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mercredi 25 février 2026

De l'or dans les mains - Eva Martin

De l'or dans les mainsEva Martin

Artane, voleuse surdouée, écume les rues de Blanchevue. Il faut dire qu’elle possède quelques facilités : son charme la dote d’une dextérité hors normes. Mais être une charmeuse signifie aussi vivre au ban de la société. Heureusement, en tant que membre de la pègre locale, la monte-en-l'air se préoccupe peu des mille et une règles qui contraignent ses semblables à une existence difficile. 
Jusqu'à une succession d'ennuis. Une mission ratée. Un patron chatouilleux, pour qui l’échec n’est pas une option. Un garçon incapable de contrôler ses dangereuses capacités. Le maigre espoir de mettre la main sur un trésor que tout le monde convoite, le tout dans une Caldécie au bord de l'implosion… Artane aura fort à faire pour tirer son épingle du jeu et ne pas laisser sa vie voler en éclats.

Note : 3,5 / 5

J'ai découvert assez tard l'existence de ce livre, second roman d'Eva Martin. Situé dans le même univers que Miska, son premier livre que j'avais beaucoup aimé, je me suis empressée de le lire et j'ai encore une fois beaucoup aimé ma lecture.

Le récit se passe après les événements du premier livre. La Caldécie n'a pas oublié ce que leur a fait subir les Kinosh qui ont tenté d'envahir leur pays, même s'ils ont maintenant un nouveau dirigeant et une véritable volonté de collaborer. En tant que cadeau diplomatique, les Kinosh ont même proposé des pierres d'épures. Censées décupler les pouvoirs des charmeurs (les magiciens dans ce monde), ces pierres sont très convoitées.

Dans ce livre nous suivons Artane, toujours à la première personne du singulier, toujours avec cette écriture pétillante et soutenue que j'avais adoré dans Miska. Artane est une voleuse et le dirigeant de la pègre locale en a après elle... Pour mettre les choses à plat, il lui propose une dangereuse mission. Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et Artane va malgré elle devoir fuir et se retrouver au centre des intrigues autour des pierres d'épure.

Artane est un personnage très méfiant et pessimiste. Elle voit le mal partout et ne fait confiance à personne. On peut avoir du mal avec elle au début, car elle est vraiment égoïste et désagréable. Mais on comprend très vite pourquoi elle est comme ça. C'est de la survie. Car être charmeur en Caldécie, c'est faire partie d'une minorité discriminée, détestée pour sa différence. On les enferme dans des instituts puis on les marque. Trouver une place dans la société est ensuite presque impossible. 

Artane est tellement blessée et recroquevillée sur elle même que même lorsqu'elle tombe par hasard sur un convoi de charmeurs qu'elle va malgré elle rejoindre, elle n'arrive pas non plus à faire confiance aux siens. Mais un jeune garçon aux pouvoirs terrifiants va petit à petit finir par l'attendrir et j'ai tellement aimé suivre l'évolution d'Artane, sa guérison et la façon dont elle va retrouver espoir.

Ce livre est moins dense et complet que Miska. On se focalise uniquement sur les charmeurs mais les thèmes traités sont vraiment intéressants. C'est un bon livre compagnon avec de très chouettes nouveaux personnages, une intrigue simple mais qui marche et de bonnes scènes d'action. On replonge avec plaisir dans cet univers et j'espère que l'auteure saura nous conter encore mille histoires situées en Caldécie.


De l'or dans les mains
22,00€ / 322 pages / 9782375793404

mercredi 22 novembre 2023

Miska - Eva Martin


MiskaEva Martin

Pour le capitaine Dacien, tout a commencé par une bière avalée sous des tombereaux de pluie. Une bière, et une rumeur. Toujours la même. Une voile blanche croisant à l’horizon. Un navire capable de survoler les flots. Une légende ridicule, car personne, pas même les marins les plus aguerris, ne peut franchir le maelström. Et pourtant, amie ou ennemie, la présence de ces étrangers ne peut être ignorée plus longtemps. Les Fédérateurs doivent se rendre à l’évidence, aller à leur rencontre est désormais une priorité. Une mission qui va tout naturellement échoir à Dacien et ses hommes. Mais rien, absolument rien, ne va se passer comme prévu… 
Miska est une injure autant qu’un symbole de rébellion. Au fil des pages, Eva Martin construit une intrigue où deux mondes s’affrontent. Des soldats aux forces inéquitables. Des charmeurs aux pouvoirs inégaux. Des modes de vie que tout oppose. Et surtout, cette incroyable malchance qui semble suivre Dacien et sa bande de bras cassés, quelles que soient leurs décisions.

