mercredi 30 septembre 2020

Une sirène à Paris - Mathias Malzieu

Une sirène à Paris - Mathias Malzieu

Juin 2016, la Seine est en crue et Gaspard Snow trouve sur les quais une sirène blessée qu'il ramène chez lui. Elle lui explique que tous les hommes qui entendent sa voix tombent amoureux d'elle et en meurent, mais, convaincu que son coeur est immunisé depuis sa rupture, Gaspard décide de la garder jusqu'au lendemain dans sa baignoire.

Note : 3 / 5

Une sirène à Paris fut ma toute première expérience d'audiolecture et je dois dire que ce livre s'y prêtait vraiment bien. La musique est toujours très importante dans les livres de Mathias Malzieu (lui même chanteur de son groupe Dionysos), écouter l'auteur raconter son propre livre en y glissant quelques mélodies donne ainsi une vraie consistance au récit et le rend extrêmement vivant !

Mais l'histoire est malheureusement beaucoup trop classique. Elle fait beaucoup penser au film Splash (un vieux film de 1984 avec Tom Hanks) à ceci près que cela se passe à Paris. La Seine est en crue et va recracher Lula, une sirène, que Gaspard va sauver et dont il va, forcément, tomber amoureux.

Amour impossible, plume poétique, ambiance feutrée du Flower Burger, c'est du 100% Mathias Malzieu, et c'est bien le problème. Je n'ai rien trouvé d'original dans ce livre, pas d'étincelles, pas d'émotion. On se rend compte que les livres de l'auteur finissent par tous se ressembler, on se lasse de ses phrases ultra imagées, de ses références à la pop culture et de ses histoires d'amour un peu naïves.

Mais ça se lit (ou plutôt, dans mon cas, ça s'écoute), ça ne prend pas la tête et on passe tout de même un bon moment. Ce livre doit être vraiment sympa si l'on ne connaît pas les autres récits de l'auteur, sinon, ça lasse.


Une sirène à Paris
17,90€ / 4h34 / 9782367629056

mercredi 23 septembre 2020

Trois hourras pour Lady Evangeline - Jean-Claude Dunyach


Trois hourras pour Lady Evangeline - Jean-Claude Dunyach

Le Temps Incertain était l’un des plus puissants bâtiments militaires de sa catégorie. Il mit quatorze heures à mourir. 
Au voisinage d’Esméralda, les rides de l’espace-Tau annoncèrent sa venue et froissèrent temporairement l’espace local. Si un quelconque caillou errant avait été assez gros pour endommager le vaisseau, il aurait été repoussé hors de portée. 
Mais ce qui se tenait là était trop minuscule pour être affecté. Du moins au début.
Évangeline, jeune fille de bonne famille à la conduite dévergondée, est envoyée par son père diplomate sur un planétoïde école. Mais une étrange population d’insectes en prend le contrôle. Seule Évangeline en réchappe, au prix d’une métamorphose qui la terrifie. 
Cependant, à quatorze sauts-Tau de là, le bâtiment de son père est confronté à un ennemi terrifiant : un nuage de particules intelligentes dévore littéralement les vaisseaux et les colonies humaines. 
Pour survivre, Évangeline et son père vont devoir accepter leurs différences et unir leurs forces. Si c’est encore possible.

Note : 3,5 / 5

Attirée par la couverture, j'avais hâte de découvrir un nouveau livre de SF française car généralement c'est plein de bonnes idées. Trois Hourras pour Lady Evangeline fut une lecture en demi teinte, mais je n'ai pas été déçue.

Dès les premières pages, ça va très vite. L'écriture est percutante, directe et très imagée. J'ai vraiment adoré le début. Le lecteur découvre ce nouvel ennemi de l'humanité, ce nuage qui dévore tout sur son passage et qui devient de plus en plus intelligent. Il y a très peu de dialogue, tout se passe en descriptions, la plupart du temps au présent, transmettant ainsi un rythme soutenu, le récit est dans l'urgence, le danger.

Puis nous découvrons le personnage d'Evangeline qui a été envoyée sur une petite planète école très stricte par ses parents. Elle va elle aussi rencontrer une forme extra-terrestre qui va la menacer, puis petit à petit l'accepter. Au début j'ai pensé que les deux entités extra-terrestres étaient les mêmes, alors qu'en fait pas du tout, et je n'ai pas très bien compris ce choix.

Evangeline est un personnage que j'ai eu beaucoup de mal à apprécier. Elle est vulgaire, mal dans sa peau et soigne son manque de confiance en elle par le sexe. Elle enchaîne les conquêtes et les situations embarrassantes, ce qui a obligé ses parents à l'exiler du vaisseau sur cette planète où elle va faire une rencontre qui va un peu plus la diriger vers la décadence.

Les changements qui vont opérer en elle sont suintants, dérangeants et vraiment dégoutants. Mais j'ai trouvé tout le processus tellement fascinant ! Cette ruche d'insectes dont elle va petit à petit prendre le contrôle a une hiérarchie et des codes vraiment particuliers et j'ai adoré les découvrir.

Mais j'ai trouvé que le livre avait un problème de rythme. Certains passages m'ont semblé fades et inutiles. A partir du moment où Evangeline quitte sa planète j'ai petit à petit fini par me lasser et trouver le livre long. Je n'ai pas non plus aimé la fin qui met beaucoup de temps à se mettre en place pour pas grand chose.

Ce livre a d'abord été une nouvelle publiée dans Bifrost et je pense qu'il n'était peut être pas nécessaire de la développer pour sortir ce livre. Mais j'ai vraiment adoré les idées de l'auteur et sa façon d'écrire.


Trois hourras pour Lady Evangeline
16,90€ / 234 pages / 9791036000096