mercredi 13 mai 2020

Cogito - Victor Dixen


Cogito - Victor Dixen

Un don du ciel... 
Roxane, dix-huit ans, a plongé dans la délinquance quand ses parents ont perdu leur emploi, remplacés par des robots. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d'Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale, une nouvelle technologie promettant de transformer n'importe qui en génie. 
...ou un pacte avec le diable ? 
Pour les vacances de printemps, Roxane s'envole pour les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste entièrement dédié au cyber-bachotage. Mais cette méthode expérimentale qui utilise l'intelligence artificielle pour " améliorer " la substance même de l'esprit humain est-elle vraiment sûre ? En offrant son cerveau à la science, Roxane a-t-elle vendu son âme au diable ? Demain, l'intelligence artificielle envahira toutes les strates de la société. 
L'ultime frontière sera notre cerveau.

Note : 3 / 5


Reçu dans la box Mille et un livres spéciale Victor Dixen, j'ai mis un peu de temps avant de le lire car j'en avais vraiment marre de le voir partout. Maintenant que la vague est un peu retombée je le découvre enfin et je me rends compte que les livres de Victor Dixen ne sont tout simplement plus fait pour moi.

Dans le genre science-fiction, les livres d'anticipation comme Cogito sont généralement ceux que j'aime le moins. Moi ce que j'aime c'est l'espace, les nouvelles races et cultures, être vraiment dépaysée quoi. Mais je dois dire que le monde futuriste créé par Victor Dixen m'a beaucoup plu. J'ai tout de suite réussi à me le représenter. Cette société hyper connectée où les robots prennent beaucoup de place est vraiment intéressante.

Mais ces robots ne font pas que le bien. C'est tout le propos du livre d'ailleurs : réussir à trouver un équilibre entre les humains et les machines. Roxane, le personnage principal, est le fruit des problèmes de cette société. Père alcoolique, mère décédée dans un accident de travail, la famille de Roxane chute de plus en plus à mesure que les robots prennent toujours plus de place dans la société. Ses parents étaient comptables et vivaient très bien avant d'être remplacés par des robots. Maintenant ils vivent dans les étages les plus bas du Bois-Joli et Roxane sombre dans la délinquance. Sa seule chance d'échapper à son groupe de copines qui la tire vers le bas est de réussir son BAC. Mais pour avoir accès aux corporations et à un avenir, il faut viser le 19,5/20 ! Sa seule solution : être acceptée en tant que boursière au stage de programmation neuronale de Noosynth (spoiler alert : elle va être prise)

Mais dès les premières pages aux côtés de Roxane je déchante : le récit à la première personne nous annonce tout de suite qu'on va devoir être collé aux baskets de ce personnage. Et ce personnage est tellement cliché (on parle de mèche devant les yeux, de collier à clous et de rouge à lèvre noir quand même) que j'ai eu du mal à m'y attacher. Victor Dixen s'est peut-être un peu trop forcé pour plaire aux jeunes. Et ça ne se limite pas qu'à Roxane, il y a aussi une bonne dose de romance gentillette, des passages éducatif (qui sont intéressants, mais restent beaucoup trop en surface -faudrait pas perdre les ados !), de la recherche de soi, de l'héroïsme et une fin carrément utopique (et du coup pas du tout plausible) Bref, il coche les cases. Mais ce qui est étonnant c'est que c'est vraiment maîtrisé, c'est bien écrit, on sent que Victor Dixen a bossé, qu'il a fait des recherches, qu'il a voulu bien faire. Mais avec moi, ça ne marche plus. C'est beaucoup trop jeunesse, beaucoup trop propre !

Et c'est dommage parce que du coup tout est en surface. Ses propos autour de l'intelligence artificielle sont vraiment intéressants mais il ne va pas assez loin. C'est une dissertation parfaite, comme celle que l'on attend au lycée : il utilise les propos des grands noms de la philosophie et de la science pour appuyer le sien et faire avancer son histoire. Mais il ne transcende pas toutes ces pensées, il en fait simplement un catalogue jusqu'au point de rupture classique où la machine se retourne contre son créateur.