Note : 4 / 5

Cela faisait longtemps que je n'avais pas dévoré un livre comme ça ! Je devrais vraiment piocher plus souvent dans le catalogue des éditions Critic car pour l'instant avec Les seigneurs de Bohen ou encore Les dieux sauvages, c'est un sans faute !

Pourtant le récit de Miska n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais. Moi qui pensais que l'histoire allait se passer la majeure partie du temps en mer, au final pas du tout ! La découverte des bateaux étrangers qui survolent les flots se fait rapidement, puis c'est une véritable guerre qui s'engage. Dacien et ses hommes se retrouvent au cœur d'une invasion et vont devoir se battre pour leur pays, la Caldécie.

Complots politiques, terrorisme, tortures, c'est dans tout cela que vont devoir naviguer la petite troupe. Leurs adversaires, les Kinosh, sont moins nombreux mais beaucoup plus avancés technologiquement. Leurs charmeurs (les magiciens dans cet univers) sont beaucoup plus puissants. Ce peuple étranger compte bien s'installer en Caldécie, ils n'hésitent pas à tuer et torturer et à remplacer la culture Caldécienne par la leur.

Mais tout n'est pas tout noir ou tout blanc. Alors que depuis le début nous suivons Dacien dans un récit à la première personne, un nouveau personnage fait son apparition : Azalon, un scientifique Kinosh, qui va nous faire voir les choses très différemment. J'ai adoré suivre les chapitres de son point de vue, le récit en devient vraiment plus intéressant, plus profond. Les Caldéciens et les Kinosh sont certes très différents, mais suivre ces personnages nous montrent qu'ils veulent finalement la même chose. En piochant le meilleur des deux cultures, à la manière de Petite, une autre Kinosh capturée par Dacien qui va finir par faire partie de leur bande, on arrive finalement à une belle harmonie et chacun a quelque chose à apprendre de l'autre.

On ne peut que s'attacher à tous ces personnages différents. Dacien et ses compagnons sont une vraie fratrie, ils sont adorables alors que ce sont de gros gaillards, des vétérans. Il y a de nombreuses dualités comme celle ci et c'est ce qui rend le livre aussi chouette selon moi. J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les cultures des deux peuples. L'auteure a même inventé la langue Kinosh, des animaux exotiques ou encore leurs tenues. La façon dont marche la magie est aussi très originale.

Et alors le style de l'auteur est si agréable ! Avec un langage soutenu juste comme il faut, des dialogues parfois très drôles, de vraies bonnes scènes d'actions, j'ai dévoré le livre ! J'aurais aimé que les passages du point de vue de Dacien et ceux du point de vue d'Azalon soient un peu plus différenciables car je m'y perdais parfois, mais c'est vraiment pour chipoter. C'est une écriture pétillante, vivante, non vraiment j'ai adoré ma lecture !

Si ce livre n'est pas un coup de cœur c'est parce que malheureusement la fin ne m'a pas trop plu... J'attendais autre chose, moins de violence peut-être, mais au final c'est juste réaliste... La fin m'a parue aussi un peu précipitée, l'épilogue m'a laissé avec un sentiment d'inachevé, je ne sais pas... J'aurais aimé que ça continue je pense !


Miska
23,50€ / 504 pages / 9782375792834

mercredi 1 janvier 2020

❤ Les Dieux Sauvages, tome 3 : La Fureur de la Terre - Lionel Davoust


Les Dieux Sauvages, tome 3 : La Fureur de la Terre - Lionel Davoust

« Qu’est-ce qu’un symbole si ce n’est du vide tellement recouvert de peinture que celle-ci se solidifie selon la forme qu’on veut lui donner ? » 
La ville de Loered, Le Verrou du Fleuve, ploie sous la pression des armées démoniaques, mi-chair, mi-machine, du dieu Aska. Affamée, malade, la population ne tient plus que par la foi que lui inspire Mériane, l’envoyée du dieu Wer. 
Alors qu’aux plus hauts échelons du royaume, la reine régente Izara s’efforce de sauvegarder ce qu’elle peut encore, le prince Erwel lance un appel désespéré à l’union des provinces pour aider Loered. Quant à Mériane et les siens, ils n’ont pas d’autre choix pour survivre que de braver la colère divine. Car dans les vestiges maudits de l’Empire d’Asrethia repose peut-être une puissance capable de rivaliser avec celle d’Aska. 
Tandis que le passé du monde émerge, la nature réelle du conflit qui oppose les dieux rivaux se dessine, et les Rhovelliens affrontent leurs plus terribles sacrifices. Quand la mort frappe tous les jours, il n’y a pas de héros, pas d’épopée – seulement la nécessité de survivre jusqu’au lendemain.

