mercredi 21 juin 2017

Mad Max : l'apocalypse sera motorisée - Antonio Dominguez Leiva

Mad Max : l'apocalypse sera motorisée - Antonio Dominguez Leiva

Élevant l’accident routier au rang de fétiche civilisationnel et de signe apocalyptique, la saga Mad-Max en fait la matrice de tout un univers de fiction. 
Magistrale synthèse de plusieurs genres et courants de la culture pop, cette dystopie routière de l’âge de l’accélération s’érige en précis de décomposition de la société de l’opulence. Déclinée sur le mode épique, elle nous confronte à la psychopathologie de notre espèce sur fond d’épuisement énergétique. 
Frappée d’une injustifiable occultation critique, cette œuvre est enfin ici analysée dans ses différentes dimensions. Son infl uence est décisive sur notre imaginaire culturel.

Note : 3,5 / 5


Merci à Babelio et aux éditions Le Murmure d'avoir fait découvrir cet ouvrage à mon chéri, car c'est sa critique que vous pouvez lire ci-dessous :

Cela faisait un moment que la collection le murmure m'attirait pour ses sujets de "pop-philosophie" toujours cools (du snuff aux Schtroumpfs) et y a-t-il sujet plus cool que Mad Max ? Dans ce volume c'est Antonio Dominguez Leiva qui nous guidera dans les méandres de l'enfer motorisé qu'est Mad Max, mais pas seulement. Plutôt que de s'arrêter à cette série, il dresse un portrait du genre post-apocalyptique dans son ensemble et de la façon dont Mad Max y participe et l'influence.

Dominguez Leiva, inscrit immédiatement Mad Max comme une œuvre avant tout sociologique. Puisque les films prennent les particularités de la société australienne comme symptôme de toute cette violence mécanique. Tout ce déchaînement de tôles froissées ne serait donc pas seulement le fait de George Miller mais plutôt de l'attirance qu'a l'Australie pour les grosses cylindrées poussées à fond dans l'outback désertique. Ainsi, Miller revisite les codes du film d'action américain à la sauce australienne comme les italiens l'avaient fait avec le western spaghetti. Et Max renouvelle la figure propre au western du vigilante. Mad Max est une série qui s'inscrit dans l'histoire du cinéma de par ses nombreuses références directes à d'autres films cultes mais, plus important encore, qui marquera cette histoire du cinéma. 

La Maxploitation, tous les descendants de Mad Max, est décortiquée pour former un axe intarrissable du cinéma : celui de l'apocalypse sans cataclysmes ou zombies mais avec du cuir et des V8. C'est cette étude de toute la Maxploitation qui constitue la majeure partie de l'essai. Ce qui peut lui porter préjudice car il prend un aspect très "catalogue". De ce fait, l'essai est assez ambigu à appréhender parce que la surabondance de références se fait toujours au détriment du contenu réflexif et peut, à force, perdre le lecteur. Cependant, l'ouvrage est tellement exhaustif (du Western à Turbo kid en passant par Les Nouveaux barbares) que Dominguez Leiva parvient sans peine à partager sa passion pour le post-apo

Mais au-delà de la simple passion, l'aspect grisant du livre vient qu'avec une vue aussi globale du genre, nous avons réellement l'impression de le comprendre entièrement. Chaque aspect du genre est exploité avec même quelques excursions dans le domaine littéraire qui sont autant de preuves de l'immense impact qu'a eu Mad Max sur la culture en son ensemble. Finalement, on sent que l'aspect catalogue vient surtout d'un manque de place, la collection se veut accessible et efficace mais il y a assez de documentation pour faire trois livres comme celui-ci. C'est donc quelque chose qui n'a pas été très bien prévu mais qui n'est finalement pas si dérangeant. D'autant plus que le tout s'achève sur une excellent étude de Fury road, qui est donc cette fois-ci plus approfondie que pour les autres Mad Max. 

En quelques mots, Mad Max : l'apocalypse sera motorisée ne traite pas tant que ça de Mad Max mais est une étude vraiment exhaustive de toute la Maxploitation dans son ensemble pour qui veut découvrir ou approfondir sa culture post-apo.

mercredi 14 juin 2017

L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine ! - Jean-Luc Marcastel

L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine ! - Jean-Luc Marcastel

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent ; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans les ombres ; et il y a cette force qu'il ressent au plus profond de lui... 
Alors que les mondes s'affrontent, Nathan est le seul à pouvoir réconcilier les hommes et apaiser les conflits.