Mais les ados vont adorer ! Le livre coche toutes les cases qu'il faut, il est parfait. Victor Dixen a vraiment bossé pour qu'il le soit et j'en suis vraiment admirative. Mais avec moi ça ne marche plus, ça ne m'intéresse plus. J'attends vraiment autre chose de mes lectures. Bref, je suis vieille. Mais ça ne m'empêchera pas de le conseiller.


" Les livres sont des armes pour survivre, [...] leurs histoires nous aident à surmonter les épreuves de la vie. " - Cogito


Cogito
19,90€ / 537 pages / 9782221241721

mercredi 6 mai 2020

Silo, tome 1 - Hugh Howey


Silo, tome 1 (Wool)Hugh Howey

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres. 
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo. 
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.
Note : 4,5 / 5


La critique de mon chéri :

Las de me voir vagabonder pendant des heures dans les terres désolées de Fallout votre hôte habituelle m'a convaincu de lui laisser la console pour aller lire Silo. Je n'ai effectivement pas été dépaysé les deux partagent le même contexte mais à l'inverse de Fallout, il n'est pas question de sortir dans Silo

Avant toute chose, la genèse épisodique de Silo lui offre une entrée en matière des plus exaltantes. Les premiers chapitres se détachent quelque peu du reste de l'histoire mais ont l'avantage de nous mettre immédiatement au cœur de l'action et des manigances qui feront toute la verve du livre. Ce qui fait que nous sommes très vite happé dans l'univers riche mais restreint du silo.

Après cette ouverture sans concessions, le rythme se calmera un peu pour développer plus profondément tous les aspects de la vie dans le silo. Le silo se compose d'une centaine d'étages qui séparent les mécaniciens et leur machinerie des bureaux administratifs servant de mairie et commissariat. Bien sûr, les mécanos vivent dans l'obscurité des étages les plus enfouis tandis que les personnes de pouvoir au plus proche de la surface profitent de la vue. Pourtant c'est bien dans les profondeurs du silo que se joue sa survie puisque tous les mécanismes de purification de l'air, de production d'électricité et de nourriture s'y trouvent. Les choses semblent amenées à changer lorsque c'est Julie, technicienne de son état, qui est choisie pour remplacer l'ancien shérif. C'est par l'intermédiaire de son ascension que nous en apprendrons plus sur le fonctionnement du silo. Rapidement, avec les premiers questionnements de Julie suite à son nouveau statut, la sensation de sécurité du silo où tout est parfaitement réglé laissera place à des vérités bien plus sombres.

Avec sa société coincée dans un gigantesque abri anti-atomique, Silo reprend tous les codes du post-apocalyptique et de la dystopie. Point de surprise dans les paysages aussi vides et désolés que radioactifs. Ni dans la population enclavée et entièrement contrôlée à son insu. Mais ceci n'est pas un reproche, loin de là. S'il est classique, ce cadre est parfaitement traité et permet par la suite de se concentrer sur le véritable talent d'Hugh Howey : le suspens. À chaque fois qu'un axe narratif semble bien engagé et sans commissure vient un nouvel élément renversant tous les acquis du lecteur et des personnages. Les pauvres sont logés à la même enseigne et nous découvrons en même temps qu'eux les secrets bien gardés de la gestion du silo. Pourtant il n'y a aucun temps mort car chacune de ces découvertes fait immédiatement bifurquer le récit sur une nouvelle voie cherchant à la résoudre. Heureusement, car toutes ces questions sont brûlantes et notre curiosité ne demande qu'à les éclaircir. Il n'est pas question, comme à l'accoutumé, de distiller quelques mystères tout du long et de seulement les résoudre dans un final grandiloquent, et souvent décevant. Chaque nouvelle information pose des questions qui se résolvent à leur rythme et conduisent fatalement à une autre question ébranlant encore plus les convictions inhérente à la vie dans le silo. Chacun de ces éléments perturbateur est une vraie surprise, et nous sommes emporté de l'un à l'autre sans aucune précaution, jusqu'à des conséquences totalement insoupçonnées. 

Donc au sein de ce cadre classique, Hugh Howey arrive à nous surprendre sans cesse et fait de Silo un livre haletant qu'il est dur de lâcher.


Silo, tome 1
8,90€ / 739 pages / 9782253183532