Note :  coup de cœur

Un troisième tome dans lequel j'ai eu un peu plus de mal à me plonger. J'ai trouvé que l'histoire n'avançait pas, le siège de Loered stagne et je me suis parfois ennuyée. Et pourtant c'est un nouveau coup de cœur car ce qui fait la force de cette série c'est justement son ultra réalisme : une guerre ne se règle pas en quelques jours, l'auteur use son lecteur à la manière dont Mériane et la cité sont usés par ce siège interminable. C'est une nouvelle claque, cette série est dingue, je n'ai jamais rien lu d'aussi poussé de ma vie.

Mériane a donc enfin atteint Loered, le Verrou du Fleuve, qui a réussi à tenir jusqu'à son arrivée. Mais c'est une cité malade, au bord de la famine et déjà fortement endommagée par les troupes d'Aska que doit maintenant protéger la Messagère. Il lui faut de l'aide, il lui faut plus de force et beaucoup de choses vont également reposer sur les épaules du jeune prince Erwel qu'elle va envoyer, escorté par Leopol, vers les autres provinces.

Il y a énormément de choses qui m'ont marqué dans ce troisième tome, à commencer par l'armure de Meriane. La relation qu'elle entretient avec cette armure est fascinante mais absolument horrible. La première fois qu'elle a du l’endosser j'en ai eu le souffle coupé. J'avais envie qu'elle la retire aussitôt, je voulais l'arracher à cette abomination, lui dire qu'on allait trouver un autre moyen, je ne voulais pas qu'elle souffre, je sentais que ça allait mal finir. Mais non, Meriane a enduré la souffrance car cette armure était une malédiction nécessaire et un symbole que tout le monde allait enfin suivre aveuglément.

L'autre événement est quelque chose que j'avais senti venir : des révélations sur Wer et Aska, sur le monde d'avant et sur l'étrange Nehyr. Wer ne va plus longtemps pouvoir faire aveuglément suivre ses ordres aux Rhovelliens et qu'est-ce que je l'attends ce revirement de situation ! Depuis le début j'ai une profonde aversion pour Wer, ce Dieu qui conseille Mériane et qui a soit disant sauvé la Rhovelle. Je pensais que c'était du à mon opposition aux religions, mais je crois que j'avais bien vu. Les idées de ce livre vont définitivement dans mon sens : à savoir que toutes les religions sont pareilles, elles vous aveuglent et cachent de mauvaises choses.

Ce troisième tome est vraiment très difficile pour Mériane, sa situation me brise le cœur. Elle est à bout, et malheureusement plus elle devient un symbole, plus Maragal, son chronète, tisse sa légende et plus elle est seule. Pourtant Mériane ne baisse pas les bras, elle va laisser l'armure la dévorer tant qu'il le faudra.

Mais Aska et son élu Ganner ont toujours une longueur d'avance. J'ai vraiment hâte de lire la suite car je ne sais vraiment pas comment la Rhovelle va pouvoir s'en sortir. Ce troisième tome était tellement rempli de désespoir et de ténèbres... Il va falloir un sacré revirement de situation afin d'aider Mériane à tenir bon face aux armées d'Aska.

Les Dieux Sauvages, tome 3 : La Fureur de la Terre
25,00€ / 858 pages / 9782375791127

mercredi 31 juillet 2019

❤ Les Dieux Sauvages, tome 2 : Le Verrou du Fleuve - Lionel Davoust


Les Dieux Sauvages, tome 2 : Le Verrou du Fleuve - Lionel Davoust

L’armée démoniaque, mi-chair mi-machine, du dieu Aska est aux portes de Loered, la ville sur laquelle repose la défense et la stabilité du royaume – le Verrou du Fleuve. Le Verrou doit tenir, ou la Rhovelle est perdue. Mériane, à la tête de maigres renforts, compte bien honorer sa propre prophétie et libérer la ville. Mais quand les hommes se mêlent de contrarier les Dieux, elle en est réduite à limiter les dégâts. 
Face au désespoir qui s’installe, elle incarne le seul espoir du peuple, et l’instinct de survie fait taire, pour un temps, les dissensions. Pour autant, les manigances politiques se poursuivent en coulisses, et la guerre commence à peine que certains préparent déjà l’après. 
Mais sur la route du Verrou du Fleuve, son mythe s’écrira avant tout dans le sang, la terreur et la peine.