Note : 3,5 / 5


Si vous avez déjà eu la chance de croiser Jean-Luc Marcastel en dédicace, vous savez comme moi que c'est quelqu'un d'absolument adorable, un surprenant alchimiste (dû à tout l'attirail nécessaire à ses uniques dédicaces) et surtout un bon vivant qui parle peut-être un peu trop de nourriture (et vous donne très faim !). L'auberge entre les mondes, c'est un petit peu de tout ceci, tout ce qui fait cet auteur que j'affectionne décidément beaucoup, avec de l'action en prime et un imaginaire qui m'a très souvent fait sourire avec toutes ces références.


Les bases de l'intrigue se posent très vite. On fait la connaissance de Nathan et de son ami Felix, en route pour un stage dans la célèbre Auberge de la Montagne. Sauf que cette auberge n'est pas exactement comme Nathan l'attendait. Il n'accueille pas de vieux montagnards ni de familles venues se ressourcer, non : c'est le lieu de rencontre de tous les extra-terrestres, un espace neutre qui donne sur tous les mondes. Et Nathan, ce jeune garçon sans parents, baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, n'en est pas moins que l'héritier.

C'est un livre qui se lit très facilement, les révélations s'enchaînent et l'action ne tarde pas non plus. Le rythme est vraiment parfait pour les enfants, et saura captiver même les plus réticents à la lecture tant le récit est efficace. De nombreuses fois durant ma lecture, je me suis dit : tout cela serait parfait en dessin animé ! C'est dynamique, l'aventure est au rendez-vous et l'imaginaire vraiment intéressant et prenant.

En parlant de l'imaginaire, s'il saura facilement parler aux enfants avec toutes ces créatures de science-fiction, le côté donjon lors de la recherche du champignon dans les gigantesques caves de l'auberge, il a rendu l'adulte que je suis vraiment nostalgique. J'ai aimé trouver toutes ces références à Lovecraft (de façon flagrante avec la mention de Cthulhu, l'apparition de nombreux tentacules et l'homme-poisson, que plus subtilement avec les différents noms liés à l'auberge) et à divers autres figures ou concepts de science-fiction. Et tout cela est très bien amené et sert l'intrigue à la perfection.

Alors oui c'est un peu naïf, le style d'écriture est très familier et simple, mais qu'est-ce que ça se lit bien ! Encore une fois, les enfants adoreront, et s'il ne marquera pas forcément les adultes, ce livre vous fera tout de même passer un très bon moment de lecture.

Pour finir, j'aimerais tout simplement parler de ces recettes déguisées en dialogue entre nos deux chefs cuistots préférés que l'on peut retrouver à la fin du livre : quelle bonne idée ! J'ai vraiment hâte de les tester, d'autant plus que Jean-Luc Marcastel a l'habitude de poster des photos de ses préparations sur Facebook, et que j'avais déjà repéré ces fameux cromesquis de cantal !

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La science-fiction jeunesse :
  

samedi 10 juin 2017

❤ La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel - Christelle Dabos

La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel - Christelle Dabos

Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui, il lui faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d'information divulguées par Dieu. Sous une fausse identitié, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d'adversaires toujours plus redoutables? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn?

Note :  coup de coeur

Le premier tome fut une véritable découverte, ce monde si riche et l'imagination de l'auteure m'avaient complètement transporté. Le deuxième tome avait pris une tournure vraiment inattendue et m'avait semblé très différent du premier tome, mais tout aussi prenant. Avec La mémoire de Babel, Christelle Dabos poursuit ses révélations sur l'origine du monde fragmenté d'Ophélie et cette série n'en devient que plus passionnante !

