mercredi 10 février 2016

Lum'en - Laurent Genefort

Lum'en - Laurent Genefort

« La vie intelligente sur Garance apparut cent mille ans avant que la planète ne porte ce nom. Cette vie-là n’était pas humaine, ni même organique. Lum’en était unique en son genre... »
Imaginez une étoile avoisinant sept dixièmes de masse solaire... Si vous levez les yeux, il se peut que vous aperceviez son éclat blanc-jaune sur la face antérieure du bras spiral d’Orion, à sept mille parsecs du centre galactique. Le système de Grnc.mld1 compte six planètes : cinq telluriques et une gazeuse. De ces six planètes, Garance est la seule qui évolue dans la zone d’habitabilité. Lum’en relate la colonisation de Garance, une planète comme tant d’autres, du moins en apparence… L’histoire de ces femmes, de ces hommes rudes lancés à la conquête d’un monde, le récit des luttes de ces pionniers qui, au fil des générations, vont écrire la plus exceptionnelle des aventures, la plus terrible, aussi, celle de l’ancrage, du développement puis, inéluctable, du déclin d’une colonie dans les confins. L’essence même de la nature humaine, en somme, la quête d’horizons nouveaux. Quitte à rater l’essentiel…

Note : 2,5 / 5


Laurent Genefort est un nom que l'on est obligé de croiser quand on est amateur de science-fiction. On m'a beaucoup dit du bien de sa série Omale, mais c'est avec son dernier livre Lum'en, une sorte de recueil de nouvelles, que j'ai décidé d'enfin découvrir cet auteur. Mauvaise pioche car ce livre m'a beaucoup déçu.

Le résumé était pourtant prometteur : des humains vont être envoyés pour coloniser une nouvelle planète, celle-ci possédant bien entendu des caractéristiques qui lui sont propres comme sa faune avec les étranges pilas ou sa flore avec les caliciers, d'énormes arbres rouges dont le feuillage semble former un réceptacle où tout un éco-système évolue, arbres qui vont s'avérer êtres une ressource exploitable par les colons, mais à quel prix ?

Mais voila, tout est terriblement prévisible et déjà-vu. Le fait que les arbres soient exploitables, on ne l'apprend qu'à la deuxième nouvelle, mais vu qu'au final il n'y a pas grand chose sur cette planète, dès le début on le sait qu'ils vont être utilisés. Tout comme on sait que cette déforestation de masse va entraîner des répercussions sur l'écologie de la planète, et que forcément tous les colons ne vont pas être d'accord avec ça. Mais les clichés ne s'arrêtent pas la : on passe bien entendu par le religieux extrémiste qui espère créer sa communauté parfaite sur cette nouvelle planète à partir d'embryons humains et d'une couveuse, sauf que, bien sur, arrivés à l'adolescence, les deux petits humains qu'il a créé vont finir par se rebeller ; et aussi, suite à cette fameuse déforestation, on va passer par le groupe d'écolos extrémistes qui vont tenter de vivre le plus possible en harmonie avec la planète, quitte à se transformer complètement et à ne plus vraiment être humains.

En général je ne suis pas contre rapprocher certains aspects de l'histoire à notre propre actualité, mais là Laurent Genefort en fait juste trop. Je n'ai vraiment vu que l'aspect moralisateur dans son livre car le récit reste très en surface, et la petite planète qu'il a crée n'est au final qu'un prétexte un peu pauvre et pas très fouillé pour parler de notre monde à nous, qui, c'est bon on le sait maintenant, est vraiment nul et pourri.

Alors, certes, j'ai bien entendu beaucoup aimé les pilas, ces petites créatures ressemblant à des poulpes qui sont les véritables habitants de la planète. Laurent Genefort nous met dans leur peau, nous plonge au coeur de leur culture qui s'avère vraiment intéressante et originale, elle. Mais ce n'est malheureusement que le temps d'une courte nouvelle, l'auteur n'a pas le temps de creuser en profondeur, et on revient bien trop vite aux humains. J'ai aussi été extrêmement déçue par Lum'en, cette entité étrange dont j'avais hâte de savoir quel rôle elle allait jouer. Mais au final elle est la plupart du temps qu'une simple spectatrice et ne profite à la fin qu'aux pilas, et on ne nous dit rien de plus sur elle que ce que l'on apprend au début.

Les nouvelles en général sont elles aussi très passives car on suit trop souvent des personnages qui ne sont pas des colons mais viennent sur Garance pour effectuer un travail qui leur a été donné (d'ordre politique ou tout simplement un assassinat), ce que je n'ai pas franchement trouvé intéressant.

