danger tout le hameau. Mais non, l'auteure tartine ça pendant des pages et des pages et ça gâche tout. J'ai pourtant adoré le personnage de Konstantin, un prêtre qui sous couvert de mission divine va se montrer très cruel et tenir d'une main de fer le hameau. Au final je l'ai trouvé beaucoup plus machiavélique et un personnage beaucoup plus complexe et intéressant que Medved qui est censé être le méchant, l' "ours" démoniaque de l'histoire. Les esprits sont en général vraiment sous exploités selon moi et c'est tellement dommage...

Mais je crois que c'est surtout le style de l'auteure qui a beaucoup gâché ma lecture. Elle a voulu écrire l'histoire comme un conte, c'est très peu descriptif, beaucoup de choses sont éludées et se veulent normales, mais j'ai trouvé que ça ne marchait pas. De nombreux moments m'ont également parus bizarres, sa façon d'écrire est vraiment maladroite et je n'arrivais pas à m'imaginer les scènes. Le merveilleux ne prend pas car c'est trop flou, on y croit pas. 

Je suis vraiment passée complètement à côté de ce livre et je ne pense pas lire la suite.

L'ours et le rossignol
8,80€ / 435 pages / 9782072886249

mercredi 25 mai 2022

D'or et d'oreillers - Flore Vesco #PLIB2022

D'or et d'oreillers  - Flore Vesco

C'est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, sans parent, ni chaperon, dans ce lit d'une hauteur invraisemblable. Pour l'heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. 
Mais voici que lord Handerson propose à Sadima de passer l'épreuve. Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n'a pourtant rien d'une princesse au petit pois ! Et c'est tant mieux, car nous ne sommes pas dans un conte de fées mais dans une histoire d'amour et de sorcellerie où l'on apprend ce que les jeunes filles font en secret, la nuit, dans leur lit...

Note : 3 / 5

J'adore les réécritures de contes, j'avais donc très hâte de me plonger dans ce livre. J'ai beaucoup apprécié ma lecture et j'ai adoré découvrir les secrets de ce conte revisité car nous sommes très loin de l'histoire classique de La princesse au petit pois !

Je suis très vite tombée amoureuse du style de Flore Vesco. C'est mon tout premier livre de cette auteure, je ne saurais donc dire si le style utilisé ici est son style habituel ou non, mais il fonctionne très très bien pour une réécriture de conte ! On retrouve cette touche de merveilleux qu'il y a dans les contes classiques, sa plume est très poétique, les métaphores et comparaisons sont souvent fantasques et étonnantes, ça marche super bien et plonge complètement le lecteur dans une ambiance féérique.

L'histoire, malheureusement, ne m'a pas autant plu que ce que j'aurais aimé. Le début commence comme dans le conte, les jeunes filles viennent passer une nuit dans l'étrange demeure et la chambre où un lit vertigineux fait de plusieurs matelas empilés trône dans le pièce. Et même si l'histoire finit par prendre un tout autre tournant, j'ai malheureusement très vite deviné les secrets et particularités de cette réécriture.

J'ai également eu un petit peu de mal avec le personnage principal, une femme de chambre qui du coup a tout vu dans sa vie et se veut femme forte. A côté les jeunes filles riches de bonne famille semblent obligatoirement être au choix méchantes/niaises/fragiles et sont vraiment dépréciées dans ce livre. J'aurais aimé trouver un peu plus de nuance.

L'histoire d'amour est plutôt mignonne et bien faite, il y a des moments sensuels mais l'auteure s'arrête toujours avant les choses sérieuses, ce qui m'a semblé un peu dommage. Ca reste un livre jeunesse donc on en parle mais de façon subtile...

La fin m'a semblée un peu vite expédiée mais j'ai aimé l'épilogue. Ce fut une bonne lecture mais je crois que j'en attendais tout simplement plus. J'ai entendu vraiment que du bien de ce livre, je pensais donc avoir une pépite entre les mains mais ce fut une lecture sans grande surprise au final.


D'or et d'oreillers
16,00€ / 234 pages / #ISBN9782211310239

mercredi 21 juillet 2021

Rouge - Pascaline Nolot #PLIB2021


Rouge - Pascaline Nolot

"Ce qu'il vit avant tout, c'était l'immonde coloris écarlate qui rongeait à moitié le nouveau-né ainsi que l'infâme petite boule de peau surplombant son regard. Le monstre avait engendré un autre monstre ! 
- Comment devons-nous l'appeler ? lui demanda la vieille femme. 
Il contempla le nourrisson en pleurs avec aversion. Puis il vomit sa sentence en un mot : 
- Rouge !" 

Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois-Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C'est là que survit Rouge, rejetée à cause d'une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu'il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal. 
Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d'autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s'engager dans les bois afin d'y rejoindre l'inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s'en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n'est jamais revenue...

Note : 3,5 / 5

Si je m'attendais à un récit plus horrifique et que j'aurais aimé moins de longueurs, j'ai tout de même été emportée par ce récit dénonciateur, une réécriture subtile du chaperon rouge façon chasse aux sorcières qui fait la part belle aux différences.

Dès les premières pages, j'ai adoré l'ambiance et le désespoir qui se dégage du récit. Nous suivons Rouge, une jeune fille persécutée par sa différence et qu'on dit être la fille de Lucifer en personne. Son histoire va nous apparaître petit à petit au travers de flashback, puis de révélations après avoir atteint la chaumière de la Grand-Mère, cette sorcière qui réclame à Malombre ses filles à cause d'un sombre marché. Rien n'est épargné à Rouge, le récit est fort, sombre, et on se demande à chaque fois quel nouvel obstacle va devoir franchir la jeune fille.

Malheureusement j'ai trouvé le récit un peu long. Les personnages ressassent beaucoup, on change parfois de point de vue pour nous répéter ce que l'on sait déjà et c'est assez pénible. J'ai également trouvé que l'histoire mettait une éternité à atteindre le moment où Rouge arrive à la chaumière de la Grand-Mère. Au final les révélations sont assez surprenantes, j'ai vraiment aimé la façon dont l'auteure traite la noirceur humaine, avec beaucoup de nuances. J'aurais aimé que celle ci soit plus cru, que certaines scènes soient plus poussées, notamment les scènes de viols, mais bon, n'oublions pas que c'est un livre jeunesse...

Les thèmes de ce livre sont importants et intéressants. On parle de différence, consentement, de place de la femme et d'apparence. Dommage que ces sujets soient noyés dans un style trop soutenu et parfois trop longuet. Le livre aurait gagné à être plus court pour donner le vrai coup de poing attendu.


Rouge
17,00€ / 312 pages / #ISBN9782354887858

mercredi 19 mai 2021

L'Ascension de Camelot, tome 1 : La Duperie de Guenièvre - Kiersten White


L'Ascension de Camelot, tome 1 : La Duperie de Guenièvre (Camelot Rising, book 1 : The Guinevere Deception)Kiersten White

La princesse Guenièvre arrive à Camelot pour épouser le charismatique Roi Arthur, mais elle n’est pas celle qu’elle prétend être. Son vrai nom et sa véritable identité sont un secret. 
La magie a été interdite dans le royaume et le sorcier Merlin qui en a été banni a trouvé un moyen de protéger le roi : faire de Guenièvre sa femme… et sa protectrice contre ceux qui veulent voir la ville du jeune souverain tomber. 
Pour sauver la vie d’Arthur, sa nouvelle épouse va devoir naviguer dans une cour où les anciennes valeurs qui s’opposent au changement côtoient de nouvelles voix qui se battent pour un monde meilleur. 
Mais au cœur de la forêt et dans les sombres profondeurs des lacs, la plus terrible des menaces attend pour récupérer ce qui lui est dû… Les chevaliers d’Arthur croient qu’ils sont assez forts pour faire face à n’importe quel danger, mais Guenièvre sait qu’il faudra bien plus que des épées pour garder Camelot libre. 
Des joutes meurtrières aux trahisons et aux romances interdites, La duperie de Guenièvre propose une lecture inédite et fascinante de la plus grande des légendes. Le combat entre la magie et le fer, le bien et le mal. Une œuvre forte, novatrice et indispensable.

Note : 4 / 5


Je suis toujours curieuse de lire des réécritures des légendes arthuriennes qui sont des histoires qui me passionnent et je dois dire que ce livre a su compiler tout ce que j'aimais dans ces légendes.

La première chose qui m'a complètement charmée et intriguée est la magie. J'ai adoré découvrir la façon dont Guenièvre l'utilise, en faisant des nœuds dans diverses choses (des cheveux, du métal...) et en traçant des signes dans des éléments naturels. L'utilisation de la magie et sa dualité est vraiment originale et super intéressante.