Note :  coup de cœur

Il est assez rare que je lise la suite d'une série aussi vite (habituellement je laisse facilement passer 6 mois avant de m'y replonger) mais les personnages des Dieux Sauvages me manquaient tellement qu'il fallait que je reprenne ma lecture.

A la fin du premier tome, Mériane venait de s'échapper de la prison où on l'avait jugée hérétique et les troupes maléfiques d'Aska faisaient leur entrée en Rhovelle. Si Leopol est maintenant définitivement de son côté, Mériane a encore beaucoup de preuves à faire et doit toujours encore se justifier. Pourtant le temps presse, les Rhovelliens doivent organiser la résistance et personne ne semble vouloir écouter Mériane. Tout va se jouer à Loered, la ville au centre du fleuve, le pilier du royaume. Mais Mériane va-t-elle arriver à temps pour sauver la cité de l’Éternel Crépuscule ?

En un mot, ce deuxième tome est tout simplement épique ! Il n'y a qu'un seul enjeu, qu'une seule bataille durant tout le livre : Loered. Vous allez me dire, mais ça doit faire long, ça doit être lent ; pas du tout ! Car comme le premier tome, la suite est tout aussi complexe, tout aussi réaliste et c'est  juste absolument génial et monumental à lire. Il y a toujours plus d'horreurs, de monstruosités engendrées par Aska et les pouvoirs de l'ancien temps commencent petit à petit à se dévoiler.

A part le jeune roi, Erwel, les personnages n'évoluent pas beaucoup dans cette suite. C'est la réputation de Mériane qui enfle et la façon dont les autres la perçoivent qui commence enfin à changer. Mériane est toujours fidèle à elle même, forte et juste et l'on retrouve un Leopol tout aussi dévoué qu'à la fin du premier tome même s'il semble encore perdu. Certains personnages qui évoluaient séparément finissent enfin par se rejoindre. 

Mais ce qui m'a le plus marqué dans Le Verrou du Fleuve est l'aspect divin et leurs secrets. Wer commence sérieusement à me terroriser alors qu'il est censé être du côté de Mériane. On sent que ce n'est pas une simple guerre du bien contre le mal. Il y a quelques chose de plus derrière tout ça. Aska et Wer entraînent les humains dans leur petite guerre fratricide, et ça en est presque un jeu pour eux. Je sens que dans le prochain tome Mériane va apprendre des choses qui ne vont pas du tout lui faire plaisir.

De nouveaux personnages font leur entrée comme Thormig, le gouverneur-duc de Loered, ou encore Maragal, le chronète qui va suivre Mériane afin de garder une trace de ses aventures. Dans ce deuxième tome on ne retrouve que peu d'échanges entre Wer et Aska dans l' "Ailleurs" mais des passages de ce que je pense être le Livre de Mériane, celui que va écrire Maragal.

Ce deuxième tome est tout aussi génial que le premier, tout aussi grandiose et ambitieux. Je suis amoureuse de l'univers, des personnages et des tournants toujours plus complexes que prennent les événements. Je n'ai juste qu'une envie : me jeter sur le tome trois, maintenant, tout de suite.


Les Dieux Sauvages, tome 2 : Le Verrou du Fleuve
23,00€ / 502 pages / 9782375790502

mercredi 12 juin 2019

❤ Les Dieux Sauvages, tome 1 : La Messagère du Ciel - Lionel Davoust


Les Dieux Sauvages, tome 1 : La Messagère du Ciel - Lionel Davoust

Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d’en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d’Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal. 
Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l’intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l’espoir de tout un peuple.

Note :  coup de cœur

J'ai découvert le monde d'Evanegyre avec un autre livre de l'auteur, Port d’Âmes, et je me suis promis d'aller plus loin dans son univers. Cette première incursion dans la bibliographie de Lionel Davoust n'avait pas été très concluante, mais je sentais que son monde était très riche et que je n'étais peut-être tout simplement pas à la bonne époque. Les Dieux Sauvages se passe des siècles avant Port d’Âmes, le monde est au bord de la rupture, deux dieux s'entre-déchirent pour lui, mais c'est à Mériane, une forestière qui n'a rien demandé, de porter un d'eux vers la victoire. Cette série est très ambitieuse, exigeante, mais c'est une aventure qui m'a tout de suite emportée, et c'est un gros coup de cœur.

