mercredi 14 juin 2017

L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine ! - Jean-Luc Marcastel



L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine ! - Jean-Luc Marcastel

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent ; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans les ombres ; et il y a cette force qu'il ressent au plus profond de lui... 
Alors que les mondes s'affrontent, Nathan est le seul à pouvoir réconcilier les hommes et apaiser les conflits.

Note : 3,5 / 5


Si vous avez déjà eu la chance de croiser Jean-Luc Marcastel en dédicace, vous savez comme moi que c'est quelqu'un d'absolument adorable, un surprenant alchimiste (dû à tout l'attirail nécessaire à ses uniques dédicaces) et surtout un bon vivant qui parle peut-être un peu trop de nourriture (et vous donne très faim !). L'auberge entre les mondes, c'est un petit peu de tout ceci, tout ce qui fait cet auteur que j'affectionne décidément beaucoup, avec de l'action en prime et un imaginaire qui m'a très souvent fait sourire avec toutes ces références.

Les bases de l'intrigue se posent très vite. On fait la connaissance de Nathan et de son ami Felix, en route pour un stage dans la célèbre Auberge de la Montagne. Sauf que cette auberge n'est pas exactement comme Nathan l'attendait. Il n'accueille pas de vieux montagnards ni de familles venues se ressourcer, non : c'est le lieu de rencontre de tous les extra-terrestres, un espace neutre qui donne sur tous les mondes. Et Nathan, ce jeune garçon sans parents, baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, n'en est pas moins que l'héritier.

C'est un livre qui se lit très facilement, les révélations s'enchaînent et l'action ne tarde pas non plus. Le rythme est vraiment parfait pour les enfants, et saura captiver même les plus réticents à la lecture tant le récit est efficace. De nombreuses fois durant ma lecture, je me suis dit : tout cela serait parfait en dessin animé ! C'est dynamique, l'aventure est au rendez-vous et l'imaginaire vraiment intéressant et prenant.

En parlant de l'imaginaire, s'il saura facilement parler aux enfants avec toutes ces créatures de science-fiction, le côté donjon lors de la recherche du champignon dans les gigantesques caves de l'auberge, il a rendu l'adulte que je suis vraiment nostalgique. J'ai aimé trouver toutes ces références à Lovecraft (de façon flagrante avec la mention de Cthulhu, l'apparition de nombreux tentacules et l'homme-poisson, que plus subtilement avec les différents noms liés à l'auberge) et à divers autres figures ou concepts de science-fiction. Et tout cela est très bien amené et sert l'intrigue à la perfection.

Alors oui c'est un peu naïf, le style d'écriture est très familier et simple, mais qu'est-ce que ça se lit bien ! Encore une fois, les enfants adoreront, et s'il ne marquera pas forcément les adultes, ce livre vous fera tout de même passer un très bon moment de lecture.

Pour finir, j'aimerais tout simplement parler de ces recettes déguisées en dialogue entre nos deux chefs cuistots préférés que l'on peut retrouver à la fin du livre : quelle bonne idée ! J'ai vraiment hâte de les tester, d'autant plus que Jean-Luc Marcastel a l'habitude de poster des photos de ses préparations sur Facebook, et que j'avais déjà repéré ces fameux cromesquis de cantal !

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La science-fiction jeunesse :
  

samedi 10 juin 2017

❤ La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel - Christelle Dabos



La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel - Christelle Dabos

Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui, il lui faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d'information divulguées par Dieu. Sous une fausse identitié, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d'adversaires toujours plus redoutables? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn?

Note :  coup de coeur

Le premier tome fut une véritable découverte, ce monde si riche et l'imagination de l'auteure m'avaient complètement transporté. Le deuxième tome avait pris une tournure vraiment inattendue et m'avait semblé très différent du premier tome, mais tout aussi prenant. Avec La mémoire de Babel, Christelle Dabos poursuit ses révélations sur l'origine du monde fragmenté d'Ophélie et cette série n'en devient que plus passionnante !