L'histoire reprend beaucoup d'éléments déjà vus dans d'autres adaptations : la magie qui a été bannie de Camelot, la duplicité de Mordred et de Merlin, le passé d'Arthur qui est assez classique ; mais l'auteure a changé quelques détails pour vraiment s'approprier l'histoire, et ça marche !

Alors oui, ce premier tome est assez introductif, plutôt lent, mais de mon côté ça ne m'a pas gêné du tout. J'ai adoré l'ambiance parfois pesante de cette menace que l'on sent arriver mais dont on ne connait pas encore la nature. J'ai également beaucoup aimé l'évolution de la relation entre Arthur et Guenièvre. Leur mariage a été arrangé, ils ne se connaissaient pas avant, mais ils vont rapidement se faire confiance et devenir vraiment importants l'un pour l'autre. La relation entre Guenièvre et Brangian, sa demoiselle de compagnie, est aussi ultra touchante. Et puis Lancelot, Lancelot ! Ce personnage est génial dans ce livre ! En revanche, comme souvent les derniers temps : j'ai du mal avec l'âge des personnages. Guenièvre a 16 ans dans ce livre et ça aurait été tellement mieux si tous les personnages étaient plus âgés !

Maintenant que l'histoire est bien posée et les choix de l'auteure clairs quant à quel chemin elle souhaitait faire prendre à la légende (car il y a vraiment plein de versions différentes de la légende arthurienne et je dois dire qu'elle a choisi vraiment tout ce qui me plait niveau personnages, relations entre eux et importance de la magie), je n'ai tout simplement qu'une hâte c'est de me plonger dans la suite !


La Duperie de Guenièvre
17,90€ / 408 pages / 9782378760540

mercredi 11 avril 2018

Le lac des cygnes - Alice Sola


Le lac des cygnes - Alice Sola

Lorsque le prince Siegfried s’aventure en forêt ce soir-là, pour oublier les injonctions au mariage qui le pressent et le poids du royaume qui l’incombe, il s’attendait à tout sauf à croiser le chemin tortueux de l’intrigante Odette. Fasciné par la demoiselle et ses soeurs, prisonnières d’un antique sortilège, il voit là la quête de son existence et se fait la promesse de leur venir en aide. Mais a-t-il seulement conscience du danger qui rôde dans les bois et des ténèbres qui entourent la princesse ? Osera-t-il se confronter aux démons qui tirent les ficelles de ce jeu malsain, au risque de mettre en péril la vie d’Odette ? Autour d’un lac aux eaux teintées par une magie surannée, vont se jouer les destins croisés de Siegfried et d’Odette, des jeune-filles maudites, de Benno Von Sommerstern, le frère d’armes du prince mais aussi de la mystérieuse Odile qui ressemble tant à la princesse … Sous la douce plume d’Alice Sola, redécouvrez la légende qui a inspiré le ballet de Tchaïkovski !

Note : 2,5 / 5


Pour cette toute nouvelle parution de Magic Mirror éditions, j'ai une nouvelle fois pu la découvrir avant tout le monde grâce à la maison d'édition que je remercie et me plonger dans la réécriture d'un conte mais avant tout d'un ballet que j'aime particulièrement.

Tout le monde le connaît ce ballet, mais est-ce que vous connaissez le conte qui l'a inspiré ? Comme pour les parutions précédentes, la maison d'édition a eu la bonne idée de nous le proposer à la fin du livre, et c'est ce par quoi j'ai commencé. Je ne connaissais pas du tout le conte original et j'avais envie de le lire avant de me plonger dans la version d'Alice Sola. Et je dois dire que l'histoire du conte est très différente et m'a beaucoup plus plu que celle du ballet.

Mais la réécriture d'Alice Sola se concentre sur la version la plus connue, celle du ballet. Au début j'ai eu très peur que l'auteure ne calque trop l'histoire : nous suivons Siegfried dont la mère veut absolument qu'il se marie et lui impose un bal où toutes les jeunes filles du royaume sont invitées. Il va devoir faire son choix durant cette même soirée. Mais, bien entendu, il va rencontrer Odette quelques jours avant lors d'une partie de chasse et tomber amoureux d'elle. Odette étant victime d'une malédiction, il va tout faire pour l'aider.

