mercredi 9 janvier 2019

Les veilleurs, tome 1 - Jean-Luc Bizien

Les Veilleurs, tome 1 - Jean-Luc Bizien

Alors que Paris est victime d'un virus qui transforme ses habitants en monstres, et notamment les adultes, quelques groupes de jeunes « immunisés » tentent de survivre dans ce qui est devenu un enfer. À l'extérieur, l'armée a entouré la ville d'une immense muraille pour éviter la propagation de l'épidémie. Aucune fuite n'est possible... Et dans ce cauchemar, Marie se découvre enceinte. Attend-elle un bébé ou un monstre prêt à la dévorer de l'intérieur ?

Note : 3 / 5


Le dernier roman de Jean-Luc Bizien met en avant les deux personnalités de l'auteur en nous plongeant dans un Paris mis en quarantaine après la transformation de certains de ses habitants en loup-garous, vampires ou encore en goules. Écrivain de polars mais aussi d'imaginaire, Jean-Luc Bizien nous montre avec ce premier tome des Veilleurs qu'un mélange des deux est possible. Malheureusement, c'est peut-être ce qui a fait que je n'ai pas vraiment apprécié ma lecture.

Je n'aime pas beaucoup les polars et j'ai retrouvé dans Les Veilleurs beaucoup de choses qui ne me plaisent pas dans ce genre littéraire : le flou dans lequel on est laissé pendant plus de la moitié du livre, des personnages souvent clichés et en particulier des personnages masculins avec beaucoup trop de testostérone. De plus, j'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire à cause de la construction du livre qui nous fait changer de personnage à chaque chapitre. Je n'arrivais pas à me souvenir de qui était qui et j'ai eu beaucoup de mal à comprendre où voulait nous mener l'auteur.

L'histoire est pourtant assez simple et plutôt classique quand on a vu beaucoup de films de zombies. Au final, tout l'enjeu est de savoir ce qui a bien pu se passer, tout en suivant la survie des rescapés les plus importants. Les réactions des personnages sont malheureusement beaucoup trop prévisibles et j'ai très vite perdu de l'intérêt pour ce livre. 

Le style de l'auteur m'a aussi quelque peu dérangé car il est beaucoup trop littéraire. Lorsqu'un personnage se bat contre une goule, jure et crie, c'est un peu étrange d'avoir de jolies descriptions soutenues à côté...

Il y a pourtant quelques idées intéressantes comme le clan des enfants qui a des règles très strictes et dont les membres ne peuvent pas rester une fois qu'ils ont trop grandis. La maladie se déclarant uniquement chez les adultes, ils prennent toutes les précautions possibles. J'ai également été vraiment impressionnée par les nombreux détails géographiques sur Paris, l'auteur a dû passer un temps fou à faire des recherches pour nous fournir autant de précisions. Sur ce point la le livre est totalement immersif.

Ainsi, j'ai trouvé ce livre divertissant et exutoire mais malheureusement pas grand chose de plus. J'ai par ailleurs eu la mauvaise surprise de me rendre compte à la fin que ce n'était que le premier tome d'une série. J'étais (comme trop souvent !) persuadée que ce livre était un one shot. Et du coup vous vous en doutez, je ne pense pas lire la suite.

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mercredi 19 décembre 2018

Le dieu oiseau - Aurelie Wellenstein

Le dieu oiseau -Aurelie Wellenstein

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. 
Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. 
Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de «l'homme-oiseau», afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. 
Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Note : 4 / 5


Lors de ma rencontre annuelle avec l'auteure aux Imaginales, Aurelie, sachant à quel point j'avais adoré Le roi des fauves, m'a promis qu'avec Le dieu oiseau j'allais retrouver tout ce que j'avais aimé dans ce livre : elle ne s'est pas trompée ! Le dernier livre d'Aurelie Wellenstein est monstrueux.

J'ai pourtant eu un peu de mal avec le début. Faolan, le jeune esclave que l'on va suivre dans ce livre, se fait vraiment martyriser et je n'ai pas aimé la pitié dégoulinante qu'il m'a inspiré. Ce passage est pourtant essentiel pour la suite car la violence dans ce livre est très ambiguë. Il est nécessaire de vivre tout ce par quoi est passé le personnage principal afin de comprendre ses choix et sa folie.

Et Aurelie Wellenstein a un don pour nous plonger dans les pensées, les peurs et les délires de ses personnages. Je vais moi aussi être longtemps encore hantée par Torok et ses apparitions dérangeantes. Faolan oscille sans cesse entre sa nature bienveillante et son envie de vengeance et le lecteur est laissé dans le doute jusqu'à la fin. Va-t-il se laisser submerger par cette violence qui bouillonne en lui ou va-t-il tenter de renverser cette tradition odieuse qu'est la compétition du dieu oiseau ?

Cette compétition m'a d'ailleurs beaucoup plu car elle est elle aussi très ambiguë. Il y a ce côté divin et fantastique car à la fin de cette compétition le dieu Mahoké fertilise et ramène la lumière sur l'île d'où viennent les compétiteurs. Et pourtant le lecteur sent dès le début que quelque chose cloche... Après tout ce qu'il a subit, Faolan est lui aussi méfiant et n'arrive pas à croire à un dieu aussi cruel. L'auteure joue beaucoup avec cette dualité et j'ai trouvé ça vraiment intéressant.

Et enfin, pour une fois dans ce genre de livre à la Hunger Games les choses ne se font pas à moitié. Faolan va subir jusqu'au bout. Il ne va avoir aucun répit. Même lorsqu'il va finir par s'allier avec quelqu'un, cela ne va que remuer d'autres traumatismes. Le livre se finit sur une touche d'espoir pour Faolan, mais elle est tellement loin de ce que j'avais imaginé ! Au final on ne sait pas ce qui va arriver à Faolan ni à l'île. Cette fin m'a vraiment frustré, mais je n'aurais pas aimé qu'elle se finisse bien non plus. Je sais, je suis difficile, mais je reste partagée.

Dans tous les cas c'est un livre que j'attendais depuis longtemps. J'ai en effet retrouvé tout ce que j'avais aimé et qui m'avais marqué dans Le roi des fauves. J'ai hâte d'être aux prochaines Imaginales pour découvrir le nouveau bijou d'Aurelie Wellenstein et lui dire tout le bien que j'ai pensé du Dieu oiseau !

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