A la fin des Disparus du Clairedelune, on avait laissé une Ophélie complètement démunie, seule et perdue. Et ce nouvel opus déstabilise dès les premières pages lorsqu'on découvre que deux ans se sont écoulés depuis les événements du deuxième tome. Ophélie est retournée sur Anima et s'est efforcée de reprendre une vie normale. Mais rien n'est plus comme avant et elle n'a fait que ressasser ce qui s'est passé au Pôle. Finalement, la venue d'Archibald va lui permettre de se décider à reprendre ses recherches. Elle va se rendre sur Babel dont la tour du Mémorial est plus ancienne que la déchirure et recèle des archives impressionnantes. En son centre se trouve aussi le Secretarium, qui n'est accessible qu'aux meilleurs apprentis-virtuoses, après des études éprouvantes. Persuadée que cet endroit est la clef, Ophélie va s'engager dans cette voie.

Dans ce troisième tome, Ophélie se retrouve une nouvelle fois seule face à la culture d'une arche qui lui est inconnue. Et Christelle Dabos nous montre une nouvelle fois l'étendue de son imagination avec cette arche aux inspirations orientales où les vêtements ont une grande importance culturelle, où les automates remplacent les humains et où les citoyens ont un sens du devoir très manichéen. J'ai adoré découvrir un nouveau bout de son univers et j'espère qu'elle nous fera découvrir les autres arches dans le prochain tome.

Comme dans le deuxième tome, Ophélie, en s'engageant au conservatoire pour espérer pouvoir pénétrer dans le Secretarium, va être l'objet de nombreuses injustices. Cette fois pourtant, notre petite animiste est déterminée. Elle n'est plus la jeune fille faible comme dans les autres tomes. Elle subit, mais trouve des solutions, et avance. Le personnage ne cesse d'évoluer. A chercher à tout prix la vérité sur l'origine de son monde, elle va en perdre sa propre identité.

La seule chose qui la déstabilise encore est sa relation avec Thorn. Les chemins qu'ils ont pris les mettent tous les deux en danger. Ils s'aiment mais ne peuvent le montrer, entraînant des situations de doute qui m'ont brisé le cœur. Thorn est vraiment maladroit, un véritable handicapé des sentiments. Les événements du deuxième tome ont vraiment laissé des séquelles sur lui, mais heureusement, Ophélie est là (attention à votre petit cœur à la fin du livre)

Les autres personnages comme Archibald, Berenilde ou encore la grande-tante Roseline ne sont présents qu'à travers les yeux de la petite Victoire, dont quelques chapitres se concentrent sur elle. Ces chapitres sont les plus forts selon moi. Cette petite possède un pouvoir troublant qui va malheureusement lui permettre d'apprendre des choses dont elle ne devrait pas avoir la connaissance. Ces passages sont vraiment perturbants car Victoire n'est qu'une petite fille, elle ne comprend pas tout ce qui se passe et doit subir la méfiance dont doit faire preuve sa mère après les événements du deuxième tome. Son enfance n'est pas normale, et c'est terriblement triste d'assister à cela à travers ses yeux.

Et même si j'ai clairement été déçue de voir si peu Archibald, ce troisième tome introduit de nouveaux personnages que j'ai adoré. Il y a Ambroise, ce jeune homme handicapé qui m'a beaucoup touché, l'un des seuls personnages à être bienveillant envers Ophélie. C'est au final ce personnage qui m'a le plus manqué lors du long apprentissage d'Ophélie. Il y a aussi Octavio, un autre apprenti-virtuose très mystérieux. Ophélie va finalement lui faire ouvrir les yeux, et ce que l'on apprend sur lui au fil du livre va donner une toute autre dimension au personnage. J'ai aussi particulièrement été troublée par les esprits de famille de Babel, Hélène et Pollux. Comme avec Farouk, Christelle Dabos sait comment les rendre impressionnants et inquiétants.

Ophélie touche au but, une partie de la vérité étant enfouie tout au fond d'elle. Une nouvelle fois, la fin de ce troisième tome va rendre l'attente du prochain extrêmement difficile ! Mais c'est une nouvelle fois un coup de cœur, un tome qui m'a pris par les tripes, m'a enchanté mais aussi chamboulé. Je n'ai qu'un regret, qu'une petite fausse note à souligner : tout se passe beaucoup trop vite !