Heureusement, l'auteure introduit petit à petit des touches personnelles comme le palais souterrain du grand-père d'Odette, va donner une grande importance aux amis de Siegfried et humaniser le personnage d'Odile qui est au final devenu mon personnage préféré. Le récit m'a tout de même paru tirer en longueur, l'auteure exagérant trop de choses pour rendre le livre plus long. Paradoxalement, j'ai trouvé que Siegfried et Odette se tombaient un peu trop vite dans les bras. Et, dernier point négatif, certaines scènes vont vraiment dans tous les sens, particulièrement les scènes de combat où je n'ai pas toujours compris les enjeux et la conclusion.

Il y a beaucoup de choses que je n'ai pas aimé dans ce livre et pourtant certaines scènes m'ont vraiment marqué. Rothbar et la belle-mère d'Odette sont absolument monstrueux et Alice Sola a vraiment réussi à retranscrire par les mots toute l'horreur qu'ils inspirent. Le palais cité plus haut est un endroit que j'ai énormément apprécié, tout comme les moments dans l'intimité et le destin terrible d'Odette et ses sœurs.

Mais la fin a selon moi tout gâché. S'il y avait bien une chose à garder du ballet c'était cette fin tragique, or Alice Sola a décidé d'opter pour une happy end mielleuse à souhait et pas forcément très bien amenée...

Cette troisième parution des éditions Magic Mirror ne m'a donc pas vraiment plu. C'est une réécriture un peu trop entendue et j'aurais aimé que l'auteure y mette un peu plus sa propre touche.

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mercredi 15 mars 2017

Ronces Blanches et Roses Rouges - Laetitia Arnould



Ronces Blanches et Roses Rouges - Laetitia Arnould

Orphelines d'un passé dont elles n'ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu'inséparables. 
Pour échapper au mariage qui l'effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite. 
Au cœur d'une fôret obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir chercher sa sœur. 
Quitte à affronter l'ours qui rôde dans son sillage. 
Quitte à suivre les ronces blanches et les roses rouges. 
Quitte à croire en la magie. 
Mais c'est sans compter sur l'énigmatique pianiste qui compse une toile de mélodies enivrantes, dans son château où la nuit est synonyme de toujours... 
La musique, le désir de vengeance, l'amour véritable comme l'attirance malsaine tissent les fils rouges et blancs qui se croisent et se nouent jusqu'à la fin de ce récit enchanteur, inspiré par le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge.

Note : 3,5 / 5


Magic Mirror est une toute jeune maison d'édition spécialisée dans le merveilleux. Leur première production, Ronces Blanches et Roses Rouges, sortie le 27 Février, revisite le conte de Blanche-Neige. Premier voyage plutôt réussi ! L'auteure maîtrise vraiment le genre et arrive à complètement transporter le lecteur.

Si vous ne connaissez que la version Walt Disney du conte de Blanche-Neige, je vous conseille vivement de commencer par la fin du livre où l'éditeur a eu la bonne idée de nous proposer le conte original des frères Grimm. Walt Disney a en effet pris un peu trop de liberté dans l'adaptation de ce conte et si vous ne lisez pas l'original avant vous serez surpris par la réécriture de Laetitia Arnould.

Le début du conte de Laetitia Arnould nous permet de suivre la vie de Blanche et de sa sœur Rose, vie chamboulée par une étrange catastrophe qui leur a fait perdre la mémoire. Mme Whitecomb qui a recueilli les deux petites filles les élève dans une petite chaumière perdue dans une forêt où rôde un ours et où les tempêtes surgissent sans prévenir. J'ai trouvé le début un peu long, le récit reste mystérieux et évasif, le lecteur est impatient de voir l'histoire avancer et cela tarde.

Heureusement, le merveilleux que nous promet la maison d'édition arrive, lui, très rapidement. Il y a tout d'abord leur père et sa magie. Puis ces ronces blanches qui entourent la maison et semblent dotées d'une vie propre. Enfin tout s'accélère lorsque Blanche s'enfuit pour échapper au mariage arrangé par Mme Whitecomb. Le livre revêt soudain une toute autre ambiance, sombre, mystérieuse, à mesure qu'elle s'enfonce dans la forêt et rejoint finalement un étrange château. Les situations invraisemblables et inexplicables caractéristiques des contes continuent d'affluer, le mystère autour des deux jeunes filles s'épaissit et j'ai adoré en imaginer la conclusion. Le lecteur est totalement transporté par ce récit parfois cauchemardesque, les illusions, les mensonges...