Lum'en m'a ainsi beaucoup déçu car Laurent Genefort s'est, selon moi, concentré sur les mauvaises choses. En effet, les humains restent des humains et sur ce point il a totalement réussi à nous montrer qu'on ne changera jamais, mais ce qui était vraiment intéressant selon moi c'était cette nouvelle planète et j'aurais aimé qu'il se concentre plus à nous la faire découvrir. Après, je peux comprendre que ce livre puisse plaire, il est en effet très accessible et parle de thèmes auxquels de nombreux lecteurs pourront s'identifier ; de plus, le style de l'auteur est fluide et agréable à lire, mais ce n'est personnellement pas du tout ce que je recherche dans un space opera, et, je l'avoue, je me suis assez ennuyée.

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mercredi 3 février 2016

Quand vient l'orage - Marie-Hélène Delval

Quand vient l'orage - Marie-Hélène Delval

Que faire quand on est coincé pour les vacances dans un petit village de montagne, entre des parents qui ne cessent de se disputer, et immobilisé par une méchante entorse ? Antoine décide d'en profiter pour se mettre à l'écriture d'un roman -fantastique, bien sur, le genre qu'il préfère ! Une légende locale lui fournit le début de son intrigue : l'histoire de deux cavaliers que l'on entend galoper les nuits d'orage, et d'une mystérieuse jeune fille, morte depuis neuf siècles, qu'il faut pourtant protéger...
Mais on devrait se méfier des histoires qui survivent au passage du temps. Car elles ont le pouvoir d'envouter les garçons de seize ans, au point de les conduire sur des chemins dangereux...

Note : 3 / 5


Un livre qui m'a tout d'abord attiré par sa jolie couverture et qui a fini de me convaincre de l'emporter une fois le résumé lu. J'aime beaucoup les histoires qui mêlent fantastique et réel, ce qui n'est pas toujours évident, mais très réussi dans ce livre.

Le premier aspect que j'ai particulièrement adoré est l'ambiance que Marie-Hélène Delval arrive parfaitement à retranscrire. C'est les vacances, et la petite famille d'Antoine décide de les passer à la montagne. Dès les premières pages j'ai tout de suite senti cette impression de liberté et le sentiment très spécial que l'on ressent lorsque l'on est en vacances, on lâche prise et on est motivé à faire des tas de choses. Moi qui adore la montagne et les randonnées, j'ai vraiment réussi à retrouver cette ambiance si particulière avec les petites maisons typiques et les jolis paysages très bien décris. Et ce cadre sert vraiment bien l'histoire qui se veut hors du temps, angoissante et pleine de suspens.

Si l'histoire m'a d'abord ennuyé, les conflits clichés des parents et la redondance de certaines scènes n'aidant pas, au bout d'un moment tout s'accélère, l'orage gronde, la pluie tombe à verse et on ne sait vraiment pas ce qu'il va arriver à Antoine ! Mais comme le livre se lit très vite, cette partie un peu plus lente n'est au finale pas si importante. L'histoire s'apprécie surtout à la fin, une fois la dernière page tournée, car c'est là que l'on arrive à tout remettre dans l'ordre, à emboîter toutes les pièces du puzzle. On prend du recul, et il faut l'avouer, l'auteure réussit très bien à mêler le fantastique et le réel, ou plutôt le passé et le présent, car c'est de ça qu'il s'agit. L'histoire n'est en fait qu'une sombre histoire de fantômes qu'Antoine va essayer de régler. Pour finir j'ai aussi adoré la mise en abîme que l'auteur créer avec le roman qu'Antoine écrit.


L'histoire a donc fini par m'emballer, mais j'ai cependant eu du mal avec le style de l'auteur. Ecrit au présent, j'ai trouvé qu'il y avait un sacré décalage entre son style plutôt sérieux et assez riche, et l'histoire et les personnages assez enfantins et clichés. De plus, j'ai eu du mal à croire qu'un jeune de 16 ans puisse écrire comme l'auteure l'a fait écrire... Le style de l'auteure est vraiment sympathique, mais ne colle tout simplement pas à cette histoire qui se veut simple et classique et pour un lectorat plus proche des 10 ans que de l'âge du héros.

Quand vient l'orage est donc un très bon roman jeunesse et saura séduire les plus jeunes qui pourront facilement s'identifier à cette petite famille embarquée dans une histoire extraordinaire. C'est un livre qui se lit très facilement mais qui ne m'a pas totalement convaincu de mon côté, la faute à un style que je n'ai pas trouvé en adéquation avec le reste et à un récit un peu classique.


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