Le premier chapitre m'a littéralement traumatisé. L'auteur nous fait directement découvrir, sans détour, le mal qui ronge la Rhovelle : les anomalies. De nombreuses zones instables transforment, mutent horriblement tout ce qui est vivant et les changent en des monstres de chair et de métal. Terrifiant. C'est tout ce qui me fait peur. Ce premier chapitre m'a plongé dans l'horreur aux côtés de Meriane et je me suis tout de suite sentie impliquée, je savais que je n'arriverais plus à décrocher de ce livre.

Mais Mériane n'est pas le seul personnage que nous allons suivre dans ce premier tome, au contraire. Lionel Davoust fait très souvent durer le suspens autour des mésaventures de notre messagère et on passe fréquemment de nombreux chapitres sans nouvelles d'elle. Les autres personnages apportent de gros enjeux politiques, car si Mériane peut compter sur l'inspiration de Dieu, le Roi et son Conseil de régence n'ont que leurs propres expériences et leurs avis divergent. Le frère du Roi, Luhac, et son cousin Juhel ne sont vraiment pas du même avis au sujet de la défense du royaume. L'aspect politique est vraiment maîtrisé et j'ai eu énormément de mal à prendre partie. Je trouve que l'on comprend les choix des deux personnages et que l'on arrive vraiment à se mettre à leur place. L'auteur introduit de nombreux personnages dans ce premier tome, on sent qu'ils vont tous avoir leur importance et se retrouver à un moment ou un autre de l'histoire.

J'avais peur que l'auteur en fasse trop avec le côté très féministe que prend le récit. Mériane est une femme indépendante et forte dans un monde qui les méprise et les rabaisse. C'est aussi la première femme a avoir été choisie par Dieu afin de porter sa parole et sauver la Rhovelle. Je dois bien l'avouer, au début Mériane m'énervait un peu. Toujours sur la défensive et effrontée, elle avait le don de m'exaspérer. Mais le personnage évolue tellement ! Elle apprend à être moins égoïste, à comprendre les autres et à embrasser son rôle de messagère. Et c'est ça le féminisme, c'est faire preuve d'empathie et être égal aux autres, l'auteur l'a tellement bien compris. Et puis sa relation avec Leopol ! J'aime tellement ce personnage et sa complexité, et qu'est-ce que j'attendais ce moment où Mériane le rejoint sous la pluie et où ils finissent enfin par se comprendre !!

Mais tout cela n'aurait pas autant d'impact sans la plume de Lionel Davoust. Le narrateur est toujours interne, comme dans Port d’Âmes, mais cette fois ci le récit est riche de ses nombreux personnages et l'on ne s'ennuie absolument pas. Et alors les descriptions des anomalies, de toutes les abominations créées par Aska, j'arrivais malheureusement tellement bien à me les représenter, quelle horreur.

J'ai été tout simplement très impressionnée par ce premier tome ! J'ai rarement lu un récit aussi maîtrisé et aussi prenant. C'est de la fantasy tellement recherchée, tellement précise et exigeante que j'ai bien envie de la comparer à du Tolkien. Et j'ai beau avoir refermé ce premier tome il y a quelques jours, Evanegyre m'accompagne encore.



Les Dieux Sauvages, tome 1 : La Messagère du Ciel
25,00€ / 680 pages / 9782375790069

mercredi 7 novembre 2018

Le mois de Clément Bouhélier - Olangar, tome 2

Le mois de Clément Bouhélier
Voila enfin ma critique du deuxième tome d'Olangar pour terminer ce mois de. N'hésitez pas à passer sur Book en Stock pour découvrir le bilan de ce mois et lire la nouvelle proposée sur le blog.
Merci encore à Dup et Phooka pour l'organisation de l'événement et à Clément Bouhélier d'avoir accepté de passer sous le scalpel !