Cette ambiance étrange propre aux contes est aussi portée par les différents personnages que vont croiser Blanche et sa sœur. Mme Whitecomb tout d'abord, qui s'isole tous les jours dans son étrange laboratoire et semble cacher beaucoup de choses. L'ours, une menace omniprésente, avec ses grognements qui déchirent la nuit, et qui s'avère au final être le véritable personnage principal de l'histoire selon moi. Le pianiste qui va sans aucun doute ravir votre cœur et vous le chambouler plus d'une fois. Il y a aussi, bien sur, un nain, mais qui est loin d'être sympathique. Et enfin Blanche elle même va très souvent nous angoisser en nous faisant part de ses pensées et ses inquiétudes.

Ce livre est cependant parfois un peu maladroit. J'ai justement trouvé que les pensées de Blanche étaient trop présentes. Certaines scènes passent beaucoup trop rapidement (j'aurais aimé rester plus longtemps dans le château et que l'auteur développe plus ces moments hors du temps et angoissants que Blanche y passe) alors que l'auteur s'attarde ensuite beaucoup sur les réflexions de Blanche. Celles ci cassent d'ailleurs parfois cette ambiance mystérieuse que j'ai tant aimé, tout comme les dialogues qui ne collent parfois pas avec le reste du récit. J'ai trouvé que Rose, la sœur de Blanche, était un peu trop mise à l'écart. L'épilogue ne m'a pas plus, trop mielleux, trop Happy Ending. Pour une fois j'aurais aimé une fin plus ouverte qui aurait mieux collé avec l'ambiance.


Malgré quelques maladresses, Ronces Blanches et Roses Rouges reste un livre totalement addictif. Le lecteur est complètement happé par cette ambiance mystérieuse, il veut connaître le fin mot de l'histoire, pourquoi on semble s'acharner sur ces deux jeunes filles. La conclusion, si on exclu l'épilogue, est vraiment à la hauteur, épique et palpitante. J'ai adoré mon voyage merveilleux et je remercie les éditions Magic Mirror pour leur confiance. Bon courage pour la suite (que je vais continuer à soutenir avec plaisir !) et bravo pour cette première production !


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Réécritures de contes :
  

lundi 8 juin 2015

Animale - Victor Dixen

Animale, la Malédiction de Boucle d'Or - Victor Dixen

Et si le conte le plus innocent dissimulait l'histoire d'amour la plus terrifiante ? 1832. Blonde, dix-sept ans, orpheline, vit depuis toujours dans un couvent, entourée de mystères. Pourquoi les soeurs l'obligent-elles à couvrir ses cheveux d'or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes noires ? Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé ? Quelle est la cause de ses évanouissements fréquents ? Blonde est différente et rêve de se mettre en quête de vérité. Alors qu'elle s'enfuit du couvent pour remonter le fil du passé, elle se découvre un côté obscur, une part animale : il y a au coeur de son histoire un terrible secret.

Note : 4 / 5


J'ai toujours adoré les contes, ces histoires à la fois insouciantes et violentes. Animale, loin d'être une simple réécriture du conte de Boucle d'Or, essaye de de se détacher de cette insouciance et de nous raconter la véritable histoire de cette jeune fille et des trois ours.

Le début du livre où l'on retrouve Blonde, l'héroïne, au couvent de Sainte-Ursule, commence avec insouciance. On rentre très vite dans l'histoire grâce au style fluide et agréable de Victor Dixen et à ses sympathiques métaphores qui m'ont plusieurs fois fait sourire. L'histoire avance vite, commence très tôt à soulever des questions et cette insouciance se transforme au fur et à mesure que les pièces du puzzle formants l'histoire de Blonde et de ses parents s'assemblent. Si j'aurais aimé que cette transformation soit plus rapide (il y a quelques longueurs dans le récit, les réponses aux questions tardent et le lecteur a mille fois le temps d'y répondre de lui même avant d'avoir enfin la réponse dans le livre) j'ai vraiment adoré l'histoire et l'interprétation de ce conte par Victor Dixen.

