mercredi 24 août 2016

Belgravia - Julian Fellowes

Belgravia - Julian Fellowes

Le 15 juin 1815, le bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond réunit à Bruxelles tous les grands noms de la société anglaise. La plupart des beaux officiers présents ce soir-là périront quelques heures plus tard sur le champ de bataille de Waterloo, faisant de cette réception l'une des plus tragiques de l'histoire. Mais cette nuit va aussi bouleverser le destin de Sophia Trenchard, la ravissante fille du responsable de l'intendance du duc de Wellington. 
Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard, en pleine ascension sociale, se sont installés dans le nouveau quartier de Belgravia et pensaient laisser derrière eux ces terribles événements. Mais dans un monde en mutation où l'aristocratie côtoie désormais la classe émergente des nouveaux riches, certains sont prêts à tout pour que les secrets du passé ne menacent pas leurs privilèges...

Note : 3,5 / 5


Complètement accro à Downton Abbey, je ne pouvais résister très longtemps à ce livre écrit par le scénariste de la série. On retrouve avec plaisir tout ce qui fait la série : complots et rebondissements au sein de la bonne société anglaise, sans oublier les domestiques qui sont aussi très importants dans Belgravia, notamment pour espionner leurs maîtres.

J'ai pourtant eu du mal à rentrer dans l'histoire au début. Afin de bien mettre en place son intrigue, l'auteur nous fait vivre le célèbre bal de la duchesse de Richmond, 25 ans avant l'histoire principale. On ne comprend pas tout de suite les enjeux de ce bal, mais on finit par rentrer dans l'histoire au rythme des révélations que nous offre l'auteur une fois la famille de retour en Angleterre.

Et l'histoire est au final vraiment bien ficelée, complexe et intéressante. On finit par avoir du mal à lâcher le livre car il y a sans cesse de nouveaux rebondissements, on veut savoir si le secret a finalement été découvert et si les Trenchard vont réussir à s'en sortir. Le récit prend parfois des tournures attendues, mais Julian Fellowes arrive vraiment à nous passionner.

Et si ce livre nous passionne c'est aussi car l'auteur nous dépeint avec précision cette société anglaise du XIXe siècle. Le narrateur prend souvent le temps de nous expliquer certains aspects de la société, et il le fait à la manière d'un historien, en les analysant et en nous indiquant ses retombées. J'ai vraiment aimé le style de l'auteur, les descriptions et la psychologie des personnages.

Au final, Belgravia c'est tout simplement Downton Abbey à une époque différente. L'intrigue tourne une nouvelle fois autour de l'héritage et de la famille, et le monde est déjà en train de changer : plus besoin de naître avec des privilèges pour être un gentleman, il est possible de se faire une place dans la bonne société en travaillant dur. Pourtant, Julian Fellowes arrive à créer des situations inédites et à rendre le livre vraiment intéressant tout en restant dans le même univers.

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samedi 13 août 2016

Métaquine, tome 1 : Indications - François Rouiller

Métaquine, tome 1 : Indications - François Rouiller

Régis, dernier de la classe, ne veut pas prendre de Métaquine®, le médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Des millions d’enfants inadaptés bénéficient pourtant du traitement, au grand soulagement des profs et des parents. Mais Régis craint que la chimie dissolve le Duché, la contrée fabuleuse d’où son imagination tire châteaux, dinosaures et compagnons de jeu invisibles. 
La mère du gamin s’est enfermée sous un casque de cybertox, son beau-père rumine des fantasmes de tueur en feuilletant d’abjects magazines. Il n’y a guère qu’une voisine, neuropsy à la retraite, pour l’aider à défendre ses rêves. Ou peut-être, en ville, cette politicienne remuante qui milite contre la distribution de psychotropes à l’école. 
Mais que peuvent deux idéalistes face à un géant pharmaceutique et aux milliards de son budget marketing, alors qu’on découvre à la Métaquine® des vertus toujours plus prometteuses et que la planète entière a déjà gobé la pilule ?

Note : 2 / 5


J'ai pu découvrir ce roman d'anticipation grâce au forum Mort-Sure que je remercie. Mais si le résumé me semblait prometteur et abordait des sujets qui m'intéressent beaucoup, j'ai malheureusement eu beaucoup de mal avec ce livre.

Ce livre a réussi à me perdre dès le début. L'histoire est vue à travers différents protagonistes et chaque chapitre nous permet de nous plonger dans le point de vue d'un de ces personnages. J'ai cependant trouvé le principe très mal amené car vraiment trop confus. On met un temps fou à comprendre les liens qu'il y a entre chaque personnage et je n'ai vraiment pas apprécié le récit à la première personne qui est absolument ennuyeux et lourd.

Tout le problème réside cependant dans l'aspect dénonciation de notre société que s'efforce de mettre en avant ce livre. Ce n'est au final pas seulement l'industrie pharmaceutique qu'il dénonce, mais aussi les médias numériques qui nous font, déjà aujourd'hui, perdre la notion du réel. Et le problème c'est qu'il n'y a vraiment que ça dans le livre. L'histoire n'avance pas et est franchement reléguée au second plan, la faute aux personnages qui ressassent beaucoup trop leurs pensées et avis sur tous ces horribles aspects de la société. J'ai vraiment trouvé l'aspect dénonciation raté car franchement lourd.

Alors, bien sur, il y a quand même un certain intérêt à suivre tous ces personnages car ils englobent vraiment chaque perspective, chaque parti de ce que l'auteur essaye de dénoncer. On peut ainsi suivre les initiateurs du projet publicitaire pharmaceutique autour de la Métaquine mais aussi ses réfractaires, en passant par ceux qui sont directement touchés comme Régis et sa famille. J'ai aussi vraiment apprécié les transitions entre chaque chapitre et donc chaque protagoniste : l'auteur reprend la dernière phrase du chapitre pour commencer le nouveau. Une petite touche de style vraiment sympathique.

Et au final, ce premier tome s'avère tout simplement introductif. La lutte contre la Métaquine ne s'engage et s'organise vraiment qu'à partir des dernières pages. On ne fait que subir un long avant-propos sur la Métaquine qui n'est pas une substance si compliquée que ça, et sur cette vie virtuelle à laquelle s'est abandonnée la maman de Régis qui, elle, est exprimée d'une façon si abstraite qu'elle en devient incompréhensible. Je ne parle même pas du monde que s'est inventé Régis et qui le coupe d'une toute autre façon de la réalité.

Avec les romans d'anticipation, c'est souvent soit très bon, soit très mauvais. Pour moi, Métaquine est a ranger dans la deuxième catégorie. Je n'ai vraiment pas réussi à comprendre où voulait nous mener l'auteur, j'ai trouvé sa dénonciation de la société vraiment lourde et son récit franchement ennuyeux.

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