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mercredi 7 juin 2017

CONCOURS 4 ans du blog

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Concours 4 ans de The BooksHowl
en partenariat avec les éditions ActuSF




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Cette année, pour les 4 ans du blog, grâce aux éditions ActuSF que je remercie beaucoup pour leur soutien, j'ai la chance de pouvoir vous faire gagner des livres que j'ai critiqué sur le blog et vraiment adoré : Le Souper des Maléfices de Christophe Arleston et l'intégrale des Abîmes d'Autremer de Danielle Martinigol.

Encore une fois, The BooksHowl c'est une aventure qui dure grâce à vous ; avec maintenant 152 critiques, 363 commentaires, une page facebook et (nouveau !) un compte bookstagram (@the_bookshowl) Encore merci !



Les lots :
» un exemplaire papier du Souper des Maléfices de Christophe Arleston (ma critique ici)
» un exemplaire papier des Abîmes d'Autremer de Danielle Martinigol (ma critique ici)

Règlement du concours :
» Vous pouvez participer pour tous les lots mais ne pourrez en gagner qu'un seul.
» Le concours débute aujourd'hui, le 7 juin 2017, et prendra fin le 28 juin 2017 à minuit.
» Pour participer il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous en ayant préalablement aimé la page facebook de The BooksHowl et la page facebook des éditions ActuSF.
» Vous pouvez gagner des chances supplémentaires :
* en répondant aux question du formulaire sur les deux titres à gagner
» Les résultats seront publiés les jours qui suivent la fin du concours sur le blog et sur la page facebook. Les gagnants seront aussi contactés par mail.
» Le concours est ouvert à la France Métropolitaine
» Les éditions ActuSF ainsi que moi même ne sommes pas responsables en cas de perte des lots par la poste.

Le formulaire à remplir :

mercredi 31 mai 2017

Le mois de Lionel Davoust - Port d'âmes

Le mois de Lionel Davoust
Le blog Book en Stock propose en ce mois de Juin de se retrouver autour des livres de Lionel Davoust et d'Evanegyre, son univers. N'hésitez pas à venir échanger avec l'auteur et d'autres blogueurs sur les différents sujets de l'événement sur Book en Stock.
C'est dans ce cadre que j'ai eu la chance de pouvoir découvrir le livre ci-dessous. Merci encore à Dup et Phooka pour l'organisation de l'événement et à Lionel Davoust que j'ai adoré pouvoir rencontrer aux Imaginales.

Port d'âmes - Lionel Davoust

Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu. Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet. 
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Note : 3,5 / 5


Une ville fascinante et mystérieuse ; un héros qui rentre chez lui après 8 ans d'exil et qui compte bien redorer le nom de sa famille ; des inventions, des machines oubliées qui nous font remonter aux origines de cette ville ; une histoire d'amour vraiment forte, mais terriblement triste ; Port d'âmes avait tout pour me plaire. Malheureusement, si j'ai trouvé que l'auteur avait de très, très bonnes idées, j'ai trouvé le récit vraiment trop long car centré sur les mauvaises choses.

Le narrateur interne nous permet de suivre Rhuys, cet héritier déchu, ses doutes et ses pensées. Rhuys n'est jamais très sûr de lui, il va faire de nombreuses erreurs, se plaindre et se poser beaucoup trop de questions. Si j'ai fini par vraiment m'attacher à lui grâce à son évolution au cours du récit, j'ai tout de même trouvé tous ces passages dans ses pensées trop longs. J'ai mis presque un mois à lire ce livre car j'avais vraiment du mal à faire de longues sessions de lecture : je m'ennuyais et finissais par sauter des passages. Le livre n'est clairement pas porté sur l'action, et les quelques missions entrepris par Rhuys sont beaucoup trop décrites et donc longues pour éveiller l'intérêt.

L'univers créé par l'auteur m'a pourtant fasciné. J'ai aimé les aspects modernes introduits par la conversion dranique et ses machines dans cet univers purement fantaisiste. J'ai trouvé que le mélange était vraiment intéressant et m'a beaucoup fait penser au siècle des lumières. La découverte de la merveille à la fin du livre m'a vraiment donné envie d'en connaître plus sur les anciens âges de ce monde. Le livre m'a d'ailleurs assez frustré sur ce point : on s'intéresse une nouvelle fois beaucoup trop à Rhuys, à ses problèmes avec l'Administration ou aux moyens utilisés par le cartel pour faire avancer leurs recherches, alors que ce qu'il y a d'intéressant selon moi dans ce livre, c'est bien son univers.