Olangar, tome 2 - Clément Bouhélier

À Olangar, le combat des nains a laissé des traces sanglantes dans le quartier portuaire. D'âpres négociations s'ensuivent tandis que les candidats à la Chancellerie multiplient les manœuvres politiques et les coups bas pour l'emporter. Pour mener à bien la lutte des ouvriers et contrer les agissements du clan de Malberg, le nain Baldek est obligé d’avancer masqué. Il entame un jeu dangereux avec ses ennemis directs, comme avec ses alliés les plus loyaux. 
Pendant ce temps, loin de la capitale, Evyna et Torgend débarquent à Frontenac pour y trouver Stej Lombor, un ancien ami d’Andréan d’Enguerrand. Dans la chaleur étouffante et la cacophonie permanente de la Ville de Fer, la sœur meurtrie et l’elfe découvrent une vérité terrifiante. Séparés au gré des épreuves, confrontés aux plaines arides de l’oydimörk, ils sont forcés de nouer une alliance contre nature pour venger enfin le frère d’Evyna et mettre au jour le complot qui menace le royaume.

Note : 3,5 / 5


Un deuxième tome dont j'attendais beaucoup et dont j'ai adoré la fin. Le début a pourtant été difficile. Comme le premier tome, j'ai eu énormément de mal à me plonger dans l'intrigue, ce n'est qu'à partir de la moitié du livre que j'ai enfin été happée par le récit. J'ai trouvé certains passages vraiment longs et compliqués, j'ai parfois eu du mal à assimiler la stratégie des nains et toutes les conséquences politiques.

Heureusement, comme je m'en doutais, ce deuxième tome se centre beaucoup plus sur Evyna et sa quête de vengeance. Dès leur arrivée à Frontenac tout se bouscule et le récit prend un rythme beaucoup plus intéressant. Ce deuxième tome est aussi beaucoup plus sombre que le premier et je pense que c'est en partie pour ça que j'ai fini par beaucoup l'aimer. La fin est complètement déprimante et pourtant tellement réaliste !

Les personnages d'Evyna, Silja et Torgend sont enfin plus fouillés. Je me suis particulièrement attachée à Silja et son amour impossible. Evyna m'a paru étrangement plus mature alors qu'elle sombre pourtant dans la folie. Et Torgend se dévoile enfin !

Mais ce qui m'a le plus plu est l'arrivée d'un nouveau personnage assez étonnant ! Je ne veux pas vous spoiler, du coup je dirais simplement que ce personnage va vous faire voir de nombreuses choses différemment. Il rend le récit et les enjeux beaucoup plus complexes mais dans le bon sens du terme. Grâce à lui, tout n'est plus tout noir ni tout blanc et cela rend l'histoire toujours plus réaliste.

Enfin, j'ai appris a vraiment apprécier le style d'écriture de Clément Bouhélier : ses passages en italique pour retranscrire les pensées des personnages, les nombreux point de vues différents selon les chapitres et surtout sa façon de décrire les actions qui m'a plus d'une fois fait retenir mon souffle ! Son style est parfois un peu trop descriptif à mon goût, mais dans son ensemble je l'ai plutôt apprécié.

Mais c'est surtout la fin de ce deuxième tome qui m'a fait revoir à la hausse l'ensemble de la série. Beaucoup de choses ont été accompli, il y a eu beaucoup de changements à Olangar mais vont-ils suffire ? Est-ce que tout cela en valait le coup ? Le livre se finit sur une note étrangement défaitiste et pourtant tellement juste. J'ai adoré. Encore une fois, cette fin comme beaucoup de choses dans cette série reflète notre propre réalité, et j'ai trouvé cela génial. Complètement dépriment, mais génial !



Olangar, tome 2
22,00€ / 300 pages / 9782375790809

mercredi 3 octobre 2018

Le mois de Clément Bouhélier - Olangar, tome 1

Le mois de Clément Bouhélier
Le blog Book en Stock propose en ce mois d'Octobre de se retrouver autour des livres de Clément Bouhélier que je découvre grâce à cet événement. N'hésitez pas à venir échanger avec l'auteur et d'autres blogueurs sur les différents sujets de l'événement sur Book en Stock et découvrir un petit bout de l'univers d'Olangar en lisant la nouvelle proposée sur le blog.
Merci encore à Dup et Phooka pour l'organisation de l'événement et à Clément Bouhélier d'avoir accepté de passer sous le scalpel !