Comme dit plus haut, l'héroïne est incontestablement Blonde, c'est son histoire que l'on suit et son passé et celui de ses parents que l'on essaye de découvrir avec elle. Je me suis cependant sentie plus proche de ses parents que l'on découvre à travers différents dossiers d'enquêtes et lettres. C'est leur histoire avant tout qui m'a fait continuer ma lecture et qui m'a le plus touché. La romance de Blonde ne m'a en effet pas ému plus que ça, elle manquait de profondeur et se traduisait par un simple coup de foudre, les différentes ellipses n'aidant pas à développer de l'attachement pour le couple. Il faudra attendre la fin du livre pour qu'ils finissent par m'attendrir, alors que leurs échanges au début me paraissaient vraiment longs. Le problème vient selon moi que les récits rapportés (par les lettres ou les dossiers d'enquêtes) ou racontés (par les différents personnages que croise Blonde) étaient mieux ficelés et plus prenants. Le récit de Blonde semblait plus lent et moins intéressant car elle ne faisait que se poser des questions et faire des commentaires sur les lettres et les dossiers d'enquêtes qu'elle lisait, ce qui retardait l'avancée de son histoire à elle. J'ai cependant aimé que les différentes parties du livre soient si différentes (mise en abyme avec les lettres et les dossiers d'enquêtes, point de vue de Gaspard, journal de Blonde) mais j'avais aussi l'impression que ça cassait un peu le rythme du récit.

J'ai aimé re-découvrir ce conte sous fond d'empire napoléonien et de campagne de Russie, un mélange ingénieux qui marchait vraiment bien. Si je ne suis pas familière avec les pratiques religieuses catholiques que l'on retrouve au début du récit, les endroits, Moselle en Lorraine, les Vosges, sont vraiment près de là ou j'habite, en Alsace, et m'ont donc paru familiers. J'ai particulièrement aimé suivre Blonde à Épinal où je me suis rendue il n'y a pas très longtemps pour les Imaginales.

Si ce n'est pas un coup de cœur, il faut avouer que le conte Boucle d'Or à la sauce Victor Dixen est vraiment surprenant et bien pensé. Si je n'ai malheureusement pas toujours accroché avec les choix narratifs de l'auteur ni au rythme du récit, il a vraiment su me convaincre avec son interprétation qui, au final, est peut-être vraiment la véritable histoire de Boucle d'Or, qui sait ?


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samedi 21 mars 2015

Les Chroniques Lunaires, tome 1 : Cinder - Marissa Meyer



Les Chroniques Lunaires, tome 1 : Cinder  - Marissa Meyer

A New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l'atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. A seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu'elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre. Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie - son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu'éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n'a aucune chance de s'épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune ! Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l'humanité est peut-être entre ses mains.

Note : 4 / 5


Comme j'ai mis un temps fou à lire le dernier chapitre (je ne voulais pas que le livre se termine !) je ne me souviens plus vraiment de ce que j'avais envie de dire sur ce livre. Mais une chose est sure : j'ai adoré !

On m'a présenté ce livre comme étant une réécriture futuriste du conte Cendrillon (Cinderella en anglais, d'où le titre du livre, le prénom de l'héroïne, Cinder) et j'en ai découvert beaucoup plus que ce à quoi je m'attendais en me plongeant enfin dans ce livre ! Marissa Meyer fait preuve d'une originalité vraiment épatente, si bien que ce livre finit par être bien plus qu'une simple réécriture. Elle y a ajouté des tas de personnages vraiment intéressants (comme Levana ou le docteur) tout en gardant le prince, la belle-mère et les belles-sœurs par exemple. On ressent bien les thèmes du conte original alors que les personnages évoluent dans un environnement totalement différent. Un mélange donc vraiment super sympa et bien pensé. On est plongé dedans tout de suite et on ne peut que difficilement lâcher le livre par la suite.

J'ai lu le livre en anglais et je l'ai trouvé assez facile à suivre. J'ai beaucoup aimé changer de point de vue d'un chapitre à l'autre, passer de Cinder au prince Kai m'a vraiment plu car Cinder a un caractère plutôt fort qui aurait pu vite devenir agaçant.

Le seul regret que je pourrais avoir est que beaucoup de choses me sont apparues évidentes, prévisibles. Mais comme les réponses arrivent vraiment à la fin, c'est plutôt plaisant de pouvoir crier "je le savais !" quand on a enfin la réponse ! La fin m'a aussi un peu frustrée parce que bah... c'est pas une fin ! La suite continue dans le tome d'après alors que je pensais que chaque tome suivait un personnage différent, avec son histoire propre. Mais le fait que tout finisse par se mélanger ne me déplaît pas au final. Et du coup j'ai vraiment hâte de lire la suite !

Ma chronique arrive un peu après la bataille car je pense que tout le monde a déjà au moins lu le premier tome de cette série, mais pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait : jetez vous sur Cinder, c'est vraiment un super roman, original et bien pensé !


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