J'ai aussi beaucoup aimé le principe des Transferts. Au marché d'Aniagrad, tout se vend, même les souvenirs. Lors de son retour, Rhuys va en non connaissance de cause acheter un Transfert. La Vendeuse, grâce à un rituel que je vous laisse découvrir, va transférer à Rhuys un de ses souvenirs, et plus particulièrement les émotions qu'elle a ressenti. Ce faisant, elle en perd elle même les sensations. Alors que Rhuys va être très choqué par cette pratique (comment peut-on volontairement oublier ce qui nous définit ?) il va finir par être complètement fasciné par cette Vendeuse. Ces moments de Transfert sont vraiment forts, je les attendais toujours avec impatience.

Et cette Vendeuse, Rhuys va en tomber éperdument amoureux. J'ai beaucoup aimé leur relation impossible, alors que j'ai pourtant eu beaucoup de mal avec le personnage de la Vendeuse. C'est une donneuse de leçons qui contredit sans arrêt Rhuys, alors qu'elle semble elle même perdue.

Ainsi, il y a énormément de choses qui m'ont plu dans ce livre. Des choses dont je vais longtemps me souvenir, qui m'ont marqué par leur originalité ou leur force. Malheureusement, elles sont entourées de choses qui le sont beaucoup moins, portées par un style très descriptif et un narrateur interne qui ressasse beaucoup trop les pensées de son personnage. Mais mon voyage en Evanegyre ne va pas s'arrêter là pour autant : d'après ce que j'ai pu lire, Port d'âmes est très différent des autres romans de son univers. Univers dont je compte bien en apprendre plus !

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mercredi 17 mai 2017

Les Els, tome 1 - H. Roy

Les Els, tome 1 - H. Roy

« Je cours. Plus vite que jamais. Mes pulsations cardiaques sont des percussions frénétiques qui rythment ma cavalcade. L’air me brûle les narines, m’enflamme la gorge. J’ai froid, j’ai peur, j’ignore où je vais. Fuir, c’est tout ce qui m’importe. » 
Connor a 18 ans, elle vit avec son père à Eden Lake, une petite ville des Adirondacks et, en dehors du fait que son meilleur ami a subitement pris ses distances, elle mène une existence plutôt tranquille. 
Le jour où sa tante débarque, les choses se compliquent. Car les cauchemars qui assaillent Connor depuis quelque temps pourraient bien devenir réalité…

Note : 3 / 5


Merci à Babelio et à J'ai Lu pour l'envoi de ce livre dont le résumé, très mystérieux, m'a tout de suite attiré. J'avais quelques idées concernant l'histoire, je m'attendais notamment à de la bit-lit et je n'ai pas été déçue. Mais malheureusement, ce livre m'a aussi beaucoup trop fait penser à la série Twilight... Sans être aussi mauvais, Les Els reste un livre pour ados en quête de frissons amoureux qui m'a parfois gêné et un peu déçu.

Le livre, écrit à la première personne, va nous permettre de suivre Connor, une jeune fille de 18 ans dont la banale vie d'étudiante va changer. Elle apprend, peu avant son dix huitième anniversaire, qu'elle n'est pas humaine. Pire, elle n'est pas non plus une Els, comme son père ou sa grand mère : Connor est une hybride. Les Els possèdent des ennemis qui se nourrissent de leur sang : les Prédateurs. Pour protéger son peuple et sa famille, la mère de Connor a décidé d'en devenir un. Connor n'a donc pas que du sang Els dans ses veines, elle est aussi à moitié Prédateur. Et cette particularité va attirer l'attention de leurs ennemis, qui sont à sa recherche. Pour la protéger et la préparer en cas d'attaque, l'Agence de Sécurité des Els lui a désigné une Guide et un Gardien, des Prédateurs repentis qui vont avoir du mal à se faire une place dans la petite société d'Els d'Eden Lake.