Olangar, tome 1 - Clément Bouhélier

Dix-sept ans ont passé depuis la bataille d’Oqananga, où la coalition entre les Elfes et les Hommes a repoussé les Orcs par-delà les frontières. 
À l’approche des élections, Olangar est une capitale sous tension, véritable poudrière où seule manque l’étincelle. Tandis que les trois candidats noircissent les journaux de leurs promesses, les accidents se multiplient sur les chantiers navals ; les salaires se font attendre et la Confrérie des Nains menace d’engager un mouvement de grève d’une ampleur jamais vue. À leur tête, Baldek Istömin ira jusqu’au bout. 
Au même moment, Evyna d’Enguerrand, fille d’un ancien seigneur de guerre, débarque en ville pour chercher la vérité sur la mort de son frère, soldat assassiné au Grand Mur dans d’étranges circonstances. Pour l’aider, elle fait sortir de prison Torgend Aersellson, un Elfe banni par les siens et vieil ami de son père. Ensemble, ils se lancent dans une enquête acharnée, qui les mènera des bas-fonds de la cité jusqu’aux couloirs de la Chancellerie et ses arcanes politiques.

Note : 3,5 / 5


Je découvre enfin la plume de Clément Bouhélier avec sa toute nouvelle série de fantasy qui vient de sortir chez les éditions Critic. Avec son univers moderne engagé et ses personnages forts, j'ai trouvé ce premier tome vraiment original et terriblement épique !

J'ai pourtant eu un peu de mal à me plonger dans l'histoire. En effet, le prologue nous projette des années en arrière, alors que l'alliance des elfes et des hommes vient enfin à bout des envahisseurs orcs. Malgré le fait que l'on soit littéralement jeté au milieu de cette guerre sans préambule (j'ai eu terriblement de mal avec les noms et à me rappeler qui était qui), j'ai juste adoré ce prologue. Cette ultime campagne m'a donné des frissons. Son cadre cauchemardesque, ses ennemis terriblement forts et son dénouement qui jusqu'au bout est incertain... Puis l'auteur nous ramène au présent, à Olangar, cette ville ouvrière dont les habitants sont à bout. Les enjeux ne sont plus les mêmes, et bien que l'on retrouve un personnage du prologue (Torgend, un elfe déchu, dont le prologue est certainement là pour nous aider à mieux le comprendre) j'ai trouvé que les deux récits étaient beaucoup trop différents et embrouillaient plus le lecteur qu'autre chose.

Mais heureusement, après quelques chapitres et le nouveau contexte assimilé, le lecteur est très vite fasciné par la quête d'Evyna et par les secrets d'Olangar. Et c'est là que le livre devient moderne et vraiment intéressant car les complots et les enjeux sont loin d'être classiques. La politique dans ce roman est très actuelle, l’industrialisation d'Olangar après la guerre ayant changé beaucoup de choses. Des syndicats ont été créés afin de protéger les travailleurs, principalement au sein des nains qui tiennent même tête à la pègre. Et la venue d'Evyna, qui cherche des réponses sur la mort mystérieuse de son frère, va mettre au jour de sombres choses que les nains ne vont pas laisser passer !

Il va y avoir du changement à Olangar et j'ai trouvé cela vraiment fascinant de pouvoir le suivre. Pour l'instant j'ai trouvé que les récits des deux quêtes, celle d'Evyna et celle des nains, étaient un peu déséquilibrés et ne s'accordaient pas bien. J'espère que le deuxième tome va réussir à les réunir proprement. Dans tous les cas chaque récit a son lot de danger et ses moments épiques et marquants. Je me suis sentie plus proche de la quête des nains que celle d'Evyna, mais il faut dire que j'ai fini par avoir du mal avec ce personnage et que son compagnon Torgend m'a exaspéré à être à ce point renfermé et torturé.

J'en attends donc beaucoup du deuxième tome ! J'ai le sentiment que ce premier tome était le tome des nains, mais que le deuxième va se concentrer sur Evyna. Dans tous les cas, c'est de la fantasy vraiment différente et originale que nous offre Clément Bouhélier, de la fantasy qui n'en est pas vraiment tant l'univers politique me semble proche du nôtre !

mercredi 8 mars 2017

Le mois d'Estelle Faye - ❤ Les seigneurs de Bohen

Le mois d'Estelle Faye
Le blog Book en Stock propose en ce mois de Mars de se retrouver autour des livres d'Estelle Faye, auteure de la série La voie des oracles chez Scrinéo ou encore Porcelaine chez Les moutons électriques. N'hésitez pas à venir échanger avec l'auteure et d'autres blogueurs sur les différents sujets de l'événement sur Book en Stock.
C'est dans ce cadre que j'ai eu la chance de pouvoir découvrir le livre ci-dessous. Merci encore à Dup et Phooka pour l'organisation de l'événement et à Estelle Faye pour sa gentillesse et son dévouement.