A la fin des Disparus du Clairedelune, on avait laissé une Ophélie complètement démunie, seule et perdue. Et ce nouvel opus déstabilise dès les premières pages lorsqu'on découvre que deux ans se sont écoulés depuis les événements du deuxième tome. Ophélie est retournée sur Anima et s'est efforcée de reprendre une vie normale. Mais rien n'est plus comme avant et elle n'a fait que ressasser ce qui s'est passé au Pôle. Finalement, la venue d'Archibald va lui permettre de se décider à reprendre ses recherches. Elle va se rendre sur Babel dont la tour du Mémorial est plus ancienne que la déchirure et recèle des archives impressionnantes. En son centre se trouve aussi le Secretarium, qui n'est accessible qu'aux meilleurs apprentis-virtuoses, après des études éprouvantes. Persuadée que cet endroit est la clef, Ophélie va s'engager dans cette voie.

Dans ce troisième tome, Ophélie se retrouve une nouvelle fois seule face à la culture d'une arche qui lui est inconnue. Et Christelle Dabos nous montre une nouvelle fois l'étendue de son imagination avec cette arche aux inspirations orientales où les vêtements ont une grande importance culturelle, où les automates remplacent les humains et où les citoyens ont un sens du devoir très manichéen. J'ai adoré découvrir un nouveau bout de son univers et j'espère qu'elle nous fera découvrir les autres arches dans le prochain tome.

Comme dans le deuxième tome, Ophélie, en s'engageant au conservatoire pour espérer pouvoir pénétrer dans le Secretarium, va être l'objet de nombreuses injustices. Cette fois pourtant, notre petite animiste est déterminée. Elle n'est plus la jeune fille faible comme dans les autres tomes. Elle subit, mais trouve des solutions, et avance. Le personnage ne cesse d'évoluer. A chercher à tout prix la vérité sur l'origine de son monde, elle va en perdre sa propre identité.

La seule chose qui la déstabilise encore est sa relation avec Thorn. Les chemins qu'ils ont pris les mettent tous les deux en danger. Ils s'aiment mais ne peuvent le montrer, entraînant des situations de doute qui m'ont brisé le cœur. Thorn est vraiment maladroit, un véritable handicapé des sentiments. Les événements du deuxième tome ont vraiment laissé des séquelles sur lui, mais heureusement, Ophélie est là (attention à votre petit cœur à la fin du livre)

Les autres personnages comme Archibald, Berenilde ou encore la grande-tante Roseline ne sont présents qu'à travers les yeux de la petite Victoire, dont quelques chapitres se concentrent sur elle. Ces chapitres sont les plus forts selon moi. Cette petite possède un pouvoir troublant qui va malheureusement lui permettre d'apprendre des choses dont elle ne devrait pas avoir la connaissance. Ces passages sont vraiment perturbants car Victoire n'est qu'une petite fille, elle ne comprend pas tout ce qui se passe et doit subir la méfiance dont doit faire preuve sa mère après les événements du deuxième tome. Son enfance n'est pas normale, et c'est terriblement triste d'assister à cela à travers ses yeux.

Et même si j'ai clairement été déçue de voir si peu Archibald, ce troisième tome introduit de nouveaux personnages que j'ai adoré. Il y a Ambroise, ce jeune homme handicapé qui m'a beaucoup touché, l'un des seuls personnages à être bienveillant envers Ophélie. C'est au final ce personnage qui m'a le plus manqué lors du long apprentissage d'Ophélie. Il y a aussi Octavio, un autre apprenti-virtuose très mystérieux. Ophélie va finalement lui faire ouvrir les yeux, et ce que l'on apprend sur lui au fil du livre va donner une toute autre dimension au personnage. J'ai aussi particulièrement été troublée par les esprits de famille de Babel, Hélène et Pollux. Comme avec Farouk, Christelle Dabos sait comment les rendre impressionnants et inquiétants.

Ophélie touche au but, une partie de la vérité étant enfouie tout au fond d'elle. Une nouvelle fois, la fin de ce troisième tome va rendre l'attente du prochain extrêmement difficile ! Mais c'est une nouvelle fois un coup de cœur, un tome qui m'a pris par les tripes, m'a enchanté mais aussi chamboulé. Je n'ai qu'un regret, qu'une petite fausse note à souligner : tout se passe beaucoup trop vite !

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