Une petite ville des Etats-Unis perdue au milieu d'une nature luxuriante, une jeune lycéenne qui apprend l'existence d'êtres dotés de dons et de leurs ennemis qui font beaucoup penser à des vampires, un triangle amoureux, une demoiselle en détresse qui a besoin qu'on la protège... beaucoup de choses font penser à la série Twilight de Stephenie Meyer. Et même si l'univers d'H. Roy va beaucoup plus loin qu'une simple réécriture du mythe du vampire, j'ai malheureusement trouvé qu'il servait beaucoup trop le côté romance d'adolescents et était relayé au second plan.


Heureusement, H. Roy a un style vraiment agréable. Le livre est écrit à la première personne mais pour une fois je l'ai apprécié. Il y a beaucoup de descriptions, de l'environnement mais aussi des pensées des Connor, qui permettent une immersion quasi instantanée dans l'histoire. Et c'est vraiment avec justesse que l'auteur oscille entre les deux, ce n'est pas du tout ennuyeux et long, au contraire : le récit est vraiment bien rythmé, la révélation initiale arrive très vite et le reste du récit est ponctué par de nombreux rebondissements. J'ai trouvé les scènes d'action et de combat un peu floues, mais en général j'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur.

L'histoire en elle même est plutôt cohérente et on se plait à suivre Connor qui découvre petit à petit ce peuple, cette société auxquels elle appartient. Malheureusement, l'auteur s'attarde beaucoup plus sur les scènes au lycée, les fêtes, les sorties shopping et les sentiments amoureux contradictoires de Connor que sur sa nouvelle condition et le nouveau monde qui s'ouvre à elle. Certaines scènes m'ont vraiment fait soupirer et certains aspects m'ont ennuyé comme l'absence de son père qui, dès lors qu'il a appris la vérité à sa fille, se déresponsabilise totalement et laisse Connor à sa Guide et à son Gardien. En général, tout le long du livre, on se demande bien où sont les adultes...

Les Els n'est pas un mauvais livre, mais il est clairement destiné à un public adolescent. Je suis complètement passé à côté de la romance, je n'ai pas aimé son côté édulcoré, la niaiserie des premiers baisers, des papillons dans le ventre et j'en passe. D'autant plus que tout cela rend le récit vraiment prévisible. L'auteur ne s'est selon moi pas intéressé aux bonnes choses, n'a pas orienté son récit vers les bonnes scènes. Je n'ai tout simplement pas aimé que la romance soit au centre du récit. Pour autant, je comprends l'engouement pour ce livre : les fans de romance paranormale à la Twilight trouveront vraiment leur compte, mais, de mon côté, ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais ni ce que j'avais envie de lire.

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Romance paranormale :
  

mercredi 10 mai 2017

Les Chants de Felya, Intégrale - Laurent Genefort

Les Chants de Felya, Intégrale - Laurent Genefort

Aux confins de l'univers, loin du regard de la civilisation, se commettent les pires atrocités. Comme sur Felya, une planète d'extraction minière où la puissante compagnie Fetexport exploite toutes les ressources à sa portée : minérales, animales, végétales... et humaines. Pour les tribus indigènes, divisées, toute résistance est vaine. Que peuvent des lances contre des tanks et des hélicoptères ? Les unes après les autres, elles passent sous le joug de la compagnie : les hommes rejoignent les rangs de leur armée, les femmes leurs bordels. Puni pour avoir enfreint les coutumes de son peuple, le jeune Lorin doit prouver son attachement aux siens. Dans sa quête, il rencontrera Soheil, issue de la tribu des tailleurs de sel. Tous deux devront mettre de côté leurs différences s'ils veulent survivre aux épreuves dressées sur leur chemin. Et de leur amour naîtra peut-être l'étincelle de la rébellion, l'espoir attendu par toute une planète...

Note : 4 / 5


Alors que je n'avais pas beaucoup apprécié Lum'en de cet auteur, j'ai tout de même eu envie de donner une nouvelle chance à Laurent Genefort avec sa trilogie Les Chants de Felya. Les thèmes et le genre ne changent pas beaucoup (l'écologie lui tient toujours beaucoup à coeur et l'auteur nous propose une nouvelle fois un Planet Opera pour en parler) mais l'histoire et la forme du livre m'ont beaucoup plus plu. Je suis vraiment contente de ne pas être restée sur ma première déception !