Les seigneurs de Bohen - Estelle Faye

Je vais vous raconter comment l'Empire est mort. L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel. J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers... Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l'escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l'enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie... Et de tant d'autres encore, de ceux dont le monde n'attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte. Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.

Note :  coup de coeur

Les seigneurs de Bohen est vraiment un livre ambitieux. Avec ses 600 pages et quelques et le résumé dense qui nous est proposé, on sait avant même de commencer qu'Estelle Faye va nous raconter une grande histoire. Et cette histoire, l'auteure aurait pu continuer de ma la conter sur des milliers de pages, je pense que je ne m'en serais jamais lassée !

Bohen cache beaucoup de secrets. Bâtie sur les restes d'une ancienne et obscure civilisation d'êtres-dragons, les Wurms, Bohen est un Empire dont les dirigeants, maudits, peinent à régner. La chute de cet Empire va nous être conté. Pour se faire, l'auteure nous propose de suivre des personnages différents qui vont finir par se retrouver dans leur vision du futur et leur envie de changement.

Dès les premiers chapitres, j'ai été impressionnée par la maîtrise et la justesse de l'auteure. Le lecteur doit en effet assimiler beaucoup de choses en peu de temps. Le récit alterne le parcours de plusieurs personnages différents. Bohen est un Empire très vaste, les croyances sont diverses et les cultures variées. Il y a de la magie, des êtres surnaturels et différents éléments imaginaires que l'on ne connait pas. Pourtant, pas une fois je n'ai été perdue, l'auteure nous rappelant toujours ce qu'il faut où il faut, les interludes aidant beaucoup.

En fait, j'ai été complètement happée par cet univers, par sa richesse et son originalité. Lorsqu'on lit beaucoup de fantasy, les mondes proposés finissent parfois par se ressembler. Mais celui d'Estelle Faye n'est pas comme les autres. Les créatures que l'on croise nous sont plus ou moins connues : vouivres, goules ou encore métamorphes, mais elle réussit à s'approprier et à complètement renouveler ces figures de la fantasy. Chaque région de Bohen est très différente, que ce soit au niveau des croyances, de la mode ou encore de l'architecture. Elle mélange les genres, les inspirations, glissant par exemple la poudre et les armes à feu ou encore l'imprimerie qui vont faire basculer son univers dans une nouvelle époque. Et il y a toujours ces questions et ce mystère autour de l'étrange civilisation des Wurms dont on veut connaître les secrets !

Mais ce sont avant tout les différents personnages que l'on va croiser qui portent le livre. Ils ont tous leur importance, et ce sont parfois leurs faiblesses et leurs erreurs qui vont finir par faire changer le cours de l'histoire. Ils ne sont pas parfaits, ce ne sont pas des héros, ce sont des personnages vraiment humains, animés par leurs sentiments et leurs différences. Ils ont en effet tous une particularité un peu étrange : Sainte-Etoile a un monstre dans sa tête, Maëve est une magicienne dont le pouvoir n'est au premier abord pas très utile, pour ne citer qu'eux. Ils sont presque tous animés par l'amour, l'amour dans toute sa différence, sans être niais, mais juste et beau. Des relations qui m'ont profondément touchées, surtout à la fin lorsque nous, lecteurs, sommes au courant du destin d'un personnage alors que son âme sœur a toujours l'espoir de le revoir. Toute petite déception pour le monstre de Sainte-Etoile, j'en attendais beaucoup plus de lui, une raison peut-être.

Dans tous les cas, on a terriblement envie de continuer à suivre tous ces personnages. La fin de l'Empire est peut-être la fin du livre, mais, comme dit plus haut, j'aurais pu continuer ma lecture indéfiniment. Estelle Faye arrive vraiment à nous toucher et à nous transporter. J'aurais aimé continuer à voguer avec Maëve, en découvrir plus sur les Wurms, assister à la renaissance de la magie apportée par Janosh et Wens... Je n'en ai pas fini avec Bohen et j'espère qu'Estelle Faye non plus car je n'attends qu'une chose, c'est de pouvoir replonger dans cet univers et en découvrir toujours plus !

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Interviews d'Estelle Faye (auxquelles vous pouvez participer en commentant !) :