Le premier tome, Le labyrinthe de chair, nous permet de découvrir et de suivre les différents peuples autochtones de Felya à travers le voyage de Lorin. Les Vangkanas, ces humains venus de l'espace pour exploiter les ressources de Felya, ont découvert un nouveau filon sous le village de la tribu. Le clan a donc décidé de partir, tous sauf Lorin qui a été puni pour s'être un peu trop intéressé aux Vangkanas : avant de pouvoir suivre les traces de son clan, il doit rester dix jours dans la lande des fumées-d'oubli pour réfléchir. Son frère, Diourk, très respectueux des règles, va l'accompagner. Mais retrouver la trace de leur clan après la pénitence de Lorin ne va pas être facile. D'autant plus que l'arrivée des Vangkanas a commencé à détruire leur planète et leurs coutumes.

J'ai beaucoup aimé ce voyage au coeur de la nature sauvage de la planète. Les nombreuses descriptions permettent de complètement immerger le lecteur et de très bien se représenter cette planète, sa faune et sa flore pourtant si différentes de ce que l'on connaît. Ce premier tome est vraiment riche et intéressant. J'ai adoré prendre connaissance des croyances du clan de Lorin, basées sur les deux soleils autour desquels tourne Felya. Croyances qui vont se confronter avec celles des autres clans que vont croiser Lorin et son frère, mais aussi avec celles des Vangkanas qui en plus de détruire leur environnement, détruisent aussi leur culture.

Les différents clans comme ceux traversant le désert à dos de crabes géants sur lesquels ils font pousser de véritables jardins, ainsi que les différents environnements que va traverser Lorin, tantôt pollués, tantôt luxuriants, m'ont énormément fait penser à l'univers de Nausicaä de la vallée du vent. Et la suite ne va qu'accentuer cet aspect.

Le deuxième tome, De chair et de fer, va nous faire découvrir l'étendue des dégâts causés par les Vangkanas. Lorin va être capturé et enrôlé comme militaire. Son amante, enceinte, a cependant réussi à fuir. Tout en suivant les ordres écoeurants de ses supérieurs, il va tenter de la retrouver et de s'enfuir à son tour.

Ce deuxième tome peut déstabiliser car il opère un changement brutal d'environnement. De la nature sauvage traversée par les autochtones, on passe à l'injustice et à la froideur des camps militaires. C'est un tome vraiment très dur qui va complètement changer Lorin. Il y a aussi un côté post-apocalyptique qui nous met vraiment devant les ravages causés par les Vangkanas. La course poursuite finale est vraiment intense et angoissante devant cette nature si polluée et meurtrie. L'auteur introduit aussi les scaras, des insectes très intelligents qui étaient utilisés pour découvrir les filons. Leur capacité d'adaptation et leur robustesse les ont rendu incontrolables et ils prolifèrent maintenant sur de nombreuses planètes minières.

Le dernier tome, Lyane, nous permet de suivre la fille de Lorin. Lyane est très attachée à la nature et ne revient à Mohmedine, une cité, qui relève cependant plus du bidonville, édifiée près d'un complexe de raffinage, uniquement pour passer l'hiver. A peine arrivée, elle apprend que des gens sont à sa recherche : ils ont entendus des choses à propos d'elle et des scaras, et veulent l'étudier. Lyane va devoir fuir.

Ce troisième tome est celui qui m'a le moins plu. Encore une fuite, le récit s'essouffle et la fin est un peu facile selon moi. Ce dernier tome n'a pas vraiment d'intérêt et ne boucle rien du tout. On s'attache cependant beaucoup à Lyane, dommage cependant que le style de l'auteur soit beaucoup trop descriptif et indirect. En général, il ne transmet pas beaucoup d'émotions, on ne ressent rien lors de la mort d'un personnage ou lors des séparations, et c'est bien dommage. Ce livre en devient presque un essai anthropologique car son style tient plus du documentaire que du roman.

Les Chants de Felya est donc une magnifique fresque, un voyage exotique rendu extrêmement riche et intéressant par l'imagination de l'auteur. Si je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages à cause du style très froid de l'auteur, j'ai cependant été passionnée par l'univers créé et les aspects très engagés développés par Laurent Genefort.

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Planet Opera :